Un tableau monumental de Claude Monet peint à Giverny en 1924-1925, intitulé Iris, est mis aux enchères le 22 octobre 2026 à Paris par Sotheby’s avec une estimation de 22 à 30 millions d’euros, constituant la plus haute estimation jamais attribuée à une peinture présentée aux enchères en France.
Une estimation record pour un chef-d’œuvre inédit
L’événement se déroule à Paris, où la maison Sotheby’s disperse vingt-huit œuvres issues de la collection de la famille Schlumberger. Parmi cet ensemble estimé à plus de 40 millions d’euros, la toile Iris attire tous les regards avec une fourchette comprise entre 22 et 30 millions d’euros, frais compris. L’historienne de l’art Marianne Mathieu rappelle que ce sont vraiment des œuvres de musées
.
Jamais une œuvre n’avait atteint un tel niveau d’estimation pour une vente publique sur le territoire français. Cette pièce maîtresse n’avait jamais quitté l’hôtel particulier parisien de la famille Schlumberger.
La liberté technique d’un panneau rare
Exécuté dans les dernières années de la vie de l’artiste, le panneau monumental mesure 1,60 mètre sur 1,80 mètre. Il appartient à une série rare de vingt tableaux peints entre 1914 et 1925. La composition se distingue par une liberté technique audacieuse où le ciel, l’eau et les reflets se dissolvent.
Lorsqu’on voit la manière dont un iris jaune principal est traité au centre de ce panneau, c’est une tache de peinture presque pure. On a l’impression de quelqu’un qui jette sa peinture sur la toile et, de cette matière, va s’extraire un motif.
Marianne Mathieu, historienne de l’art et ancienne directrice du musée Marmottan Monet, via France Culture
L’état de conservation de l’œuvre s’avère exceptionnel. La toile d’origine n’a subi aucun accident.
La couche picturale est totalement indemne et le tableau n’a jamais été vernis, préservant ainsi l’éclat voulu par son auteur.
Cette pièce, réalisée entre 1918 et 1919, appartient à une série de seulement dix tableaux représentant l’arbre qui se dressait au bord du bassin de Giverny. Elle est estimée entre 22 et 30 millions d’euros.
Le contexte de la dispersion et les autres lots de la collection
La dispersion de la collection Schlumberger intervient au cœur de l’année du centenaire de la mort de Claude Monet, décédé le 5 décembre 1926. Cet automne parisien est marqué par plusieurs expositions majeures consacrées à l’artiste, telles que Monet, peindre le temps à l’Orangerie et Histoires de paysages, de Monet à Hockney au musée Marmottan.
D’autres artistes majeurs figurent au catalogue de cette vacation.
Cette vente est orchestrée par Sotheby’s, témoignant de la curiosité éclectique de la collectionneuse qui s’était consacrée à ces acquisitions après la disparition de son époux Marcel en 1953.
- Trois toiles de Paul Cézanne conçues pour la maison familiale du Jas de Bouffan à Aix-en-Provence, classées trésors nationaux, permettant à l’État de se porter acquéreur dans un délai de trente mois.
- Trois œuvres de Gustave Moreau, dont le somptueux Rêve d’Orient de 1881 évalué entre 600 000 et 800 000 euros.
- Une sculpture de Camille Claudel intitulée La Valse, datée de 1895 et estimée entre 400 000 et 600 000 euros.
- Deux autres peintures de Monet : La maison à travers les roses et La Seine à Vernon, l’arbre.
Simultanément, la maison Christie’s propose une autre toile du maître impressionniste, Bord de falaises à Pourville, estimée entre 11 et 15 millions d’euros et issue de la collection de Paul Durand-Ruel.
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