Publié le 27 novembre 2025 à 05h15. Dans l’émission de télé-réalité britannique « Je suis une célébrité… Sortez-moi d’ici ! », un candidat a accepté de plonger la tête dans une boîte remplie de rats, une épreuve qui rappelle, avec une ironie déconcertante, le roman dystopique de George Orwell, 1984.
- Un participant à l’émission de télé-réalité a volontairement plongé la tête dans une boîte remplie de rats.
- Cette situation a suscité une réflexion sur les parallèles, et les contrastes, avec le roman 1984 de George Orwell.
- L’article explore la nature du divertissement moderne et la place des célébrités dans une société saturée de médias.
L’image est frappante : un visage souriant, enfoui dans un enchevêtrement de rats. Contrairement à Winston Smith, le protagoniste terrifié de 1984, qui craignait par-dessus tout de voir sa tête enfermée dans une cage avec des rongeurs, l’influenceur sur les réseaux sociaux connu sous le nom de « Angry Ginge » semble apprécier l’expérience. Loin d’être une torture psychologique orchestrée par un régime totalitaire, cette épreuve est un simple défi imposé par les animateurs Ant McPartlin et Declan Donnelly, dans le cadre d’une émission de divertissement.
Angry Ginge, de son vrai nom inconnu, a accepté de plonger la tête dans une série de boîtes contenant diverses créatures, passant des rats aux insectes, avec une apparente nonchalance. Sa mission ? Utiliser sa langue pour faire tourner des étoiles en plastique, afin de permettre aux autres participants de déguster des pattes de crocodile. Une tâche absurde, qui semble défier toute logique, et qui, selon l’auteur, pourrait bien être une métaphore du capitalisme contemporain.
« Je n’aurais pas dû m’en soucier », imagine-t-on l’esprit de George Orwell murmurant en contemplant cette scène surréaliste. « Je n’aurais pas dû me donner la peine d’écrire des livres. Je ne veux plus être un adjectif. » L’omniprésence du terme « orwellien » pour décrire les situations oppressives a tellement dilué son sens que l’auteur préfère désormais utiliser le terme « orwelly », pour souligner l’absurdité de la situation.
L’analogie avec 1984 s’arrête là. Winston Smith était soumis à une manipulation psychologique intense, orchestrée par le sinistre O’Brien, au nom du contrôle social. Angry Ginge, lui, est tourmenté par le duo d’animateurs, Ant et Dec, dont le rôle, bien loin de la menace totalitaire, se limite à divertir le public. Leur panoptique de la jungle, avec ses caméras omniprésentes, est un instrument de divertissement léger, et non de surveillance et de répression.
Dans cette dystopie particulière, la participation à une émission de télé-réalité semble être la meilleure stratégie pour relancer une carrière en perte de vitesse. Le Royaume-Uni, confronté à une surabondance de célébrités, les « siphonne » dans ces programmes, un peu comme les États-Unis gèrent leurs excédents de sirop de maïs en l’ajoutant à tous leurs aliments. Sally Rooney, Big Ted de l’émission pour enfants Play School, Andrew Mountbatten-Windsor, Sooty, Keir Starmer, Sinitta, et même R2D2, pourraient bien se retrouver, un jour, à affronter les épreuves de la jungle.
L’Irlande, quant à elle, pourrait-elle avoir besoin de donner un coup de pouce à la carrière de Vogue Williams ? Star de télé-réalité depuis son apparition dans l’émission Fade Street dans les années 2000, elle est devenue une figure médiatique influente, à l’instar de Kerrygold, Bono et de l’alcoolisme passif-agressif, selon l’auteur. On peut d’ailleurs revoir des épisodes de Fade Street sur RTÉ Player.
Parmi les autres participants à l’émission, on retrouve Tom Read Wilson, dont le langage raffiné évoque les contes de Disney, Jack Osbourne, héritier de la famille Osbourne, et Lisa Riley, actrice de la série agricole Emmerdale, qui semble fascinée par Ruby Wax OBE. Martin Kemp, membre du groupe Spandau Ballet, a également partagé ses réflexions sur la conception de son fils, Roman Kemp.
Le rappeur Aitch, quant à lui, a raccourci son prénom, Harrison, en « H » pour plus d’efficacité, avant de se contredire en l’épelant phonétiquement et de manière inexacte. Une erreur de processus qui, selon l’auteur, mériterait un rapport détaillé de type McKinsey.
Dans l’épisode du 19 novembre, Aitch a été couronné roi de la jungle, et Angry Ginge a été désigné comme son exécuteur. Une situation qui, paradoxalement, semble moins pénible que de plonger la tête dans une boîte à rats. Les rats, semble-t-il, sont bons pour la peau.
Les participants ont ensuite été couverts de cafards, de vers de farine, de serpents et d’araignées, tandis qu’Ant et Dec se délectaient de leur amusement. Ruby Wax et Lisa Riley cherchaient des objets dans des pots remplis de crasse et de glu. Et Tom Read Wilson, lui, se plaignait d’une morsure au testicule, une citation qui rappelle étrangement Seamus Heaney.
Quatre autres célébrités, pleurant à chaudes larmes, ont été placées dans un berceau géant et aspergées d’insectes. Une scène qui résume, selon l’auteur, l’état de la civilisation moderne.
Pour les intellectuels de l’Irish Times, qui préfèrent la géopolitique, le jazz expérimental ou la philosophie existentielle, cette chronique pourrait sembler dérisoire. Ils pourraient préférer discuter de Carol, la protagoniste de la série À Beaucoup (Apple TV), créée par Vince Gilligan. Carol est l’une des rares personnes sur Terre à ne pas être cooptée par une conscience collective extraterrestre. Un sentiment que partagent probablement les lecteurs de l’Irish Times lorsqu’ils sont contraints d’écouter les conversations sur « Je suis une célébrité… Sortez-moi d’ici ! ».
