Publié le 29 septembre 2025 à 16h05. Le projet F-Droid, une plateforme de distribution d’applications Android open source, pourrait disparaître suite à la nouvelle politique de Google exigeant l’enregistrement des développeurs, même pour les installations en dehors du Play Store.
- Google prévoit d’exiger l’enregistrement des développeurs pour toutes les installations d’applications Android, même celles provenant de sources alternatives au Play Store.
- F-Droid estime que cette mesure est incompatible avec son modèle de fonctionnement, axé sur la liberté et la confidentialité des utilisateurs.
- Le projet F-Droid appelle les régulateurs et les utilisateurs à contester cette nouvelle politique.
La nouvelle politique de Google, annoncée le mois dernier, vise à renforcer la sécurité des utilisateurs en luttant contre les logiciels malveillants et les escroqueries. À partir de l’année prochaine, et de manière progressive, seuls les développeurs enregistrés pourront voir leurs applications installées sur les appareils Android certifiés, même si l’installation se fait en dehors du Google Play Store. Google justifie cette mesure en soulignant que les applications provenant de sources non vérifiées sont plus susceptibles de contenir des logiciels malveillants – jusqu’à 50 fois plus, selon ses propres données.
Pour F-Droid, cette exigence est inacceptable. Marc Pud’hommeaux, membre du conseil du projet, explique que F-Droid ne peut pas imposer à ses développeurs de s’enregistrer auprès de Google, tout en refusant de “reprendre” les identifiants d’application, ce qui reviendrait à céder le contrôle exclusif de la distribution de leurs applications.
« Si ce décret d’enregistrement des développeurs devait être mis en œuvre, il mettrait fin au projet F-Droid et à d’autres sources de distribution d’applications gratuites et open source telles que nous les connaissons aujourd’hui. »
Marc Pud’hommeaux, membre du conseil du projet F-Droid
F-Droid se distingue par son engagement envers la confidentialité des utilisateurs, en adoptant une politique de “Aucun compte d’utilisateur, par conception”. Le projet, fondé en 2010 par le développeur de jeux britannique Ciaran Gultnieks, permet aux utilisateurs de rechercher et d’installer des applications dont le code source a été examiné par l’équipe F-Droid, construit à l’aide de son service de construction et signé avec une clé cryptographique sécurisée. Cela garantit l’intégrité des applications distribuées et prévient la falsification. F-Droid avertit également les utilisateurs des applications contenant des éléments potentiellement indésirables, tels que de la publicité intrusive, des vulnérabilités de sécurité, des composants non libres ou des mécanismes de suivi des utilisateurs.
Pud’hommeaux souligne que F-Droid est en réalité plus sûr que le Play Store, car chaque application est open source et son code est accessible à tous pour audit. Il renvoie vers un récent article qui met en évidence la présence de logiciels malveillants dans le Play Store, téléchargés des millions de fois. Il considère que les nouvelles restrictions de Google visent davantage à “consolider le pouvoir et à resserrer le contrôle sur un écosystème autrefois ouvert”.
Le projet F-Droid appelle désormais les régulateurs et les autorités de la concurrence à examiner attentivement les propositions de Google, ainsi que les développeurs et les utilisateurs à faire pression sur les décideurs politiques. Pud’hommeaux insiste sur le droit fondamental des utilisateurs à exécuter le logiciel de leur choix sur leurs propres appareils.
F-droid permet la recherche et l’installation d’applications Android open source
Il est important de rappeler qu’Android, à l’origine, était conçu comme une plateforme open source basée sur Linux, avec un code source accessible via l’Android Open Source Project (AOSP). Cependant, dans les faits, Google exerce un contrôle étroit sur le système d’exploitation, et les services Google Play, sur lesquels de nombreuses applications dépendent, restent fermés. En mars dernier, Google a même modifié le processus de développement d’AOSP, rendant la branche publique en lecture seule et concentrant le développement sur une branche privée, avec une publication périodique du code sous forme de nouvelles versions d’Android. La majorité du code AOSP reste cependant sous licence Apache 2.0, et les contributions externes sont toujours possibles.
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