Pour la première fois de l’histoire, la Coupe du Monde de football n’aura pas lieu lors des riants mois de Juin et Juillet, mais au cœur de la période la plus grise de l’année, en Novembre et Décembre. Ce choix étonnant s’explique bien évidemment par la décision de la FIFA d’attribuer l’organisation de cette Coupe du Monde 2022 au Qatar. Un petit pays qui traîne de nombreuses casseroles, et cette modification du calendrier, ayant entraîné des bouleversements sur toutes les compétitions de la planète, n’est qu’une parmi les nombreuses polémiques ayant émaillé la pré-compétition. Pourtant, malgré celles-ci, les ventes de billets pour les matches de la Coupe du Monde se déroulent sans encombres et toute la planète foot commence à avoir les regards tournés vers le 20 Novembre, date du début de la Coupe du Monde, après y avoir encore peu pensé durant les vacances.
Un parcours semée d’embûches
Les écueils à éviter pour les dirigeants qataris étaient pourtant nombreux, et les risques de voir des matches de la plus grande compétition sportive du globe se jouer devant des tribunes à moitié vide étaient élevés. Entre la polémique initiale de l’attribution de cette Coupe du Monde au Qatar, après l’avoir donnée à la Russie en 2018, celle sur les conditions de travail désastreuses sur les chantiers des stades, celle sur la climatisation de ces mêmes stades au fort coût écologique ou encore celle sur les droits systématiquement bafoués des homosexuels dans le pays, la liste des raisons d’en vouloir à la FIFA sur leur choix était longue et justifiée.
La fédération norvégienne a même appelé au boycott de la compétition et l’équipe nationale d’Allemagne s’est interrogée fortement, mais sera finalement bien présente au Qatar. Les ONG Amnesty International et Human Rights Watch ont elles demandé de grandes avancées dans la condition des travailleurs migrants dans le pays (et en a obtenu quelques-unes, même si les scandales sont toujours bien présents).

L’Argentine en fer de lance
Mais les craintes d’une compétition moins populaire qu’auparavant sont désormais passées pour les organisateurs, car tous les billets mis en vente lors de la dernière session sont partis rapidement. Malgré tout, il existe une certaine différence avec les précédentes éditions, et notamment le fait que ce sont les pays sud-américains, Argentine en tête, qui sont les plus demandeurs de tickets, et ceci s’explique pour plusieurs raisons.
D’abord d’un point de vue calendrier, car si la tenue de la Coupe du Monde en Décembre ne semble pas ravir les fans européens, qui ne pourront plus regarder les matches en extérieur sur écran géant sans être couverts de la tête au pied, la situation est toute inverse pour les Argentins. En effet, dans l’hémisphère Sud, cette période de l’année est la plus agréable, et ce seront eux qui auront donc enfin la chance de pouvoir regarder une Coupe du Monde durant l’été et les vacances, ce qui semble un juste retour des choses tant c’est un pays qui respire le football.
Ensuite, en Amérique Latine, les polémiques liées à l’attribution de la Coupe du Monde au Qatar sont moins prononcées qu’en Europe, car située plus loin géographiquement et clairement moins impactée par la guerre en Ukraine et la crise de l’énergie qui impliquent de nombreuses conséquences géopolitiques entre Europe et Moyen-Orient.
Mais surtout, les fans argentins sont les plus excités et nerveux à l’approche de cette Coupe du Monde car ils sont probablement ceux qui souhaitent le plus voir leur sélection soulever le trophée. D’abord parce que leur dernier titre remonte à 1986, soit 36 longues années de désillusions. Et c’est même tout le continent sud-américain qui est en attente d’un tel succès depuis 20 ans et le sacre du Brésil en 2002, puisque les quatre vainqueurs suivants furent européens (Italie, Espagne, Allemagne et France). Et ensuite parce que c’est la dernière chance pour Lionel Messi, leur idole absolue, d’enfin remporter cet unique trophée qui manque à son palmarès, et aucun supporter de l’Albiceleste ne voudrait rater ce moment historique pour rien au monde. Mais la sélection argentine a beau être celle qui électrise le plus ses supporters et celle autour duquel les attentes sont les plus fortes, elle n’est pas pour autant considérée comme le grand favori de la compétition si l’on se fie aux sites de paris sportifs sur la Coupe du Monde, laissant ce rôle à son meilleur ennemi, le Brésil.

Un enthousiasme qui monte peu à peu
Le Brésil justement, lui aussi plutôt ravi de ce changement de calendrier, est un autre pays où la fièvre monte très sérieusement, car 20 ans de disette sont aussi difficilement supportables pour ses supporters. Le même pourrait être dit pour l’Angleterre, qui n’a plus gagné le moindre titre depuis la Coupe du Monde 1966, et qui est aussi une des équipes favorites. Du côté de la France, championne en titre et pays à la culture foot moindre que les 3 autres cités, la ferveur commence tout doucement à gagner les fans alors que le grand public n’en a pour l’instant cure.
Mais avec déjà 2,45 millions de billets vendus sur les 3,2 millions disponibles au total, et alors que 1,2 millions de visiteurs devraient faire le déplacement jusqu’au Qatar, pays de 2,65 millions d’habitants, les organisateurs peuvent pousser un gros ouf de soulagement car ils ont désormais l’assurance que leur Coupe du Monde, la première organisée dans le monde arabe, sera un succès planétaire, comme toutes les autres avant elle.
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