La Fédération italienne Banques Assurances et Finance (FeBAF) et Paris Europlace se sont réunies à Rome le 17 juillet pour intensifier le dialogue entre les communautés financières française et italienne. Cette rencontre visait principalement à coordonner des propositions concrètes pour simplifier le cadre réglementaire commun et favoriser une intégration réelle des marchés des capitaux, dans un objectif de croissance et de compétitivité pour l’Union européenne.
Quatre axes prioritaires pour le secteur financier
Les discussions entre les deux délégations se sont articulées autour de quatre thèmes majeurs définis comme prioritaires pour l’agenda économique et financier européen :
- L’Union de l’épargne et de l’investissement : Les évolutions nécessaires pour mobiliser l’épargne européenne vers des investissements productifs.
- L’autonomie stratégique : Les enjeux liés à la gouvernance et à l’économie de l’Union européenne.
- La simplification réglementaire : L’allègement du cadre financier pour soutenir la croissance durable et l’économie réelle, tout en maintenant des normes de stabilité et de protection des investisseurs.
- L’innovation technologique : La gestion des opportunités et des défis posés par la cybersécurité et l’intelligence artificielle.
Appel à l’accélération des institutions européennes
S’appuyant sur les recommandations des rapports de Mario Draghi, Enrico Letta et Noyer, la FeBAF et Paris Europlace ont exhorté les institutions européennes à accélérer la mise en œuvre de l’Union de l’épargne et de l’investissement (SIU).

Les deux organisations ont spécifiquement demandé une application rapide et cohérente de plusieurs cadres réglementaires et initiatives, jugés stratégiques pour la création d’un véritable marché unique :
- Le « Market Integration and Supervision Package » (MISP).
- Le compte d’épargne et d’investissement (SIA).
- Le produit paneuropéen de retraite individuelle (PEPP).
- Les nouvelles réglementations relatives aux titrisations.
Viviana Mitrache-Rimbault, coprésidente du Dialogue pour la délégation française et directrice des affaires publiques du groupe Crédit Agricole S.A., a affirmé qu’un cadre européen commun favoriserait la croissance du secteur financier au bénéfice de l’économie et de la protection des citoyens, marquant ainsi un « tournant pour la compétitivité européenne ».
Une coopération institutionnelle et stratégique
Le dialogue a rassemblé plus de 25 représentants des places financières, incluant des membres de l’ABI et de l’ANIA pour l’Italie. Plusieurs figures institutionnelles ont contribué aux travaux :
- Marie-Anne Barbat-Layani, présidente de l’AMF française, a présenté les avancées de la Savings and Investments Union (SIU).
- Stefano Cappiello, du ministère italien de l’Économie et des Finances (MEF), a souligné l’importance de la coopération bilatérale.
- Salvatore Rossi, président de l’IVASS et ancien directeur général de la Banque d’Italie, a analysé la gouvernance de l’Union et les perspectives du système financier.
Mickaël Bounakhla, attaché financier de l’Ambassade de France en Italie, a rappelé que les deux pays sont des partenaires économiques majeurs avec un commerce annuel dépassant les 120 milliards d’euros. Il a précisé que la France et l’Italie convergent vers la feuille de route de Mario Draghi pour répondre aux transitions numérique et verte.
Perspectives et prochaines étapes
Outre les dossiers de titrisation et la Stratégie d’Investissement de Détail de la Commission européenne (RIS), les discussions ont abordé les projets réglementaires sur l’Open Finance (FiDA) ainsi que les mécanismes d’assurance pour les catastrophes naturelles.

Dario Focarelli, coprésident du Dialogue pour la délégation italienne, a insisté sur la nécessité de renforcer ce dialogue face aux transformations géopolitiques et technologiques mondiales. La prochaine édition de ce dialogue franco-italien est prévue à Paris en 2027.
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