Le Tokyo Game Show a retrouvé son éclat. Après des années de déclin, l’édition 2024, qui s’est tenue à Makuhari Messe, près de Tokyo, confirme un regain d’attractivité pour l’industrie japonaise du jeu vidéo, attirant un public international et des éditeurs de plus en plus nombreux.
L’ambiance générale contraste fortement avec les éditions des années 2010, où le salon peinait à justifier les coûts de déplacement, même pour les médias spécialisés. En 2018, le Tokyo Game Show semblait avoir perdu de son intérêt, dominé par des jeux mobiles peu attractifs et des stands de marchandises. « À l’époque, on se demandait vraiment si c’était tout ça », se souvient un observateur.
Cette année, le salon a affiché une nouvelle dynamique. Si les traditionnels spectacles scéniques et les présentations parfois vagues des développeurs japonais persistent, l’événement a surtout mis en avant une volonté de contextualiser les jeux et de présenter des systèmes de jeu plus approfondis. Capcom, par exemple, a profité du TGS pour détailler les mécanismes de Pragmata, après avoir gardé le jeu secret un certain temps, afin que les joueurs comprennent d’abord le concept de combat mêlant tir et piratage. De même, les développeurs de Monster Hunter Stories 3 ont insisté sur les nouveautés et les différences par rapport aux précédents opus.
Ce changement de stratégie s’inscrit dans une tendance plus large de l’industrie, où les éditeurs préfèrent désormais organiser leurs propres événements pour maximiser l’impact de leurs annonces. L’époque des grandes conférences à la E3 est révolue, et même Square Enix semble avoir abandonné l’idée de son mythique théâtre Mega Theatre.
Le TGS 2024 a également été marqué par une présence internationale accrue. Les entreprises chinoises et coréennes ont investi massivement dans des stands imposants. Le jeu le plus remarqué du salon est sans doute Ananta, un titre d’action gratuit développé en Chine, qui combine des éléments de GTA, Spider-Man et Genshin Impact. Des éditeurs indépendants de renom, comme Annapurna Interactive et Red Dunes Games, étaient également présents, tout comme des délégations officielles de l’Italie, de l’Allemagne et de la France, venues promouvoir leurs industries respectives.
Un constat a cependant été fait : le Royaume-Uni était absent de cet événement. Une absence regrettable, selon certains, qui témoigne d’une opportunité manquée pour les entreprises britanniques.
Au-delà des présentations de jeux, le TGS 2024 a permis de constater le regain de confiance de l’industrie japonaise. Capcom, Konami et Sega semblent retrouver leur dynamisme, et l’ensemble du secteur affiche une nouvelle vitalité. « On sent que l’industrie japonaise est à nouveau heureuse, confiante et en pleine construction », témoigne un professionnel du secteur.
Cette dynamique contraste avec la situation en Occident, où les récentes vagues de licenciements et les accords commerciaux contestés suscitent des inquiétudes. « En se promenant dans le TGS, on a l’impression que les choses vont bien au Japon, alors que chez nous, l’ambiance est beaucoup plus sombre », confie un éditeur occidental.
Le Tokyo Game Show semble donc avoir retrouvé son rôle de vitrine internationale pour l’industrie du jeu vidéo, et plus particulièrement pour le Japon, qui semble avoir retrouvé son « mojo », comme on dit.
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