Washington – Une volte-face spectaculaire de l’administration américaine a provoqué un effondrement des prix du cuivre mercredi soir, avec une chute de près de 20 % sur les marchés américains. Cette dégringolade fait suite à l’annonce d’une nouvelle politique tarifaire par l’ancien président Trump, qui prévoit un droit de douane de 50 % sur les produits finis en cuivre, mais pas sur le métal brut lui-même.
Si cette baisse se confirme, il s’agirait du plus important recul quotidien des contrats à terme sur le cuivre depuis le début des relevés en 1968, surpassant même les conséquences du krach boursier de 1987.
En début de mois, les prix du cuivre avaient atteint des sommets aux États-Unis, portés par l’annonce initiale d’un tarif de 50 % sur toutes les importations de cuivre. Cette perspective avait déclenché une ruée vers l’achat et un stockage massif, faisant grimper les prix au-dessus des références mondiales. Les négociants s’étaient alors empressés d’acheminer le cuivre à travers les frontières, saturant les entrepôts de villes comme Baltimore et Détroit.
Cependant, cette flambée était fragile, reposant sur une promesse de plus dans le registre fluctuant des politiques commerciales de l’ancien président Trump. La nouvelle politique, dévoilée quelques jours avant la date limite de mise en œuvre du 1er août, a considérablement réduit la portée des tarifs initiaux. Au lieu de viser le cuivre sous ses formes brutes ou semi-transformées – concentré, cathodes ou ferraille – la Maison Blanche s’est concentrée sur les produits finis tels que les fils, les tuyaux et les tubes. De plus, le tarif ne s’applique qu’à la teneur en cuivre, et non à la valeur totale des marchandises.
Ce changement ramène les prix intérieurs du cuivre à un niveau plus conforme aux références mondiales, autour de 4,50 $ la livre (environ 4,10 €), effaçant la prime artificielle créée par les spéculations tarifaires.
Si cette décision peut protéger les fabricants américains de produits à forte intensité de cuivre – notamment dans les secteurs de l’électronique, de la plomberie et de la construction – elle pénalise les producteurs et les mineurs. Les actions de Freeport-McMoran ont chuté de 9,5 %, tandis qu’Ivanhoe Electric a perdu 17 %, les investisseurs voyant s’évanouir l’espoir d’un essor de l’industrie minière nationale.
Ceux qui avaient anticipé un soutien réglementaire combiné aux tarifs se retrouvent désormais confrontés à une réalité du marché implacable : les tarifs sont temporaires, incohérents et n’incitent pas à des investissements à long terme dans les infrastructures de production.
Cet épisode illustre une tendance récurrente dans la politique économique de l’ancien président Trump : une approche basée sur des annonces impulsives. Son engagement initial à imposer un tarif de 50 % avait provoqué un rallye spéculatif, mais le manque de clarté et les revirements rapides ont semé la confusion. Même les analystes les plus expérimentés ont mis en garde contre une interprétation hâtive de ses déclarations.
« Les États-Unis dépendent fortement du cuivre importé, ne disposant que de deux fonderies actives », a souligné Bob Brackett de Bernstein. « Le renforcement des capacités nécessiterait des milliards de dollars et des années d’efforts. Dans ce cas, les tarifs ont simplement ajouté des coûts sans offrir de solution économique durable. »
En fin de compte, cette crise est le résultat d’une politique auto-infligée. La stratégie tarifaire de l’ancien président Trump a artificiellement gonflé les prix sans s’attaquer aux faiblesses structurelles des chaînes d’approvisionnement en cuivre américaines. La révision de cette politique a ensuite fait disparaître cette prime artificielle, laissant les négociants, les producteurs et les investisseurs sur le flanc. L’impact le plus important de ces tarifs pourrait ne pas être sur les importations de cuivre, mais sur la confiance dans la politique économique elle-même.
L’effondrement des prix du cuivre est une leçon à retenir : les marchés recherchent la prévisibilité. Lorsque les décisions politiques sont davantage motivées par des apparitions publiques que par une planification stratégique, la volatilité devient la norme. Et bien que les réactions à court terme fassent les gros titres, ce sont les signaux d’investissement à long terme qui façonnent véritablement les résultats économiques. Tant que la politique commerciale ne sera pas ancrée dans une stratégie claire et cohérente, les marchés resteront à la merci de chaque annonce.
Sur le même sujet
- Built for backup, contracted to run: China’s coal support system risks crowding out clean
- Le MITI salue l’alliance Proton-Geely pour renforcer l’industrie locale
- « Il y a eu une perte momentanée de distance de sécurité» : un hélicoptère transportant Donald Trump se retrouve trop proche d’un avion de ligne au décollage (lederniereheure.com)