Les tensions géopolitiques croissantes, notamment en Europe de l’Est et en Alaska, exercent une pression notable sur les marchés pétroliers, tandis que les prévisions d’une offre excédentaire s’avèrent de plus en plus incertaines. Cette situation intervient alors que des appels se multiplient pour que l’Europe réduise sa dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie.
La semaine dernière, trois avions de chasse russes MIG-31 ont brièvement pénétré l’espace aérien estonien, suscitant l’inquiétude des pays occidentaux. Des diplomates de Moscou, Londres, Paris et Berlin ont exprimé leur conviction qu’il ne s’agissait pas d’un incident isolé, mais d’une provocation délibérée de la part de la Russie. Parallèlement, des avions de chasse américains ont été déployés au-dessus de l’Alaska pour intercepter des appareils russes s’approchant trop près des côtes américaines.
Dans ce contexte tendu, le président américain Donald Trump a encouragé les pays européens à abattre tout avion russe violant leur espace aérien. Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a soutenu cette proposition, tout en soulignant la nécessité d’épuiser toutes les autres options avant d’en arriver à une telle extrémité. « Il faut d’abord explorer toutes les voies possibles », a-t-il déclaré lors d’une interview à Fox News.
Par ailleurs, la pression s’intensifie sur la Turquie pour qu’elle cesse d’importer du pétrole et du gaz russes. Le président Trump a salué la signature d’un accord de 20 ans entre la Turquie et la société Mercuria pour l’achat de gaz naturel liquéfié américain, une initiative qui s’inscrit dans sa stratégie visant à réduire la dépendance énergétique européenne vis-à-vis de Moscou. Le ministre turc de l’Énergie, Alparslan Bayraktar, a confirmé l’accord mercredi.
Toutefois, le président turc, Tayyip Erdogan, a refusé de qualifier le Hamas d’organisation terroriste lors d’une récente interview. La Turquie dispose encore d’accords d’approvisionnement en gaz russe qui expirent cette année, représentant un volume total de 16 milliards de mètres cubes.
Sur le marché pétrolier, les prévisions d’une surabondance d’offre semblent s’éloigner de la réalité. L’OPEP+, qui représente 50 % de la production mondiale de pétrole, a livré environ les trois quarts de la production supplémentaire qu’elle avait initialement prévue depuis avril. Les producteurs ont atteint leurs limites de capacité, produisant environ 500 000 barils par jour en dessous de leurs objectifs, ce qui représente 0,5 % de la demande mondiale. Cette situation a contribué à soutenir les prix du pétrole.
De plus, les prévisions concernant un pic de la demande pétrolière sont revues à la hausse. BP (anciennement British Petroleum) anticipe désormais que la demande mondiale de pétrole continuera d’augmenter jusqu’en 2030, soit cinq ans plus tard que ses prévisions précédentes. Cette révision tient compte des efforts croissants en matière d’efficacité énergétique et de réduction des émissions de carbone.
À ce stade, le prix du pétrole brut West Texas Intermediate (WTI) se maintient au-dessus de ses moyennes mobiles majeures, malgré les prévisions pessimistes concernant l’offre et les tensions géopolitiques. Certains analystes estiment qu’il serait plus risqué de parier sur une baisse des prix qu’il ne l’a été depuis longtemps.
En ce qui concerne le gaz naturel, les perspectives semblent plus optimistes, avec des signes d’un possible plancher. Des températures plus clémentes que prévu dans des régions comme le Texas et le Midwest, où la climatisation reste en fonction en fin d’après-midi, ont contribué à cette amélioration. Par ailleurs, des tempêtes tropicales se développent dans l’océan Atlantique, notamment la tempête tropicale Imelda, qui menace la côte sud-est des États-Unis.