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Un médicament offre un nouvel espoir dans la lutte contre le cancer du pancréas

Des chercheurs américains ont révélé dimanche, lors du congrès de l'ASCO à Chicago, qu'un nouveau médicament nommé daraxonrasib double presque la survie des patients atteints d'un cancer du pancréas métastatique. Le traitement expérimental a porté la survie moyenne…

Le blocage de la protéine RAS : un verrou enfin sauté

Des chercheurs américains ont révélé dimanche, lors du congrès de l’ASCO à Chicago, qu’un nouveau médicament nommé daraxonrasib double presque la survie des patients atteints d’un cancer du pancréas métastatique. Le traitement expérimental a porté la survie moyenne à 13,2 mois, contre 6,7 mois pour la chimiothérapie classique.

Le cancer du pancréas figure parmi les pathologies les plus redoutables de l’oncologie moderne, principalement en raison d’un diagnostic souvent trop tardif. En France, près de 16 000 nouveaux cas sont dépistés chaque année, et la moitié des malades ne survivent pas plus d’un an. Face à ce constat, l’arrivée d’une thérapie ciblée change la donne pour les patients dont le cancer a cessé de répondre aux traitements conventionnels.

Le blocage de la protéine RAS : un verrou enfin sauté

Le daraxonrasib ne s’attaque pas aux cellules de manière indiscriminée, contrairement à la chimiothérapie qui frappe toutes les cellules en division, y compris les saines. Ce médicament cible spécifiquement une protéine mutée qui alimente la croissance tumorale dans plus de 90 % des cas de cancer du pancréas.

Le blocage de la protéine RAS : un verrou enfin sauté
cluster (priority): un.org

Cette cible, connue sous le nom d’oncogène RAS, échappait aux traitements depuis des décennies. Le mécanisme est précis : le médicament « va freiner l’action du gène principal qui est le moteur des cancers du pancréas, et donc bloquer la protéine et empêcher les cellules tumorales de se diviser », explique le professeur Pascal Hammel.

Pour le professeur Jean-Yves Blay, président d’Unicancer, l’innovation réside dans l’originalité du mode d’action. Il souligne que, jusqu’à présent, les médecins avaient beaucoup de mal à trouver un agent capable de bloquer cet oncogène spécifique. L’efficacité sur une molécule présente dans la quasi-totalité des cancers du pancréas offre une perspective thérapeutique majeure pour une maladie qui disposait de très peu de traitements ciblés.

Une survie doublée et une meilleure tolérance clinique

Les données issues des essais cliniques, publiées dans le New England Journal of Medicine, montrent un écart significatif entre le groupe traité et le groupe témoin. Les patients sous daraxonrasib ont survécu en moyenne 13,2 mois, contre 6,7 mois pour ceux ayant reçu une chimiothérapie renforcée.

Une survie doublée et une meilleure tolérance clinique
cluster (priority): fr.news.yahoo.com

Il existe une légère divergence dans les rapports sur la taille de la cohorte : le Dr Zev Wainberg et d’autres sources mentionnent 500 patients, tandis que Radio France et TF1 Info font état de 460 malades, dont 60 Français.

Les résultats sont sans appel, la moitié des patients étaient vivants avec le nouveau médicament à 13,2 mois, contre 6,7 mois chez les patients qui avaient la chimiothérapie classique. On a un doublement quasiment de cette survie, on n’a jamais vu des résultats pareils dans cette maladie très grave qu’est le cancer du pancréas.

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Professeur Pascal Hammel, hôpital Paul Brousse

L’impact ne se mesure pas seulement en mois de vie supplémentaires. Le traitement, administré sous forme de comprimés quotidiens, est mieux toléré que la chimiothérapie. Les patients ont signalé moins de douleur et une meilleure qualité de vie à mesure que leurs tumeurs rétrécissaient. De plus, la durée de prise du médicament a été nettement plus longue que celle de la chimiothérapie dans le groupe témoin, car les effets secondaires graves étaient moins fréquents.

Certains experts, comme la Dre Rachna Shroff du Centre de cancérologie de l’Université d’Arizona, ont noté que les patients ont poursuivi le traitement en raison d’un bénéfice durable et significatif. Le Dr Wainberg précise d’ailleurs que l’écart de survie pourrait s’élargir à mesure que le suivi des patients se poursuit.

L’industrialisation et l’accès aux soins en Europe

Le développement de cette molécule est l’œuvre de l’entreprise américaine Revolution Medicines. Si l’enthousiasme est palpable au sein de la communauté médicale, l’accès concret au traitement pour les patients européens n’est pas immédiat.

L'industrialisation et l'accès aux soins en Europe
cluster (priority): news.google.com

En France, il faudra attendre plusieurs mois avant que le daraxonrasib soit disponible. Selon le professeur Jean-Yves Blay, l’horizon de commercialisation en Europe se situe dans un délai allant de quelques mois à un ou deux ans.

Dr Brian Wolpin, Dana-Farber Cancer Institute

L’enjeu est désormais réglementaire et logistique. Le passage d’un essai clinique réussi à une prescription généralisée nécessite des validations administratives et des négociations de prix, un processus souvent long dans le système de santé européen.

L’espoir réside dans le fait que ce médicament ne guérit pas encore le cancer, mais qu’il transforme une maladie autrefois condamnée à court terme en une pathologie dont on peut prolonger la vie avec une dignité accrue. Pour les oncologues, c’est la preuve que les thérapies ciblées peuvent enfin briser la résistance historique du pancréas.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.