Publié le 15 novembre 2025 17h14. Le Festival du cinéma ibéro-américain de Huelva, connu pour sa sélection pointue, dévoile une programmation 2025 riche en propositions narratives audacieuses, allant des thrillers sociaux aux portraits intimistes, en passant par des explorations originales de l’histoire et de la culture latino-américaines.
- Dix films se démarquent particulièrement dans la sélection, explorant des thèmes variés tels que l’exil, la mémoire, la survie et les inégalités sociales.
- La programmation met en lumière des réalisateurs confirmés et de nouveaux talents, offrant un panorama diversifié du cinéma ibéro-américain contemporain.
- Plusieurs films abordent des sujets d’actualité brûlants, tels que la crise sociale au Venezuela et les luttes pour la reconnaissance des minorités.
Le Festival du cinéma ibéro-américain de Huelva se distingue par son approche curatoriale, privilégiant la qualité à la quantité. Cette année, la sélection, bien que réduite, promet une expérience cinématographique intense et stimulante. Parmi les œuvres retenues, plusieurs ont déjà été saluées par la critique internationale, témoignant de la vitalité et de la créativité du cinéma ibéro-américain.
« Un avenir radieux » (Lucia Garibaldi, Cimarrón, Uruguay, Argentine, Allemagne) offre une allégorie de science-fiction rétro-futuriste troublante sur les promesses illusoires du capitalisme. L’histoire se déroule dans une Amérique latine ravagée par des parasites et la disparition des animaux de compagnie, où les jeunes les plus brillants reçoivent une offre alléchante : un voyage sans retour vers un Nord prospère. Cependant, Camila, l’une des heureuses élues, commence à remettre en question ce destin. Ce film, récompensé au festival Tribeca Viewpoints, a confirmé le talent de Lucia Garibaldi après son premier long métrage, « The Sharks ».
« Eux dans la ville » (Reyes Gallego, Movistar Plus+, Las Afueras Films, Canal Sur) est le premier long métrage de Reyes Gallego, coécrit avec Rafael Cobos. Il rend hommage aux femmes qui ont façonné les quartiers périphériques de Séville dans les années 70, véritables piliers de leurs communautés et composantes essentielles du patrimoine culturel espagnol. Le film donne la parole à ces femmes, qui expriment également leur frustration face à une vie souvent réduite à un rôle de mère au foyer. Une œuvre qui résonne particulièrement avec le public andalou.
« Des fleurs pour Antonio » (Elena Molina, Isaki Lacuesta, Boomerang TV, Caballo Films, Espagne) explore la vie et la mort tragique d’Antonio Flores, chanteur et compositeur espagnol décédé d’une overdose en 1995, quelques jours après sa mère. Sa fille, Alba Flores, star de la série « Money Heist », se lance à la recherche de son père, tentant de comprendre son essence et son talent unique. Ce documentaire, réalisé par Elena Molina et Isaki Lacuesta, s’inscrit dans la démarche de Movistar Plus+ de revisiter l’histoire récente de l’Espagne à travers des portraits intimistes.
« L’Île Noire » (Jorge Riquelme Serrano, Laberinto Films, El Quisco, Chili) est un thriller percutant qui met en lumière les inégalités sociales au Chili et les expulsions massives liées aux projets immobiliers sur la côte chilienne. Le film, basé sur des faits réels et interprété par l’acteur Alfredo Castro, décrit l’intrusion dans une luxueuse maison de plage. Il s’agit du troisième long métrage de Jorge Riquelme après « Camaleón » et « Some Beasts », primé au Festival du cinéma de Suisse.
« Il ferait nuit à Caracas » (Marité Ugás, Mariana Rondón, Redrum, Absolute Artists, Impression Entertainment, Mexique, Espagne) dépeint avec réalisme et émotion la survie dans un contexte d’effondrement social, sur fond d’émeutes à Caracas en 2017. Variety salue un film qui brouille les frontières entre reconstitution historique et réinvention du genre, exploitant les « plaisirs pulpeux » et offrant une « montagne russe dystopique savamment conçue ». Une nouvelle consécration pour Ugás et Rondón, dont « Bad Hair » avait remporté la Coquille d’Or à Saint-Sébastien en 2013.
« Novembre, » (Tomás Corredor, Burning, Piano, Vulcana Cinema, Tordenfilm, Colombie, Brésil, Mexique, Norvège) reconstitue les événements de l’assaut du Palais de Justice de Colombie en novembre 1985. Tourné comme un documentaire d’action, souvent dans l’obscurité, le film suit le destin de guérilleros, de magistrats et de civils piégés dans les toilettes du palais, confrontés à la menace imminente de l’armée. Variety souligne que le film explore la fragilité humaine face à la mort et la résistance. Le film a été acquis par Cineplex pour les ventes et par Prime Video.
« Pendaripen », (Alfonso Sánchez, Enciende TV) retrace l’histoire du peuple rom, depuis ses origines à Kannauj, en Inde, jusqu’à son arrivée en Espagne via Huesca. Ce film audacieux dénonce les siècles de racisme et de discrimination dont ont été victimes les Roms. Soutenu par les chaînes publiques RTVW et Canal Sur, il a été récompensé par le Premio Luz au festival de Huelva.
« Le rené » (Santiago Esteves, Le Tiro, El Otro Film, Zabriskie Films, Yagán Films, Rio Films, Argentine, Chili, Espagne) est un thriller haletant qui suit les frères Manuel et Oscar dans leur lutte pour la survie après avoir simulé la mort d’un homme. Réalisé par Santiago Esteves, dont le film « Rey’s Education » avait déjà été salué par la critique, ce film promet de renforcer la réputation du réalisateur. Il a remporté le Golden Goblet au festival de Shanghai.
« Vainille », (Mayra Hermosillo, Redrum, Mexique) offre un regard tendre et humoristique sur la vie d’une famille de sept femmes de différentes générations et idéologies, qui se battent pour sauver leur maison. Le premier long métrage de l’actrice devenue réalisatrice Mayra Hermosillo a été produit par Stacy Perskie, co-producteur exécutif de « Narcos : Mexico ». Le film a été présenté en avant-première aux Venice Days, où il a suscité l’enthousiasme du public.
« Roues, herbe et rock n’roll » (José María Cravioto, Mexique) est un faux documentaire qui revisite le Festival de Avándaro, un événement majeur de la contre-culture mexicaine des années 70, souvent comparé à Woodstock. Le film dénonce la répression du rock’n’roll par le gouvernement mexicain, qui a mis dix ans à se relever de cet épisode.