Édition française
En continu
---Advertisement---

Monde

3 000 Africains recrutés par la Russie : des victimes du trafic de soldats

Le gouvernement ukrainien recense près de 3 000 combattants africains au sein de l'armée russe, selon des données récentes. Beaucoup auraient été trompés par des agences de recrutement illégales promettant des emplois lucratifs. Aujourd'hui, un prisonnier de guerre…

Le mécanisme du recrutement et les chiffres de Kiev

Le gouvernement ukrainien recense près de 3 000 combattants africains au sein de l’armée russe, selon des données récentes. Beaucoup auraient été trompés par des agences de recrutement illégales promettant des emplois lucratifs. Aujourd’hui, un prisonnier de guerre sur huit dans les camps ukrainiens est originaire d’Afrique, selon les autorités de Kiev.

Le mécanisme du recrutement et les chiffres de Kiev

Le mécanisme du recrutement et les chiffres de Kiev
Photo: BBC
L’Ukraine qualifie les combattants africains présents dans les rangs russes de « victimes » d’activités illégales. Selon des informations rapportées par la BBC, le gouvernement ukrainien estime que près de 3 000 Africains ont intégré l’armée russe, souvent après avoir été manipulés par des agences de recrutement. Ces dernières utiliseraient de fausses offres d’emploi et des promesses de salaires attractifs pour attirer des jeunes hommes vers le front. La Russie nie ces accusations. Cependant, la réalité dans les centres de détention ukrainiens souligne l’ampleur du phénomène : la BBC rapporte qu’un prisonnier de guerre sur huit dans les camps ukrainiens est africain. Ce flux de recrues étrangères ne se limite pas au continent africain, englobant également des ressortissants asiatiques et latino-américains.

Le dilemme des prisonniers : entre trahison et survie

Pour certains, l’engagement dans l’armée russe n’est pas le résultat d’une tromperie, mais d’un calcul désespéré pour échapper à la pauvreté. Un ressortissant sénégalais, capturé au front en 2025 et interrogé à Kyiv le 15 mai 2026, a exprimé un refus catégorique de retourner dans son pays d’origine. Ancien étudiant en droit ayant bénéficié d’une bourse d’étude pour la Russie, il considère son acte comme une trahison envers le Sénégal.

« Je préfère mourir plutôt que de rentrer au Sénégal… Je ne peux rien demander au Sénégal, parce que j’ai choisi de m’engager dans l’armée russe. À la limite, j’ai trahi le Sénégal, qui m’avait donné une bourse d’étude pour la Russie. Et une fois en Russie, j’ai choisi de défendre un autre pays. »

Le dilemme des prisonniers : entre trahison et survie
Photo: BBC
Un prisonnier de guerre sénégalais, via Mondafrique Ce témoignage renverse la perception habituelle du recrue africaine comme victime passive. Ce prisonnier revendique son statut de combattant et demande le respect de ses droits en tant que prisonnier de guerre, rejetant fermement le terme de « mercenaire ».

L’appât financier et la promesse de citoyenneté russe

Le moteur principal de cet engagement reste l’espoir d’une ascension sociale rapide. Un ancien militaire sierra-léonais, ayant servi 17 ans pour environ 100 dollars par mois, a été attiré par des conditions financières incomparables. Selon un reportage de la BBC, on lui a proposé une prime de signature de 15 000 dollars et un salaire mensuel de 2 000 dollars pour un contrat d’un an. L’objectif était clair : financer les études de médecine de sa fille. Cependant, à son arrivée à Rostov-sur-le-Don en 2024, cet homme a découvert qu’il avait signé un contrat militaire et non un emploi d’agent de sécurité. Malgré le choc, la perspective d’obtenir la citoyenneté russe est devenue un levier de motivation majeur.

« Après cette année, j’aurai les papiers russes ainsi que mon argent. J’aurai la possibilité de faire venir ma famille en Russie. Nous pourrons y mener une vie normale. »

Des ressortissants africains recrutés par l'armée russe pour combattre en Ukraine
Un ancien soldat sierra-léonais, via la BBC

Le statut juridique et le risque d’endettement

Le business des recrues africaines cache une réalité brutale : si certains espèrent la citoyenneté, d’autres s’enfoncent dans la précarité. Des combattants se retrouvent criblés de dettes, aggravant la situation financière des familles qu’ils tentaient de sauver. De plus, des informations indiquent que certains salaires seraient bloqués dans des comptes, rendant les soldats dépendants des promesses de l’État russe. L’attrait des passeports russes, promis aux soldats et aux membres de leur famille, agit comme un verrou psychologique et matériel.

« En sus de leurs salaires qui seraient bloqués dans des comptes, on leur a promis des passeports russes pour eux et pour des membres de leurs familles.

Le statut juridique et le risque d'endettement
Photo: BBC
Source citée dans le dossier des recrues africaines L’utilisation de technologies militaires avancées par les deux camps rend le front extrêmement dangereux, transformant ces recrues, souvent sans formation adaptée au conflit moderne, en chair à canon. Pour beaucoup, le rêve d’une vie normale en Europe ou en Russie se heurte à la réalité des camps de prisonniers ou à la disparition pure et simple sur le champ de bataille.

Find more reporting in our Monde section.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.