Publié le 11 décembre 2025 à 12h24. Le nombre de personnes tentant d’entrer en Irlande avec de faux documents ou sans papiers devrait rester stable en 2025, malgré une baisse globale des refus d’entrée, tandis qu’une majorité de ceux qui se voient refuser l’entrée obtiennent finalement le droit de demander l’asile.
- Le nombre total de refus d’entrée à l’aéroport de Dublin s’élève à 4 491 à fin novembre 2025, contre 5 255 pour l’ensemble de l’année 2024.
- Environ 80 % des personnes refusées pour défaut de documents ou documents falsifiés ont été autorisées à demander l’asile.
- Plus de 80 % des demandeurs d’asile entrent en Irlande en traversant la frontière, ce qui suggère que de nombreuses demandes pourraient être basées sur de faux prétextes.
Une demande d’accès à l’information adressée par un lecteur du site d’information Gript a révélé ces chiffres préoccupants concernant les entrées irrégulières en Irlande. Les données montrent une légère diminution du nombre de personnes refoulées à l’aéroport de Dublin, passant de 3 370 en 2024 à 2 807 à fin novembre 2025. Cette baisse ne signifie cependant pas une diminution de la pression sur le système d’asile.
En 2022, la moyenne mensuelle des personnes refusées pour présentation de faux documents ou absence de documents s’élevait à 483, pour un total annuel de 5 800. La situation actuelle, bien que toujours significative, représente donc une amélioration par rapport à cette période. Néanmoins, le nombre de personnes autorisées à demander l’asile après un refus initial reste élevé, avec 3 617 personnes sur 4 491 ayant obtenu ce droit à fin novembre 2025.
Le gouvernement irlandais reconnaît que la majorité des demandeurs d’asile sont entrés dans le pays en franchissant la frontière, ce qui implique qu’ils ont transité par au moins un autre État membre de l’Union européenne où ils auraient dû déposer une demande de protection. L’absence de données sur la documentation de ces personnes soulève des questions quant à la validité de leurs demandes.
Cette situation conduit à une interrogation sur l’efficacité des mesures préventives et sur la souveraineté de l’État irlandais en matière de contrôle de ses frontières. Certains estiment qu’un État souverain devrait avoir le droit de décider qui peut entrer sur son territoire et que le refus d’entrée devrait entraîner une évaluation rapide et un renvoi rapide des personnes arrivant sans documents valides.
Ces observations interviennent alors que le ministre de la Justice, Jim O’Callaghan, a récemment critiqué les restrictions imposées par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) à la capacité de l’État à expulser les personnes en situation irrégulière. Il rejoint ainsi le Danemark, qui a pris position contre les critères européens en matière d’immigration et a décidé de réduire l’immigration clandestine malgré les obstacles potentiels. Contrairement à l’Irlande, le Danemark n’a pas signé le Pacte européen sur l’asile et la migration.
O’Callaghan s’est également exprimé sur les difficultés liées à l’expulsion des criminels étrangers, un point de vue partagé par de nombreux États membres de l’UE. Une déclaration commune signée par le Danemark, l’Italie, la Hongrie, la Pologne et la Slovaquie souligne la nécessité de trouver un équilibre entre les droits individuels des migrants et les intérêts publics liés à la sécurité. L’Allemagne, la France, le Portugal et l’Espagne ne figurent pas parmi les signataires de cette déclaration.
Le ministre de la Justice bénéficierait d’un large soutien public pour une politique plus stricte en matière d’immigration et pour une action rapide contre les tentatives d’entrée illégale. Une fois ces tentatives identifiées, il est impératif qu’elles soient traitées avec fermeté.
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