Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a entamé une visite en Italie, juste après une réunion cruciale à Bruxelles, tandis que Rome se prépare à renforcer les conditions d’accès à la nationalité italienne. Cette tournée européenne intervient alors que le soutien occidental à l’Ukraine reste ferme, malgré les interrogations soulevées par une proposition américaine de règlement du conflit.
Mardi matin, Zelensky devait rencontrer le pape François dans sa résidence près de Rome, après avoir participé lundi à une conférence avec les dirigeants de l’Union européenne. Dans l’après-midi, il était prévu qu’il s’entretiende avec la Première ministre italienne Giorgia Meloni, qui devrait réaffirmer l’engagement de l’Italie envers Kiev, selon l’agence de presse Ansa.
Lors de la réunion de lundi, les alliés européens de l’Ukraine ont exprimé leur soutien à Zelensky, tout en manifestant des réserves quant à certains aspects de la proposition américaine visant à mettre fin à l’invasion russe, qui dure depuis près de quatre ans. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a souligné l’importance de la souveraineté ukrainienne : « La souveraineté de l’Ukraine doit être respectée. Sa sécurité doit être garantie, à long terme, en tant que première ligne de défense de notre Union », a-t-elle déclaré après sa rencontre avec Zelensky et le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte.
Par ailleurs, un nouveau projet de loi, déposé par la Ligue à la Chambre des députés, vise à durcir les critères d’obtention de la nationalité italienne. Le texte prévoit notamment l’instauration d’examens d’intégration culturelle plus rigoureux et une prolongation de la durée minimale de résidence légale requise. L’objectif du parti d’extrême droite est de porter à quatre ans la période de résidence légale pour les mineurs ou les descendants au deuxième degré d’Italiens avant qu’ils ne puissent demander la citoyenneté à l’âge de 18 ans.
Le projet de loi élargit également les motifs de révocation de la nationalité, en incluant des peines de prison supérieures à trois ans pour des crimes de violence sexiste, de vengeance pornographique et des infractions motivées par la haine.
Dimanche, Milan a été le théâtre de plusieurs manifestations. Des militants anti-guerre et des professionnels du spectacle ont défilé séparément sur la place devant l’opéra La Scala. Le syndicat CUB et des manifestants pro-palestiniens ont scandé « Palestine libre ! » en soutien à un huissier de justice licencié après avoir prononcé cette même phrase pendant son travail au théâtre, selon Ansa.
Un groupe de membres de l’orchestre et de choristes de La Scala a également manifesté, interprétant le chœur « Va’, pensiero » pour réclamer un financement adéquat et mettre fin à l’ingérence politique dans la gestion du théâtre. « Cette manifestation est un message adressé à l’ensemble du pays, affirmant que nous ne céderons pas à l’idée que des postes culturels soient occupés sans considération pour les travailleurs et leur liberté artistique », a déclaré Luca Stanzione, secrétaire du syndicat CGIL de Milan, qui a appelé à une grève. Il a ajouté : « Nous devons investir dans l’économie de la connaissance, dont Milan est le centre, plutôt que dans l’économie de guerre. »