Home Technologie et science[선데이 칼럼] L’IA manufacturière coréenne peut-elle être confiée à des entreprises étrangères ?

[선데이 칼럼] L’IA manufacturière coréenne peut-elle être confiée à des entreprises étrangères ?

by Thomas Caron

L’ascension fulgurante d’OpenAI, propulsée par un modèle économique audacieux et des investissements massifs, remet en question la domination historique de Google dans le domaine de l’intelligence artificielle. Face à cette concurrence accrue, l’industrie technologique coréenne doit développer ses propres solutions pour préserver son indépendance et sa compétitivité.

Il y a trois ans, Google était encore considéré comme le leader incontesté de l’IA, fort de ses avancées sur la génération artificielle, notamment avec le modèle Transformer. L’arrivée de ChatGPT, développé par OpenAI, a bouleversé cet équilibre. Sam Altman, PDG d’OpenAI, a mis en place un système d’investissement circulaire impliquant des géants comme Nvidia, Softbank et Oracle, afin de lever des capitaux considérables et de s’imposer avant que Google ne réagisse.

La valeur d’OpenAI a explosé, passant de 157 milliards de dollars (environ 231 000 milliards de wons) fin 2024 à 500 milliards de dollars en un an seulement. Les options d’achat d’actions attribuées aux employés, d’une valeur initiale de 4,4 milliards de dollars, ont vu leur valeur grimper à 14 milliards de dollars. Ce modèle économique repose sur un flux constant de capitaux : des entreprises comme Nvidia investissent dans OpenAI, qui utilise ces fonds pour acquérir des unités de traitement graphique (GPU) ou des services cloud de Microsoft, réinjectant ainsi de l’argent dans les ventes de ses investisseurs.

Si cette dynamique favorise la croissance du marché des infrastructures d’IA, elle comporte également des risques, notamment celui d’une bulle spéculative et d’un effondrement en cascade en cas de blocage des investissements ou des ventes.

Google, avec une capitalisation boursière de 3 800 milliards de dollars, ne reste pas inactif. L’entreprise mise sur ses applications existantes – Gmail, Google Calendar, Google Docs, Google Maps et YouTube – pour contrer l’offre d’OpenAI. De plus, elle prévoit de commercialiser sa propre unité de traitement tenseur (TPU) pour l’intelligence artificielle, s’appuyant sur un écosystème solide bâti grâce à des investissements à long terme.

OpenAI, dépourvue d’une base de clients et de données issues d’applications logicielles comme celles de Google, se tourne vers l’IA d’entreprise. Cependant, ce secteur représente un défi majeur, car OpenAI ne possède pas l’expertise nécessaire pour comprendre les besoins spécifiques des entreprises, notamment celles qui utilisent des logiciels comme SAP, Oracle et Salesforce. En particulier, SAP domine le secteur manufacturier, un domaine où la Corée du Sud excelle.

Les systèmes ERP (Enterprise Resource Planning) comme ceux de SAP intègrent des connaissances approfondies sur les réglementations financières, les spécificités sectorielles (construction navale, automobile, semi-conducteurs) et les processus internes de chaque entreprise. Mais ces logiciels, souvent complexes et hérités d’années de développement, sont difficiles à adapter aux nouvelles technologies basées sur l’IA.

Des entreprises comme Palantir Foundry proposent une solution à ce problème. Cette société, qui entretient des liens étroits avec le gouvernement américain, cible activement les entreprises coréennes dans des secteurs stratégiques comme la construction navale, la fabrication de semi-conducteurs et l’industrie lourde. Palantir Foundry s’appuie sur des concepts d’ontologie – la modélisation du monde sous forme de graphe de connaissances – un domaine étudié par le chercheur Sang-gyun Cha depuis plus de 40 ans.

« La création d’un formulaire de graphe de connaissances en tant qu’ontologie pour implémenter des agents basés sur des connaissances de domaine spécifiques est en train d’être relancée », explique M. Cha. « Il est réalistement impossible de contenir les connaissances d’un secteur spécifique, d’une entreprise spécifique ou d’un département spécifique via le LLM lui-même. LLM est désormais un nouveau système d’exploitation. »

Pour mettre en œuvre un système d’agents d’IA basé sur une ontologie, les entreprises doivent protéger leurs données et leurs connaissances tacites contre les accès non autorisés. Confier ces informations sensibles à une entreprise étrangère comme Palantir pourrait entraîner une dépendance technologique. Afin de préserver les industries stratégiques coréennes, il est crucial de développer une alternative locale, combinant les forces d’une entreprise de type Palantir et d’un éditeur de logiciels comme SAP, capable de mener des activités de fonderie AIX (conversion IA) avec une expertise fiable et souveraine. C’est, selon M. Cha, le fondement d’une IA coréenne véritablement indépendante.

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