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Le nouveau patron doit économiser encore plus

by Amélie Bernard

Publié le 27 septembre 2025 à 23h17. Le géant équipementier automobile ZF Friedrichshafen est secoué par une série de remaniements et de difficultés financières, révélant un conflit interne profond impliquant le maire de Friedrichshafen, Simon Blümcke, et la fondation Zeppelin, actionnaire majoritaire de l’entreprise.

  • Le remplacement soudain de la direction de ZF lors du salon de l’automobile IAA a suscité la surprise et les critiques dans l’industrie.
  • Les difficultés financières de ZF, aggravées par des erreurs de gestion et des dettes importantes, menacent les dividendes versés à la fondation Zeppelin, qui finance des services publics essentiels à Friedrichshafen.
  • Des suppressions de postes sont prévues, notamment à l’usine de Koblenz, et une restructuration plus profonde, incluant une possible cession de la division Drive, est à l’étude.

La situation chez ZF Friedrichshafen est plus complexe qu’un simple changement de direction. Selon des informations du Handelsblatt, le remaniement au sommet de l’entreprise est le résultat d’un conflit latent lié à la gestion de la dette croissante et à la performance financière décevante de ZF. Au cœur de cette crise se trouve la fondation Zeppelin, dont le maire de Friedrichshafen, Simon Blümcke, est également le chef, et qui dépend fortement des dividendes versés par ZF pour financer ses activités.

La fondation Zeppelin joue un rôle crucial dans la vie de Friedrichshafen, finançant non seulement le musée Zeppelin, mais également l’ensemble des crèches de la ville. Chaque année, plus de 100 millions d’euros (environ 150 millions de dollars américains) sont dépensés par la fondation. La baisse des dividendes de ZF, tombés à 67,3 millions d’euros cette année contre plus de 192 millions d’euros en 2018, met donc en péril ces financements et pourrait entraîner une augmentation des impôts locaux ou une réduction des services publics.

Le maire Blümcke a reconnu la nécessité d’agir et a procédé au remplacement du président du conseil de surveillance, Heinrich Hiesinger, jugé trop lent à réagir face à la dégradation de la situation financière de ZF. L’entreprise a accumulé des dettes importantes suite à des acquisitions coûteuses, notamment celles de TRW et de WABCO, et est confrontée à des taux d’intérêt élevés, atteignant 600 à 700 millions d’euros par an.

Les erreurs de gestion, notamment un contrat de commande de 30 milliards d’euros sous-estimant les coûts de production et l’achat de composants, ont également contribué à aggraver la situation. L’ancien PDG, Stephan von Schuckmann, a été contraint de quitter ses fonctions l’année dernière, et ZF examine la possibilité d’engager des poursuites contre les responsables.

Depuis mars, Rolf Breidenbach, ancien dirigeant de Hella, préside le conseil de surveillance de ZF. Avec Blümcke, il a clairement indiqué à la direction que l’entreprise devait retrouver le chemin de la croissance. Le nouveau PDG, Holger Klein, doit présenter sa stratégie de redressement fin juillet.

Les représentants des employés se sont mobilisés, organisant des manifestations à Friedrichshafen et sur d’autres sites allemands. Le conseil de surveillance a contraint la direction à reconsidérer la stratégie concernant la division E, un secteur clé pour ZF.

Selon le Handelsblatt, Blümcke et Breidenbach ont estimé que les mesures correctives prises jusqu’à présent étaient insuffisantes et que la confiance envers l’ancien PDG, Klein, était érodée. Peter Laier, directeur de la division véhicules commerciaux, était pressenti pour lui succéder, mais son ambition personnelle a été un obstacle.

Le nouveau PDG, Mathias Miedreich, est réputé pour ses compétences en communication et sa capacité à fédérer les équipes. Il a déjà annoncé que les objectifs d’économies seraient encore plus ambitieux qu’initialement prévu.

« Il n’y a pas de scénario dans lequel un chevalier blanc vient monter sur un cheval et nous en sortir. »

Mathias Miedreich, PDG de ZF

Miedreich n’exclut pas une restructuration plus profonde, incluant une possible cession de la division Drive, ce qui a déjà provoqué des inquiétudes parmi les employés. ZF prévoit également de réduire de 450 emplois sur 2100 à l’usine de Koblenz, principalement dans les domaines de la recherche et du développement et de l’administration. Des solutions socialement acceptables ont déjà été trouvées pour la moitié des personnes concernées.

Les syndicats, représentés par l’IG Metall, se montrent ouverts à la discussion, mais s’opposent fermement à toute délocalisation d’emplois vers la Chine ou l’Inde.

Plus d’informations sur les travaux sur le mont Bodensee (en allemand)

Article sur la fermeture soudaine de l’Arena de Friedrichshafen (en allemand)

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