Le gouvernement ukrainien recense près de 3 000 combattants africains au sein de l’armée russe, selon des données récentes. Beaucoup auraient été trompés par des agences de recrutement illégales promettant des emplois lucratifs. Aujourd’hui, un prisonnier de guerre sur huit dans les camps ukrainiens est originaire d’Afrique, selon les autorités de Kiev.
Le mécanisme du recrutement et les chiffres de Kiev

Le dilemme des prisonniers : entre trahison et survie
Pour certains, l’engagement dans l’armée russe n’est pas le résultat d’une tromperie, mais d’un calcul désespéré pour échapper à la pauvreté. Un ressortissant sénégalais, capturé au front en 2025 et interrogé à Kyiv le 15 mai 2026, a exprimé un refus catégorique de retourner dans son pays d’origine. Ancien étudiant en droit ayant bénéficié d’une bourse d’étude pour la Russie, il considère son acte comme une trahison envers le Sénégal.« Je préfère mourir plutôt que de rentrer au Sénégal… Je ne peux rien demander au Sénégal, parce que j’ai choisi de m’engager dans l’armée russe. À la limite, j’ai trahi le Sénégal, qui m’avait donné une bourse d’étude pour la Russie. Et une fois en Russie, j’ai choisi de défendre un autre pays. »

L’appât financier et la promesse de citoyenneté russe
Le moteur principal de cet engagement reste l’espoir d’une ascension sociale rapide. Un ancien militaire sierra-léonais, ayant servi 17 ans pour environ 100 dollars par mois, a été attiré par des conditions financières incomparables. Selon un reportage de la BBC, on lui a proposé une prime de signature de 15 000 dollars et un salaire mensuel de 2 000 dollars pour un contrat d’un an. L’objectif était clair : financer les études de médecine de sa fille. Cependant, à son arrivée à Rostov-sur-le-Don en 2024, cet homme a découvert qu’il avait signé un contrat militaire et non un emploi d’agent de sécurité. Malgré le choc, la perspective d’obtenir la citoyenneté russe est devenue un levier de motivation majeur.« Après cette année, j’aurai les papiers russes ainsi que mon argent. J’aurai la possibilité de faire venir ma famille en Russie. Nous pourrons y mener une vie normale. »
Le statut juridique et le risque d’endettement
Le business des recrues africaines cache une réalité brutale : si certains espèrent la citoyenneté, d’autres s’enfoncent dans la précarité. Des combattants se retrouvent criblés de dettes, aggravant la situation financière des familles qu’ils tentaient de sauver. De plus, des informations indiquent que certains salaires seraient bloqués dans des comptes, rendant les soldats dépendants des promesses de l’État russe. L’attrait des passeports russes, promis aux soldats et aux membres de leur famille, agit comme un verrou psychologique et matériel.« En sus de leurs salaires qui seraient bloqués dans des comptes, on leur a promis des passeports russes pour eux et pour des membres de leurs familles.

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