Publié le 1er janvier 2026 à 19h23. L’année politique suisse s’annonce chargée, dominée par les initiatives populaires de l’UDC sur l’immigration et les cotisations de la SSR, mais aussi par des tensions au sein du Conseil fédéral et des négociations complexes avec l’Union européenne.
- L’initiative de l’UDC visant à « réduire de moitié » les cotisations de la SSR sera soumise au vote le 8 mars.
- L’initiative populaire de l’UDC sur l’immigration, dont le débat s’annonce vif, sera votée le 14 juin.
- Des rumeurs de démission agitent le Conseil fédéral, notamment concernant Karin Keller-Sutter et Guy Parmelin.
Après une année 2025 marquée par des événements inattendus, comme la démission de Viola Amherd du Conseil fédéral et les déclarations controversées de Donald Trump, la Suisse se prépare à une année 2026 riche en enjeux politiques. Si 2025 avait laissé présager une période de calme relatif, les votes à venir promettent de relancer les débats et de tester la cohésion du gouvernement.
Les référendums de 2025 s’étaient déroulés sans véritable surprise, les électeurs confirmant globalement les décisions du Conseil fédéral et du Parlement, malgré une opposition tenace à l’E-ID et l’échec de l’initiative Juso sur les droits de succession. Mais c’est désormais l’UDC qui prend les commandes, avec une série d’initiatives populaires destinées à marquer l’année de vote.
Le 8 mars, les Suisses seront appelés à se prononcer sur quatre objets, dont l’initiative de l’UDC visant à réduire de moitié les cotisations de la SSR. Cette initiative suscite une forte opposition, notamment de la part des défenseurs du service public. Parallèlement, un projet de réforme de la fiscalité individuelle, porté par le centre-gauche, pourrait échouer en raison de la résistance des cantons, comme le soulignent les cantons eux-mêmes.
L’année sera également marquée par l’initiative de neutralité, portée par Christoph Blocher, qui pourrait être soumise au vote le 27 septembre, en même temps qu’un assouplissement de la loi sur le matériel de guerre, contesté par la gauche verte. Un référendum a été lancé contre ce projet.
Mais c’est l’initiative de l’UDC sur l’immigration qui cristallise le plus les tensions. Le Conseil national et le Conseil des États n’ont pas souhaité élaborer de contre-proposition, laissant le champ libre à l’initiative populaire. Un large mécontentement face à l’immigration et à ses conséquences sur le marché du logement alimente ce débat, et les opposants préviennent contre un possible chaos en cas d’adoption de l’initiative.
Au-delà des votes, la situation géopolitique et économique mondiale, selon Guy Parmelin, qui assurera la présidence de la Confédération pour la deuxième fois en 2026, jouera un rôle important. La politique étrangère suisse, longtemps marquée par une certaine prudence, sera confrontée à des défis majeurs.
La présidence suisse de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pourrait être compromise par le principe de l’unanimité, rendant son action limitée, surtout en l’absence de progrès significatifs dans la résolution du conflit en Ukraine.
Le conflit douanier avec les États-Unis reste également un dossier brûlant, même si les tensions se sont récemment apaisées. Les États-Unis souhaitent conclure rapidement un accord commercial contraignant, par crainte d’une décision défavorable de la Cour suprême concernant la politique tarifaire de Donald Trump.
Au Parlement, les Bilatéraux III, le nouveau paquet de contrats avec l’UE, seront au centre des débats. Le Conseil des États devrait entamer la discussion en premier, mais le calendrier reste incertain, ce qui rend peu probable un vote avant les élections de 2027.
La réglementation bancaire pourrait également être source de tensions, Karin Keller-Sutter souhaitant renforcer les exigences de fonds propres pour UBS, la dernière grande banque suisse. Cette proposition se heurte à une forte opposition, y compris la menace d’un déménagement du siège social aux États-Unis. Le Conseil fédéral pourrait finalement affaiblir les règles, selon certaines sources.
Enfin, le Conseil fédéral pourrait connaître des changements. Martin Pfister, le nouveau conseiller fédéral du Centre, a apporté un peu de stabilité, mais des rumeurs de démission circulent concernant Karin Keller-Sutter et Guy Parmelin. Ce dernier, dont la santé est fragile, pourrait envisager de quitter le gouvernement à la fin de son mandat.
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