Après 50 ans de débats scientifiques, les chercheurs ont enfin dévoilé la vérité derrière l’Œil de l’Afrique, une formation géologique unique située dans le désert mauritanien. Également connue sous le nom de structure en plume, cette immense structure s’est formée sur des millions d’années par des processus naturels se déroulant sous la surface terrestre. Loin d’être un simple paysage spectaculaire, l’Œil de l’Afrique est un véritable témoignage de l’histoire ancienne de la Terre, conservant des preuves de roches datant de milliards d’années et de la présence humaine primitive dans la région.
Pendant des années, les théories ont oscillé entre l’impact d’une météorite et un effondrement volcanique. Cependant, des recherches récentes, basées sur la datation radiométrique et l’analyse géochimique, ont révélé que cette structure est le résultat d’une lente remontée de magma sous la surface terrestre sur plus de 100 millions d’années, durant la période de fragmentation du continent du Panthéa. Il n’y a pas eu d’éruption volcanique explosive, mais les roches sédimentaires se sont progressivement déformées pour former le dôme que l’on observe aujourd’hui.
L’Œil de l’Afrique renferme des roches datant de 2,5 milliards d’années, ce qui en fait un registre géologique précieux pour comprendre l’évolution de la planète. Les indices suggèrent que la région était autrefois plus humide, avec des rivières et des lacs, et peut-être des environnements propices à la vie primitive.
Des études ont également mis en évidence la présence de vestiges d’anciens outils en pierre sur les anneaux extérieurs de la structure, indiquant que les premiers humains utilisaient la zone pour fabriquer des outils et pratiquer une chasse temporaire, sans y établir de colonies permanentes.
Longtemps, l’Œil de l’Afrique a suscité l’intérêt des scientifiques et des observateurs via satellite en raison de sa forme particulière. Cette structure géologique illustre parfaitement la manière dont les processus géologiques lents façonnent les paysages distinctifs.
“Au lieu d’une formation due à une explosion, il s’agit d’une histoire de soulèvement lent et d’érosion progressive”, explique le Dr Farid Jordan, géologue. Pendant des millions d’années, le vent, l’eau et les intempéries ont sculpté les couches de quartz et de grès plus résistantes, créant le motif circulaire caractéristique que nous voyons aujourd’hui.
Malgré son environnement aride actuel, l’Œil de l’Afrique conserve des traces d’un passé plus humide. Les roches qui le composent datent d’environ 2,5 milliards d’années, ce qui en fait un document géologique vivant sur l’évolution de la planète. Les preuves suggèrent que la région abritait autrefois des rivières, des lacs et peut-être les premiers écosystèmes durant les périodes humides en Afrique.
Une étude menée par le géologue Osman Sao et ses collègues a révélé des traces d’anciens outils en pierre sur les anneaux extérieurs de la structure, confirmant que les premiers humains utilisaient le site pour fabriquer des outils et chasser temporairement, sans s’y installer durablement. Ces outils étaient souvent fabriqués à partir de quartzites locaux, témoignant de l’exploitation par les populations anciennes de la géographie unique de la région.
L’Œil de l’Afrique a également servi de point de repère aux astronautes en orbite. La symétrie de la structure reflète des processus géologiques complexes se déroulant sous la surface terrestre, avec la présence de carbonates, de gabbros et de roches alcalines indiquant une composition rare et inhabituelle, selon « Daily Galaxy ».
Les géologues considèrent la structure en plume comme un “puzzle géologique à plusieurs niveaux”, qui raconte l’histoire de la Terre à travers les émissions de roches profondes et les changements de surface qui ont façonné ce point de repère exceptionnel au fil des millions d’années.
26 septembre 2025, 18h56