Publié le 27 septembre 2023 19h18. Après des décennies d’attente et de frustrations, l’équipe d’Angleterre de rugby féminin a enfin décroché le titre de championne du monde, battant le Canada 33 à 13 devant un public record à Twickenham.
- L’Angleterre remporte sa première Coupe du monde de rugby féminin depuis 11 ans, mettant fin à une série de six défaites en finale.
- La victoire pourrait servir de catalyseur pour le développement du rugby féminin, à l’image de l’impact de l’équipe de football féminin anglaise, les “Lionesses”.
- Ellie Kildunne et Alex Matthews ont été particulièrement remarquables lors de la finale.
Un parfum de délivrance flottait sur Twickenham ce samedi. L’équipe d’Angleterre, longtemps considérée comme l’une des meilleures nations du rugby féminin, a enfin conquis le titre mondial, dominant le Canada 33 à 13. Cette victoire, la première depuis 2014, efface les démons des huit finales précédentes et offre à la nation hôte un moment de gloire tant attendu.
Le capitaine Zoe Aldcroft a soulevé le trophée sous les acclamations d’une foule record pour un match de rugby féminin, un témoignage de l’engouement croissant pour ce sport.
« Cette équipe est la meilleure au monde depuis huit ans, mais n’a pas réussi à concrétiser. Maintenant, c’est chose faite. »
John Mitchell, entraîneur de l’Angleterre
La performance des Anglaises a été saluée pour sa maîtrise et sa détermination. Bien que les succès sportifs anglais soient souvent confinés aux frontières nationales, cette victoire pourrait bien avoir un impact plus large.
Un élan pour le rugby féminin
Ce triomphe ne se limite pas à une simple victoire sportive. Il pourrait accélérer la croissance du rugby féminin à travers le monde, en s’appuyant sur l’enthousiasme suscité par la récente victoire de l’équipe de football féminin anglaise aux Championnats d’Europe.
Alan Gilpin, le patron du rugby mondial, avait d’ailleurs anticipé cet effet :
« Pour moi, si l’Angleterre réussit, cela deviendra ce moment de “lionne” qui sera un catalyseur non seulement pour le rugby féminin anglais, mais plus largement. »
Alan Gilpin, patron du rugby mondial
La joueuse de l’équipe de football féminin, Chloe Kelly, victorieuse lors des Championnats d’Europe, était d’ailleurs présente à Twickenham pour soutenir les Roses, symbolisant cette transmission de succès entre les deux disciplines.
Elle a partagé son enthousiasme sur Instagram après le match : “Incroyable, inspirant”.
Katy Daly-Mclean, capitaine de l’équipe anglaise victorieuse en 2014, a souligné la qualité de la performance :
« L’Angleterre a gardé le meilleur pour la fin. Intelligente, physique, impitoyable. Tout ce qu’il fallait être. »
Katy Daly-Mclean, ancienne capitaine de l’Angleterre
Le Canada, qui avait impressionné tout au long du tournoi, notamment en dominant la Nouvelle-Zélande en demi-finale, était considéré comme un adversaire redoutable. Cependant, l’Angleterre a su imposer son jeu, notamment grâce à une défense solide et une domination en mêlée.
L’Angleterre a rapidement pris le contrôle du match, notamment grâce à un essai d’Ellie Kildunne, qui a déverrouillé la défense canadienne avec une course spectaculaire. Amy Cokayne et Alex Matthews ont également inscrit des essais, permettant aux Anglaises de prendre l’ascendant.
Malgré une réaction canadienne en seconde période, avec un essai de Hogan-Rochester, l’Angleterre a su maintenir la pression et sceller la victoire grâce à des essais supplémentaires de Matthews et Ward, ainsi qu’à une performance exceptionnelle de Sadia Kabeya, élue joueuse du match.
Le Canada a concédé six pénalités en première mi-temps, contre zéro pour la Nouvelle-Zélande en demi-finale, témoignant de la frustration et de la difficulté à contenir le jeu anglais.
Ce succès marque un tournant pour le rugby féminin en Angleterre et pourrait inspirer une nouvelle génération de joueuses. Des larmes et des applaudissements pour une nation hôte qui a finalement réussi.
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