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Unis – Venezuela : les principales interventions de Washington en Amérique latine depuis la guerre froide

L'annonce d'une offensive américaine de grande envergure contre le Venezuela a ravivé les souvenirs d'une longue histoire d'interventions militaires et de soutien à des régimes autoritaires par Washington en Amérique latine. Des opérations secrètes à des invasions directes,…

Unis – Venezuela : les principales interventions de Washington en Amérique latine depuis la guerre froide

L’annonce d’une offensive américaine de grande envergure contre le Venezuela a ravivé les souvenirs d’une longue histoire d’interventions militaires et de soutien à des régimes autoritaires par Washington en Amérique latine. Des opérations secrètes à des invasions directes, l’influence des États-Unis dans la région a souvent été marquée par la controverse et la déstabilisation.

L’histoire des interventions américaines en Amérique latine remonte à la Guerre froide, mais continue de façonner les relations contemporaines. Le Guatemala a été le théâtre d’une première intervention notable le 27 juin 1954, lorsque le colonel Jacobo Arbenz Guzman, président du pays, a été renversé par des mercenaires entraînés et financés par les États-Unis. Cette opération visait à protéger les intérêts de la puissante United Fruit Corporation (future Chiquita Brands) menacés par une réforme agraire. Les États-Unis ont reconnu en 2003 le rôle de la CIA dans ce coup d’État, justifié au nom de la lutte contre le communisme.

Quelques années plus tard, en avril 1961, près de 1 400 anticastristes, également entraînés et financés par la CIA, ont tenté de débarquer dans la Baie des Cochons, à 250 kilomètres de La Havane. L’objectif était de renverser le régime communiste de Fidel Castro, mais l’opération s’est soldée par un échec, entraînant la mort d’une centaine de personnes de chaque côté.

En 1965, les États-Unis ont envoyé des marines et des parachutistes en République dominicaine, officiellement pour prévenir un danger communiste, afin d’étouffer un soulèvement en faveur de Juan Bosch, un président de gauche renversé par des généraux en 1963.

Par la suite, Washington a apporté son soutien à plusieurs dictatures militaires dans le Cône Sud, considérées comme des remparts contre les mouvements de gauche. Le coup d’État du 11 septembre 1973 au Chili, qui a renversé le président socialiste Salvador Allende, a bénéficié d’une aide active des États-Unis. Le secrétaire d’État américain Henry Kissinger a même encouragé la junte argentine en 1976 à accélérer sa « guerre sale », selon des documents américains déclassifiés en 2003. Au moins 10 000 opposants argentins ont disparu durant cette période.

Dans les années 1970 et 1980, six dictatures (Argentine, Chili, Uruguay, Paraguay, Bolivie et Brésil) ont collaboré dans le cadre de l’opération « Condor » pour éliminer les opposants de gauche, avec un soutien tacite des États-Unis.

Les années 1980 ont été marquées par des guerres civiles en Amérique centrale, notamment au Nicaragua et au Salvador. En 1979, la rébellion sandiniste a renversé le dictateur Anastasio Somoza au Nicaragua. Le président américain Ronald Reagan, craignant un alignement de Managua sur Cuba et l’URSS, a autorisé secrètement la CIA à fournir une aide de 20 millions de dollars aux Contras, des contre-révolutionnaires nicaraguayens, financée en partie par la vente illégale d’armes à l’Iran. Cette guerre civile, qui s’est terminée en avril 1990, a fait environ 50 000 morts.

Au Salvador, Ronald Reagan a également envoyé des conseillers militaires pour réprimer la rébellion du Front Farabundo Martí pour la libération nationale (FMLN, d’extrême gauche), dans le cadre d’une guerre civile (1980-1992) qui a causé la mort de 72 000 personnes.

Les interventions directes se sont poursuivies avec l’opération « Fureur Urgente » lancée le 25 octobre 1983 sur l’île de Grenade, après l’assassinat du Premier ministre Maurice Bishop par une junte d’extrême gauche et des inquiétudes concernant l’agrandissement de l’aéroport par les Cubains. Ronald Reagan a justifié cette intervention, demandée par l’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECS), par la nécessité de protéger un millier de citoyens américains. L’opération, bien que considérée comme un succès par Reagan, a été largement condamnée par l’Assemblée générale de l’ONU et a fait plus d’une centaine de morts.

En 1989, après une élection contestée, le président George Bush a ordonné une intervention militaire au Panama, conduisant à la reddition du général Manuel Noriega, ancien collaborateur des services secrets américains et poursuivi par la justice américaine pour trafic de drogue. L’opération « Juste cause », impliquant environ 27 000 soldats, a officiellement fait 500 morts, mais plusieurs ONG estiment le nombre de victimes à plusieurs milliers. Manuel Noriega a été emprisonné plus de deux décennies aux États-Unis avant de purger d’autres peines en France puis au Panama.

C’est au Panama qu’a été fondée en 1946 l’École des Amériques, un centre de formation militaire spécialisé dans la lutte contre le communisme, contrôlé par les États-Unis jusqu’en 1984. De nombreux dictateurs y ont été formés.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.