Home AffairesUne année de drame commercial et de rebondissements à venir

Une année de drame commercial et de rebondissements à venir

by Amélie Bernard

Publié le 29 décembre 2025 à 17h01. L’année 2025 a été marquée par une série de revirements dans la politique commerciale de l’administration Trump, oscillant entre menaces tarifaires et concessions face aux pressions internationales. Cette analyse revient sur les quatre actes de ce “drame tarifaire” et anticipe les enjeux de 2026.

  • L’administration Trump a multiplié les menaces de tarifs douaniers, notamment envers le Groenland, le Canada et la Chine.
  • Les réactions des marchés financiers ont souvent contraint l’administration à faire marche arrière, limitant l’ampleur des mesures protectionnistes.
  • La Chine a démontré sa capacité à riposter, notamment en menaçant de restreindre l’exportation de terres rares, ce qui a conduit à un compromis.

L’année 2025 a été le théâtre d’une stratégie commerciale américaine imprévisible, caractérisée par des annonces fracassantes suivies de rétractations. Initialement, le président Trump avait promis de recourir massivement aux tarifs douaniers pour réduire les déficits commerciaux et contraindre d’autres pays à accepter ses conditions. Cependant, la réalité s’est avérée plus complexe, et les marchés financiers ont rapidement démontré leur capacité à sanctionner les excès protectionnistes.

Le premier trimestre de l’année a été marqué par une escalade verbale, avec des menaces d’imposer des droits de douane sur les importations en provenance du Canada et du Groenland. Ces initiatives, perçues comme des tentatives de coercition, ont suscité des réactions négatives de la part des partenaires commerciaux concernés. Face à la fermeté de ces derniers, l’administration Trump a dû modérer ses ambitions et se concentrer sur un objectif plus large : réduire les déficits commerciaux par le biais de tarifs douaniers généralisés.

Le mois d’avril a été marqué par une annonce surprise de tarifs douaniers considérables, qualifiés à tort de “réciproques” et basés sur une formule simpliste. La panique boursière qui a suivi a contraint l’administration à suspendre ces mesures une semaine plus tard, signalant ainsi que les marchés pouvaient imposer des limites à sa marge de manœuvre. Cette rétractation ne signalait pas pour autant un revirement idéologique, comme l’ont démontré les mesures strictes en matière d’immigration prises par l’administration.

Au cours de l’été, les tarifs douaniers “réciproques” ont refait surface, mais avec une ambition réduite et une plus grande ouverture aux négociations. Les marchés et les gouvernements étrangers sont restés relativement calmes, sans manifester d’opposition ferme. L’Union européenne, après avoir affiché une posture intransigeante, a finalement conclu des “accords de canonnière” pour éviter un conflit commercial ouvert, malgré l’absence de base juridique solide pour ces accords.

Le véritable test pour l’administration Trump est venu de la Chine, seul partenaire commercial capable d’infliger des dommages significatifs aux États-Unis. À l’approche d’une rencontre entre Trump et le président Xi Jinping en octobre, Pékin a révélé sa capacité à couper les exportations de terres rares, un élément crucial pour la production manufacturière américaine. Face à cette menace, Trump a d’abord défié la Chine, puis a cédé, accordant à Pékin ce qu’elle voulait et présentant le résultat comme une victoire. Le reste de l’année a été marqué par des menaces de nouveaux tarifs douaniers sur les produits pharmaceutiques et les semi-conducteurs, mais l’administration s’est finalement abstenue de les mettre en œuvre. À la fin de 2025, les droits de douane moyens aux États-Unis atteignaient près de 15 %, un niveau inégalé depuis 1935, mais bien inférieur à ce qui avait été envisagé au printemps.

Pour 2026, il est peu probable que l’administration Trump lance une nouvelle offensive généralisée en matière de tarifs douaniers, étant donné qu’elle sera probablement occupée à consolider les barrières tarifaires déjà en place, en attendant une décision de la Cour suprême concernant l’étendue des “pouvoirs d’urgence” dont elle dispose. Deux autres conflits potentiels méritent cependant d’être surveillés.

  • Une intensification de la politique commerciale à un niveau micro, avec un ciblage plus précis des tarifs douaniers pour lutter contre le contournement des règles d’origine. Le bureau du représentant américain au commerce (USTR) pourrait jouer un rôle plus important dans la négociation d’accords commerciaux en Asie du Sud-Est et dans la renégociation de l’accord États-Unis-Mexique-Canada (ACEUM).
  • Un possible conflit monétaire, lié à la sous-évaluation du yuan chinois. L’administration Trump pourrait être tentée d’utiliser les taux de change comme levier de négociation, mais sa capacité à influencer les politiques monétaires d’autres pays reste limitée.

Le recul de Trump face à la résistance internationale a atténué l’impact de sa politique commerciale sur les marchés boursiers, mais les actions américaines ont néanmoins sous-performé par rapport au reste du monde.

Graphique à colonnes représentant la différence en points de pourcentage entre la performance des actions américaines et celle du reste du monde, montrant que les actions américaines ont été à la traîne des marchés mondiaux cette année

Trade Secrets est édité par Harvey Nriapia

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