Publié le 28 septembre 2025 à 12h30. Un roman dystopique prophétique de Stephen King, écrit à l’université et longtemps resté dans l’ombre, est enfin porté à l’écran, explorant les limites de la survie et de la condition humaine.
- Cent adolescents sont contraints de participer à une marche sans fin, sous surveillance militaire et médiatique.
- Le roman, intitulé « La Longue Marche », aborde des thèmes tels que la pauvreté, la compétition extrême et la déshumanisation.
- L’adaptation cinématographique, saluée pour sa fidélité à l’œuvre originale, explore la noirceur et le désespoir qui caractérisent l’univers de King.
Publié en 1979 sous le pseudonyme de Richard Bachman, cinq ans après le succès de « Carrie », « La Longue Marche » est un récit glaçant qui met en scène cent adolescents américains sélectionnés au hasard pour participer à une marche épuisante. Ils doivent maintenir un rythme de 6,5 kilomètres par heure (4 miles par heure) sous le regard implacable de soldats armés et des médias du monde entier. Tout manquement à cette vitesse entraîne un avertissement, et trois avertissements signifient la mort. Le dernier marcheur encore debout remporte un prix de son choix.
Le réalisateur Francis Lawrence, connu pour ses adaptations de la série « Hunger Games », a été immédiatement captivé par le roman de King.
« J’ai lu « La Longue Marche » au moment où j’écrivais « Je suis une légende » et je l’ai adoré. C’est probablement devenu mon livre préféré de Stephen King, et l’un de mes livres préférés, point. »
Francis Lawrence, réalisateur
Il souligne l’importance de rester fidèle à l’esprit pessimiste du livre, reconnaissant que sa transposition à l’écran a été un défi.
Plusieurs réalisateurs, dont George A. Romero et Frank Darabont, avaient tenté d’adapter « La Longue Marche » sans succès. Lawrence a finalement réussi à mener le projet à bien, en veillant à ne pas adoucir la violence et le désespoir qui imprègnent l’œuvre originale.
« Il fallait ressentir le passage des kilomètres et du temps, et ressentir la dégradation, émotionnelle, psychologique et physique. Je n’allais pas diluer cela ou rendre l’étude trop à l’aise. »
Francis Lawrence, réalisateur
Le roman, écrit entre 1966 et 1967 alors que King était étudiant, est considéré comme un précurseur des récits dystopiques mettant en scène des jeux mortels. Des œuvres telles que « Battle Royale », « Les Hunger Games » et « Squid Game » lui doivent beaucoup.
« « La Longue Marche » est le modèle de ce que deviendrait un livre de Stephen King : vous prenez un groupe de personnages, vous les mettez dans une situation et vous voyez ce qu’ils font. »
Michael Blyth, programmateur de cinéma indépendant et écrivain
L’histoire résonne particulièrement à une époque marquée par les inégalités économiques et la précarité. Lawrence estime que le sentiment de nihilisme financier exprimé dans le livre est proche de la réalité vécue par de nombreuses personnes.
L’auteur a publié « La Longue Marche » sous le pseudonyme de Richard Bachman, une identité qu’il a créée pour tester si son succès était dû à son talent ou à sa notoriété. Il a finalement révélé son identité en 1985, après qu’un bibliothécaire ait découvert le lien entre Bachman et Stephen King. Bachman est ainsi « mort » d’un « cancer du pseudonyme », comme l’a déclaré King avec humour. Les livres de Bachman, dont « Rabia » et « Le Fugitif », ont anticipé des thèmes qui deviendraient plus prégnants dans la société américaine, tels que les fusillades dans les lycées et la fascination pour les compétitions télévisées extrêmes.
L’adaptation cinématographique de « La Longue Marche » promet d’explorer les profondeurs de l’âme humaine face à l’adversité, tout en rendant hommage à l’œuvre originale de Stephen King.
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