Publié le 29 septembre 2023 15h38. Le géant américain du jeu vidéo Electronic Arts (EA) va quitter la Bourse, racheté pour 55 milliards de dollars (environ 50,7 milliards d’euros) par un consortium d’investisseurs mené par le fonds souverain saoudien. Cette opération marque une nouvelle étape dans la consolidation du secteur et l’attrait croissant des investissements pour les actifs numériques.
- Electronic Arts, propriétaire de franchises emblématiques comme « Madden NFL » et « Les Sims », deviendra une entreprise privée.
- L’opération, la plus importante du genre jamais réalisée aux États-Unis, est financée par un mélange de dettes et de capitaux propres.
- Le PDG actuel, Andrew Wilson, conservera son poste et le siège social restera en Californie.
L’accord final a été annoncé ce lundi, mettant fin à 36 ans d’existence en tant que société cotée en bourse depuis 1990. Cette acquisition massive est menée par un consortium composé du Fonds d’investissement public (PIF) saoudien, déjà actionnaire à hauteur de 10% d’EA, de la société d’investissement Silver Lake et d’Affini Partners. Le PIF saoudien a ainsi confirmé son intérêt croissant pour le secteur du divertissement numérique.
Les actionnaires actuels d’Electronic Arts recevront 210 dollars américains (environ 194 euros) par action en numéraire, représentant une prime d’environ 25% par rapport au cours de clôture de l’action avant l’annonce des négociations le 25 septembre. Cette offre attractive a visiblement convaincu les investisseurs de céder le contrôle de l’entreprise.
La transaction est structurée comme un « Leveraged Buyout » (LBO), ou rachat par endettement, reposant sur un emprunt colossal de plus de 20 milliards de dollars (environ 18,5 milliards d’euros) orchestré par des banques d’investissement, dont JP Morgan. Le reste du financement, environ 36 milliards de dollars (environ 33,2 milliards d’euros), proviendra des fonds propres des trois investisseurs, incluant la participation existante du fonds saoudien.
Cette structure financière témoigne de la confiance des investisseurs dans la capacité d’Electronic Arts à générer des flux de trésorerie stables grâce à son portefeuille de jeux à succès et à ses services d’abonnement numérique. En sortant de la pression des résultats trimestriels imposés par les marchés financiers, EA pourra se concentrer sur des investissements à long terme et des projets ambitieux, comme la franchise « Battlefield ».
Le passage au statut d’entreprise privée offre à Electronic Arts une plus grande flexibilité stratégique. L’entreprise pourra ainsi allouer davantage de ressources à ses projets clés sans être constamment soumise à l’examen des actionnaires. La stabilité opérationnelle est assurée par le maintien d’Andrew Wilson à la tête de l’entreprise, et le siège social restera implanté en Californie.
Cette acquisition confirme l’importance croissante du secteur du jeu vidéo, considéré comme un pilier de la culture numérique, et son attractivité pour les investissements mondiaux à la recherche de rendements solides et durables.