Home MondeQue prendra-t-il? Les édulcorants en Australie pourraient offrir à la dinde pour arracher COP31

Que prendra-t-il? Les édulcorants en Australie pourraient offrir à la dinde pour arracher COP31

by Clara Dubois

Publié le 1er octobre 2025 à 17h45. L’Australie est engagée dans des négociations diplomatiques délicates avec la Turquie pour tenter de sécuriser l’organisation de la COP31, le sommet mondial sur le climat, prévu fin de l’année prochaine. L’issue de ces pourparlers pourrait avoir des conséquences importantes sur la crédibilité climatique de l’Australie et sur les priorités des nations du Pacifique.

  • L’Australie souhaite accueillir la COP31 à Adélaïde, mais la Turquie maintient également sa candidature.
  • Des concessions diplomatiques et financières pourraient être nécessaires pour convaincre la Turquie de se retirer.
  • Les dirigeants du Pacifique soutiennent fermement la candidature australienne et souhaitent que le sommet se tienne dans la région.

Le Premier ministre australien Anthony Albanese a adopté une approche diplomatique à son retour au pays cette semaine, tout en reconnaissant la complexité des négociations en cours.

« Nous avançons simplement », a-t-il déclaré à The Guardian. « Une majorité claire des nations soutient l’offre australienne, mais il est également clair qu’il s’agit d’une situation complexe et nous devons essayer de la résoudre. »

En coulisses, le ministre du Changement climatique et de l’Énergie, Chris Bowen, et les dirigeants du Pacifique se préparent à discuter des « contreparties » potentielles qui pourraient être offertes à la Turquie pour l’encourager à abandonner sa candidature. Ces discussions auront lieu à Sydney plus tard cette semaine.

La Conférence des Parties (COP) est le plus grand rassemblement annuel consacré au changement climatique, réunissant les gouvernements du monde entier pour négocier des réductions d’émissions et des mesures d’adaptation. Si l’Australie réussit, la COP31, qui serait la plus grande réunion diplomatique jamais organisée dans le pays, se tiendrait à Adélaïde à la fin de l’année prochaine.

Le système d’attribution des droits d’organisation de la COP est basé sur des groupes de nations. L’Australie appartient au groupe « Europe occidentale et autres », qui est actuellement au tour d’accueillir le sommet. L’offre australienne bénéficie du soutien de 23 des 28 pays de ce groupe.

En cas d’échec des négociations avec la Turquie, la conférence pourrait se tenir à Bonn, en Allemagne, qui dispose d’une infrastructure existante pour accueillir des réunions climatiques.

Jusqu’à présent, aucune nation n’a officiellement renoncé à sa candidature. Lors de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York le mois dernier, Anthony Albanese n’a pas réussi à obtenir une rencontre avec le président turc Recep Tayyip Erdoğan. Cependant, Chris Bowen a rencontré le ministre turc du Climat, Murat Kurum, ainsi que la Première dame de Turquie, Emine Erdoğan, qui joue un rôle clé dans la stratégie de son pays.

La Turquie a indiqué travailler sur des « solutions innovantes » pour sortir de l’impasse, suggérant que l’Australie et la Turquie pourraient toutes deux tirer profit d’une approche négociée. Cependant, aucun détail n’a été divulgué. Selon certaines sources, Ankara espère obtenir des avantages politiques et économiques en échange de son retrait.

Quelles concessions l’Australie pourrait-elle offrir à la Turquie ? Une option serait de proposer à la Turquie d’organiser une réunion préparatoire à la COP, un événement qui attire des milliers de participants. Lors de la COP26 à Glasgow en 2021, l’Italie, qui coorganisait le sommet avec le Royaume-Uni, a accueilli le Sommet des jeunes et du climat.

Cependant, il est probable que la Turquie aspire à accueillir l’événement principal, une perspective que l’Australie serait réticente à abandonner. L’Australie pourrait également envisager des concessions diplomatiques, telles que le soutien à la candidature de la Turquie à d’autres postes au sein des Nations Unies, ou un financement accru pour l’aide au développement.

Un précédent existe : lors des négociations pour l’organisation de la COP26 en 2021, le Royaume-Uni a offert un ensemble d’incitations à la Turquie, notamment l’organisation d’une conférence d’investissement turque à Londres et le soutien aux candidats turcs à divers postes internationaux. Des responsables britanniques ont alors confirmé ces offres.

Les dirigeants du Pacifique ont récemment écrit à la Turquie pour l’exhorter à « ouvrir la voie » à la candidature australienne-pacifique. Ils souhaitent que le sommet se tienne dans leur région afin de promouvoir leurs priorités et d’attirer des financements internationaux pour leurs transitions vers une énergie propre.

L’organisation de la COP31 permettrait à l’Australie de se positionner comme un leader mondial en matière de lutte contre le changement climatique et de négocier des engagements favorables à ses intérêts, notamment en matière de coopération internationale autour du développement d’une industrie du « fer vert » durable. Cela pourrait également attirer des investissements étrangers dans la transition énergétique australienne.

Cependant, la réputation de l’Australie est également en jeu. En tant que l’un des plus grands exportateurs de combustibles fossiles au monde, et en continuant d’approuver de nouveaux projets émetteurs, tels que le projet gazier North West Shelf en Australie-Occidentale, l’Australie devra convaincre la communauté internationale de son engagement envers une transition énergétique ambitieuse.

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