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Vitamine D dans le traitement oral du lichen plan

by Sophie Martin

Publié le 11 janvier 2026 09:04:00. Une supplémentation en vitamine D, associée aux traitements habituels, pourrait apporter un soulagement rapide aux patients souffrant de lichen plan buccal (LPB), une affection inflammatoire buccale douloureuse, mais ses effets semblent s’estomper avec le temps, selon une nouvelle étude.

  • La vitamine D réduit significativement la douleur liée au LPB dans les premières semaines de traitement.
  • Les patients supplémentés en vitamine D présentent une cicatrisation des lésions buccales plus rapide.
  • Des études plus approfondies sont nécessaires pour déterminer la posologie optimale et les bénéfices à long terme de cette approche.

Le lichen plan buccal (LPB) est une maladie inflammatoire chronique qui affecte les muqueuses de la bouche, provoquant souvent des douleurs, des sensations de brûlure et une détérioration de la qualité de vie. Le traitement standard repose généralement sur l’utilisation de corticostéroïdes, soit en application locale, soit par voie systémique. Cependant, ces traitements ne sont pas toujours efficaces et les rechutes sont fréquentes. La vitamine D, connue pour ses propriétés immunomodulatrices et anti-inflammatoires, suscite un intérêt croissant en tant que traitement complémentaire potentiel.

Une équipe de chercheurs a analysé les données de quatre essais cliniques contrôlés randomisés, impliquant un total de 137 adultes atteints de LPB symptomatique. Toutes les études ont comparé le traitement standard seul à une combinaison de traitement standard et de supplémentation en vitamine D. Les critères d’évaluation comprenaient l’intensité de la douleur, l’état des lésions buccales, la vitesse de cicatrisation des muqueuses et les marqueurs biologiques de l’inflammation.

Les résultats de la méta-analyse indiquent que l’ajout de vitamine D permet de réduire significativement les scores de douleur dès les premières semaines. Une amélioration a été constatée à 2 semaines (différence moyenne de -0,85), 4 semaines (différence moyenne de -1,64) et 6 semaines (différence moyenne de -1,64), avec une signification statistique pour chacun de ces intervalles. Toutefois, les chercheurs ont observé une certaine hétérogénéité dans les résultats des études, en particulier après 4 et 6 semaines de traitement.

L’amélioration des scores de gravité clinique n’a été significative qu’à 6 semaines (différence moyenne standardisée de -0,58). Il est important de noter que les patients ayant reçu de la vitamine D avaient plus de quatre fois plus de chances de voir leurs lésions buccales cicatriser que ceux du groupe témoin (risque relatif de 4,04), ce qui suggère un impact notable sur la résolution des problèmes.

L’analyse biochimique a également confirmé un effet anti-inflammatoire. Les taux de facteur de nécrose tumorale alpha (TNF-α), une cytokine pro-inflammatoire impliquée dans le développement du LPB, étaient significativement plus faibles dans les groupes ayant bénéficié d’une supplémentation en vitamine D.

Malgré ces résultats encourageants, les auteurs soulignent que les différences entre les groupes de traitement ne sont plus statistiquement significatives après 8 semaines. Ils reconnaissent également certaines limites à leur étude, notamment la petite taille des échantillons, les protocoles de dosage variables et la courte durée du suivi.

En conclusion, cette étude suggère que la supplémentation en vitamine D pourrait accélérer le soulagement des symptômes, favoriser la cicatrisation des muqueuses et réduire l’inflammation chez les patients atteints de LPB, lorsqu’elle est utilisée en complément des traitements conventionnels. Les chercheurs insistent sur la nécessité de mener des essais cliniques plus vastes et mieux conçus pour déterminer les doses optimales et évaluer les bénéfices à long terme de cette approche.

Référence

Altamimi I et al. La vitamine D comme traitement adjuvant dans le lichen plan buccal : une revue systématique et une méta-analyse d’essais contrôlés randomisés. Arch Dermatol Res. 2026;318:45.

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