Publié le 21 décembre 2025 à 09h00. Le Brésil se prépare à renforcer sa lutte contre la dengue avec l’arrivée prochaine du Butantan-DV, un vaccin national unidose, qui sera intégré au Système de Santé Unifié (SUS) dès 2026. Malgré cette avancée, les experts soulignent la nécessité de maintenir les efforts de prévention pour éviter de nouvelles épidémies.
- Le vaccin Butantan-DV, premier du genre produit localement, sera disponible dans le SUS à partir de 2026.
- L’épidémie de dengue de 2024 a été la plus grave jamais enregistrée au Brésil, avec plus de 6,3 millions de cas probables et 6 321 décès.
- La vaccination seule ne suffira pas à contrôler la dengue ; les mesures de lutte contre les moustiques restent essentielles.
L’introduction du Butantan-DV représente une étape cruciale dans la stratégie de santé publique brésilienne face à la dengue. Ce vaccin, développé par l’Institut Butantan, offrira une protection supplémentaire à la population, mais ne doit pas faire oublier l’importance des mesures préventives traditionnelles. Selon le ministère de la Santé, 11,1 millions de doses du vaccin Qdenga, du laboratoire Takeda (administré en deux doses aux adolescents de 10 à 14 ans), ont été distribuées depuis 2024, dont 7,8 millions ont effectivement été administrées.
L’épidémie de dengue de 2024 a mis en évidence la vulnérabilité du pays face à cette maladie. Les données du Comité de surveillance des arbovirus du ministère de la Santé font état de 6 321 décès et d’environ 6,5 millions de cas probables. En comparaison, en 2023, on avait enregistré 1 179 décès et 1,65 million de cas. Une étude publiée dans le Journal de la Société brésilienne de médecine tropicale confirme que 2024 a été une année particulièrement critique, surpassant toutes les épidémies précédentes. Entre janvier 2020 et juin 2024, le Brésil a déploré 6 445 décès dus à la dengue, contre 2 859 sur la période 2010-2014 et 1 512 entre 2000 et 2004.
Heureusement, l’incidence de la dengue a connu une baisse significative à la fin de l’année 2025. Fin novembre, 1,6 million de cas probables avaient été recensés, soit une diminution de 75 % par rapport à la même période de l’année précédente, et 1 600 décès, une réduction de 72 %. Cependant, les experts rappellent que la dengue présente un caractère saisonnier et cyclique, alternant périodes de rémission et pics épidémiques.
« La vaccination est un allié supplémentaire dans la lutte contre la dengue. Il est impératif de poursuivre les mesures de lutte contre les moustiques, notamment par l’éducation de la population et des actions telles que la diffusion de larvicides, la méthode Wolbachia, la pulvérisation résiduelle dans les foyers, avec la participation active des agents de santé lors des visites à domicile. »
Carla Pintas, docteure en santé publique à l’Université de Brasilia
Outre la vaccination, le gouvernement fédéral a annoncé en novembre l’extension de l’utilisation de technologies de lutte anti-vectorielle, comme la méthode Wolbachia, qui consiste à introduire une bactérie dans le moustique Aedes aegypti, le rendant incapable de transmettre le virus. Un investissement de 183,5 millions de reais est prévu pour ces technologies. De plus, l’accord avec l’Institut Butantan prévoit un investissement de 368 millions de reais pour la fourniture initiale de 3,9 millions de doses du vaccin au réseau public.
Le ministre de la Santé, Alexandre Padilha, a souligné l’importance de cet accord :
« C’est un jour de grande victoire pour le Brésil. En tant que ministre de la Santé, je ne voulais pas terminer l’année sans signer ce contrat. C’est l’une des étapes clés d’une année de réalisations importantes dans le domaine de la santé, fruit du travail avec l’Institut Butantan. La signature est essentielle pour garantir que les vaccins parviennent au ministère de la Santé et soient distribués dans tout le pays. »
Alexandre Padilha, ministre de la Santé
Dès janvier, le ministère de la Santé mettra en œuvre une stratégie de vaccination pilote dans les villes de Botucatu (SP), Maranguape (CE) et Nova Lima (MG) afin d’évaluer l’impact du vaccin sur la dynamique de la dengue. Les agents de santé primaires seront parmi les premiers bénéficiaires du vaccin Butantan-DV, suivis par les adultes de 59 ans et plus.
Fabiana Soares, master en Santé Familiale et Communautaire de Fiocruz et pédiatre à l’Hôpital Universitaire de Brasilia, insiste sur l’importance d’adapter les actions aux spécificités de chaque territoire :
« Lorsque les pouvoirs publics investissent dans des actions intégrées adaptées à la réalité de chaque territoire, les résultats tendent à être plus cohérents et durables. »
Fabiana Soares, master en Santé Familiale et Communautaire de Fiocruz
Les facteurs tels que le changement climatique, l’augmentation des précipitations et de la température, le manque d’assainissement de base et le manque d’agents de santé dans certaines zones contribuent également à la prolifération du moustique Aedes aegypti.
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