Publié le 7 octobre 2025 à 07h35. Une vidéo inédite révèle que l’ancienne ministre de la Justice et de l’Intérieur, Salomé Pradas, a été informée dès le 29 octobre des risques d’inondation dans les zones les plus touchées par les intempéries, soulevant des questions sur la gestion de la crise.
- Une vidéo du Centre de coordination d’urgence (CCE) montre Salomé Pradas prenant des notes sur les risques liés aux rivières Magro et Rambla del Poyo, quelques heures avant les pires inondations.
- Les annotations de la ministre mentionnent explicitement une « alerte hydrologique » et la mobilisation des pompiers forestiers.
- Cette découverte remet en question la version officielle selon laquelle la responsabilité de la surveillance des ravins incombait à la confédération hydrographique du Júcar.
Une nouvelle vidéo, diffusée par l’avocat Manolo Mata, apporte un nouvel éclairage sur la gestion de la crise lors des intempéries de fin octobre. L’enregistrement, capturé au CCE de L’Eliana, montre Salomé Pradas examinant un rapport sur l’épisode météorologique et annotant manuellement des informations cruciales. Sur le document intitulé « rapport n°2 », on peut lire les mentions « Río Magro », « Rambla Pollo » (sic, pour Rambla del Poyo), « alerte hydrologique », « barrancos » et « pompiers forestiers ». Ces annotations, datées de 12h32 le 29 octobre, confirment que la ministre était consciente des dangers potentiels dans les zones qui allaient être les plus sévèrement touchées quelques heures plus tard.
Cette information contredit les déclarations antérieures de l’administration valencienne, qui affirmait que la surveillance des ravins était de la compétence de la confédération hydrographique du Júcar. La vidéo suggère que les services d’urgence du gouvernement régional étaient également conscients de leur responsabilité dans ce domaine.
Dans une autre séquence vidéo, enregistrée à 13h56, des techniciens expliquent à Salomé Pradas les problèmes liés aux fortes pluies. L’un d’eux souligne :
« 156, c’est là où il a le plus plu. Ce n’est pas la pluie elle-même, mais ce que le ravin transporte. C’est ce qui nous inquiète. »
Un autre technicien précise :
« Par exemple, Quart de Poblet ou Aldaia. Tout ce qui vient de Buñol. »
Cette référence à Buñol est une allusion directe au Ravine de Poyo, qui continuait de susciter des inquiétudes à 13h56, soit deux heures après la déclaration de l’alerte hydrologique par les services d’urgence, suite à des informations reçues de la confédération hydrographique du Júcar.
Ces images font partie d’une série de vidéos enregistrées par une entreprise externe pour le service d’urgence, et qui avaient été dissimulées au juge instructeur de l’affaire jusqu’à récemment. Elles témoignent de la pleine connaissance de l’équipe d’urgence de la gravité de la situation dès ses débuts.
Outre Salomé Pradas, étaient présents dans la salle Emilio Argüeso, secrétaire autonome aux urgences, et Aurora Roca, chef du département concerné, tous deux également sous enquête. Jorge Suárez et Aurora Roca ont été cités comme témoins dans l’affaire. Ces révélations s’ajoutent à d’autres éléments qui ont mis en lumière des contradictions dans la gestion de la crise, notamment le refus initial de communiquer l’enregistrement de la réunion clé du CECOPI, avant de reconnaître l’existence de nombreux documents audiovisuels de ce jour critique.
Des sources proches de Salomé Pradas ont déclaré que
« les vidéos de la réunion de coordination du matin au CCE confirment une fois de plus la déclaration de Pradas devant le juge. »
Elles précisent que
« il n’est pas nouveau que, suite aux informations reçues de la confédération hydrographique du Júcar (CHJ), une alerte hydrologique ait été décrétée le matin du jour de l’incident, à la fois dans le Ravine de Poyo et dans la rivière Magro, comme Pradas l’a elle-même déclaré devant le juge. »
Ces sources ajoutent que
« spécifiquement, pour le Lean, l’alerte a été activée à 11h45, tandis que pour le Ravine de Poyo, elle a été décrétée à 12h20, après un avis envoyé par le SAIH au CCE à 12h06. Cet avis indiquait qu’à 11h40, le débit était de 264 m³/s (environ 264 000 litres par seconde), bien au-dessus du seuil de 150 m³/s, avec une tendance à la hausse. »
Ces sources concluent que
« les enregistrements montrent que la priorité dès le petit matin était que toutes les informations reçues étaient dûment communiquées aux municipalités touchées, conformément aux dispositions du plan d’urgence. Cependant, il est crucial de se rappeler qu’il s’agissait de la seule alerte hydrologique que le CHJ a signalée en ce qui concerne le Ravine de Poyo. Par la suite, trois avis consécutifs du SAIH ont été reçus (à 13h42, 15h04 et 16h13) qui n’indiquaient pas une tendance descendante de l’alerte activée par le CHJ pour le ravin de Poyo. »
En résumé, les vidéos du matin confirment une fois de plus que Salomé Pradas était pleinement informée de la situation et en attente des consignes d’urgence au niveau institutionnel. Son travail s’est déroulé à la fois au CCE et sur le terrain, avec des visites de municipalités telles que Carlet, dans le domaine du Lean, et une communication constante avec les techniciens et les équipes d’urgence.
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