Séoul se positionne comme un tremplin pour les jeunes entreprises technologiques ambitieuses, avec un programme d’accélération ciblant en priorité le marché américain. Vingt startups sélectionnées dans le cadre de l’initiative « Come Up Stars » bénéficieront d’un accompagnement personnalisé pour réussir leur expansion internationale, notamment grâce à des partenariats avec des accélérateurs locaux aux États-Unis, en Europe, au Japon et en Chine.
Le programme « Come Up Stars », pilier du festival mondial des startups « Come Up » organisé par le ministère des PME et des startups, vise à identifier et à soutenir les entreprises coréennes à fort potentiel de croissance mondiale. L’édition 2023, qui se tiendra du 10 au 12 décembre au COEX de Séoul, réunira des entrepreneurs, des investisseurs et des experts du secteur.
L’attrait du marché américain est particulièrement fort pour ces startups, en raison de sa taille et de ses spécificités. Le secteur du jeu vidéo, par exemple, est 31 fois plus important aux États-Unis qu’en Corée, et se caractérise par un modèle économique axé sur la vente de jeux payants, contrairement à la prédominance des jeux gratuits en Corée du Sud. Minimap, une entreprise spécialisée dans l’intégration et la gestion de l’historique des joueurs, compte bien en profiter.
« Un tiers des joueurs nord-américains utilisent trois plateformes ou plus », explique Cho Seong-hee, PDG de Minimap. « Aux États-Unis, il existe un réel besoin d’un service qui centralise les données de jeu provenant de différentes sources. »
Mais le potentiel du marché américain ne se limite pas au divertissement. Rebotics, une société d’intelligence artificielle physique spécialisée dans la robotique, voit également de nombreuses opportunités. Baek Seung-min, PDG de Rebotics, souligne que les entrepôts logistiques américains, souvent vastes et peu automatisés, présentent un fort potentiel d’amélioration grâce à des solutions robotiques.
« Aux États-Unis, de nombreux entrepôts logistiques industriels sont très grands, mais manquent de personnel et disposent de systèmes obsolètes », précise-t-il. « Notre solution, qui permet d’automatiser les chariots élévateurs existants sans nécessiter de travaux de démolition importants, pourrait être une réponse efficace pour réduire les coûts. »
D’autres entreprises, comme Generate, ont choisi de cibler directement le marché américain dès leur création. Cette société développe un logiciel d’automatisation de la conception architecturale basé sur le Web. Shin Bong-jae, PDG de Generate, justifie ce choix par le taux d’adoption élevé et le pouvoir d’achat des services logiciels d’entreprise (B2B SaaS) aux États-Unis.
« Les États-Unis sont le plus grand marché unique au monde pour les logiciels B2B », affirme Shin Bong-jae. « C’est pourquoi nous avons ciblé les États-Unis dès le début, afin de devenir une entreprise mondiale. »
L’attrait du marché américain réside également dans sa culture spécifique. Refundy, une solution de remboursement de la différence de prix, a ainsi identifié un intérêt particulier pour la « protection des prix », une pratique courante aux États-Unis. Park Shin-wook, PDG de Refundy, explique que les consommateurs américains sont habitués à être remboursés si le prix d’un produit baisse après leur achat.
Moulder, qui propose une solution de conversion automatique de dessins 2D en modèles 3D, a quant à elle misé sur la résistance au changement des professionnels américains. Choi Hyo-rin, PDG de Moulder, explique que de nombreux bureaux d’études utilisent encore AutoCAD pour la 2D et SketchUp pour la 3D, et qu’il est donc préférable d’automatiser la conversion plutôt que de les forcer à adopter de nouveaux outils.
« Pour les bureaux d’études américains, les coûts de main-d’œuvre sont élevés, c’est donc un fardeau énorme que de consacrer plusieurs jours à la modélisation 3D », explique Choi Hyo-rin. « Notre IA réduit ce processus à une moyenne de 5 minutes. »
Cependant, pénétrer le marché américain n’est pas sans difficultés. Lee Won, directeur de Pen Ventures, un accélérateur local qui accompagne les startups dans leur expansion américaine, met en garde contre l’erreur courante de se vanter de sa technologie sans proposer une solution concrète aux problèmes des clients.
« Savez-vous quelle est l’erreur la plus courante que font les gens lorsqu’ils vont aux États-Unis, c’est de se vanter de leur technologie ? », s’interroge Lee Won. « Plutôt qu’un document de recherche, vous devez proposer un « produit » qui incitera les clients américains à ouvrir leur portefeuille. »
Pour réussir, les startups doivent également tenir compte des spécificités culturelles et réglementaires du marché américain, et s’appuyer sur des partenaires locaux. Refundy, par exemple, a noué des alliances avec des influenceurs et des experts du dropshipping pour gagner la confiance des consommateurs. Minimap, de son côté, mise sur la construction d’une réputation solide en collectant des données de jeu réelles et en participant à des événements comme Come Up Stars.
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