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Sommes-nous à proximité d’un pic du marché ou simplement à nous réchauffer pour la jambe suivante?

Après plusieurs années de croissance soutenue, les marchés financiers pourraient bien entrer dans une phase de correction. Si l'euphorie actuelle ne ressemble pas à celle observée à la fin des années 1990, certains indicateurs suggèrent une prudence de…

Sommes-nous à proximité d’un pic du marché ou simplement à nous réchauffer pour la jambe suivante?

Après plusieurs années de croissance soutenue, les marchés financiers pourraient bien entrer dans une phase de correction. Si l’euphorie actuelle ne ressemble pas à celle observée à la fin des années 1990, certains indicateurs suggèrent une prudence de mise pour les investisseurs.

L’article d’hier soulignait que le S&P 500 évolue actuellement près des limites supérieures de ses canaux de long terme, une situation qui rappelle les pics précédents. Comme le dirait Dana White, le président de l’UFC, « le temps finit toujours par l’emporter ». Les cycles économiques ont une fin, et les marchés haussiers prolongés ne font pas exception.

En juin 1999, un investisseur anticipant un retournement du marché aurait pu choisir de se désengager des actions. Il aurait alors manqué un rallye spectaculaire de 100 % entre octobre 1999 et mars 2000. Ce fut une période d’ascension fulgurante pour le Nasdaq, un mouvement qualifié d’« absolument fou » par certains observateurs.

Stan Druckenmiller, un gestionnaire de fonds réputé, a évoqué cette période et son propre choix de réduire son exposition aux marchés au début de l’an 2000. Malgré cette décision, il a été contraint de réinvestir en mars 2000, subissant des pertes à la suite de l’effondrement du Nasdaq.

À l’approche du quatrième trimestre de 2025, l’environnement actuel présente des différences notables par rapport à la fin des années 1990. L’un des aspects les plus encourageants est que le sentiment des investisseurs particuliers semble moins euphorique qu’il ne l’était il y a 25 ans.

Voici quelques points de comparaison plus précis :

1. Performance du S&P 500 : Nous nous dirigeons vers une troisième année consécutive de rendements à deux chiffres pour le S&P 500. Au 19 septembre 2025, l’indice affichait une progression de 14,25 % depuis le début de l’année, tandis que l’indice Barclay enregistrait une hausse de 6,23 % et un portefeuille équilibré 60/40, de 11,04 %. La seule autre période comparable a été la séquence de 1995 à 1999, avec des rendements annuels supérieurs à 20 %, le plus faible étant de 21 % en 1999.

En moyenne, de 1982 à 1999, le S&P 500 a affiché un rendement annuel de +19,12 %. De 2010 à 2024, ce chiffre s’élève à +14,97 %. Ce léger avantage suggère que le S&P 500 pourrait encore progresser cette décennie, mais une gestion prudente des risques reste essentielle.

2. Marché des introductions en bourse : Entre 1995 et 1999, environ 2 000 entreprises ont fait leur entrée en bourse, stimulées par l’introduction en bourse de Netscape en 1995. En 2025, on compte 250 introductions en bourse, un chiffre en hausse par rapport à 2024. Cette affluence d’introductions en bourse pourrait-elle signaler un sommet de marché ? Pour les dirigeants d’entreprises privées souhaitant maximiser leur richesse, il pourrait être judicieux de saisir l’opportunité actuelle plutôt que d’attendre.

Bien que ce nombre soit en augmentation, il reste bien inférieur à celui de la fin des années 1990.

3. Taux d’intérêt : Les taux d’intérêt étaient beaucoup plus élevés au début du marché haussier des années 1980-1990 qu’aujourd’hui. Fin 1985, ils atteignaient 11,6 %, et même 12,5 % plus tôt dans l’année. À la fin de 2025, le rendement du Trésor à 10 ans se situe autour de 4,14 % et devrait continuer à augmenter. En janvier 2000, il clôturait à 6,67 %, un niveau toujours supérieur à celui d’aujourd’hui.

Une hausse des taux d’intérêt pourrait ne pas offrir le même niveau de protection qu’en 2000. Les obligations de qualité offrent une certaine aide, mais les écarts de crédit sont actuellement très faibles, ce qui augmente le risque d’un élargissement soudain.

En conclusion, tous les marchés boursiers et obligataires finissent par s’achever. Il est impossible de prédire la forme que prendra le prochain marché baissier, mais les similitudes avec les périodes passées méritent d’être prises en compte. Comme l’a souligné Michael Kitces, les fonds qui affichent de bonnes performances et attirent des flux importants ont tendance à sous-performer par la suite.

Les classes d’actifs qui ont prospéré dans les années 1990, telles que la croissance à grande capitalisation, la technologie et les actions de croissance, ont connu une période difficile dans les années 2000. Inversement, les marchés internationaux, les petites capitalisations et la valeur ont connu un essor après 2000.

Il est donc important de surveiller les actifs qui ne fonctionnent pas bien ou qui ne génèrent que des rendements modestes. Il peut être difficile de vendre des actions comme Nvidia, Broadcom et Micron Technology, mais il est essentiel de se rappeler que les actions les plus performantes de la fin des années 1990 ont connu des difficultés après mars 2000. Apple, par exemple, affiche une performance en baisse de 1 à 2 % depuis le début de l’année, malgré un marché favorable aux valeurs technologiques.

Les marchés émergents représentent une opportunité intéressante. Bien que nous ayons été prématurés en investissant dans cette classe d’actifs au cours de la dernière décennie, le retournement récent pourrait signaler un point d’entrée favorable. La décision du gouvernement chinois de bloquer l’introduction en bourse de la société financière Ant Group a été un signal d’alerte, mais les marchés émergents, notamment via l’ETF Ishares Core MSCI Emerging Markets (EMXC), méritent une attention particulière.

Avertissement : Ces informations sont fournies à titre indicatif uniquement et ne constituent pas un conseil financier. Les investisseurs doivent évaluer leur propre tolérance au risque et prendre des décisions éclairées.

Ce marché haussier finira par s’achever, et le prochain marché baissier pourrait présenter des similitudes avec les périodes précédentes. Cependant, il est peu probable qu’il soit une réplique exacte de 2001-2002.

Merci d’avoir lu.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.