Publié le 26 mai 2024 14:32:00. Une nouvelle étude révèle que le degré de transformation des aliments pourrait être un facteur déterminant dans la perte de poids, plus important que le simple comptage des calories ou des macronutriments. Des participants suivant un régime à faible transformation ont perdu près du double de poids par rapport à ceux consommant des aliments ultra-transformés, même avec des directives nutritionnelles similaires.
- Les personnes suivant un régime basé sur des aliments peu transformés ont perdu en moyenne 2,06 % de leur poids initial sur une période de huit semaines.
- Ceux suivant un régime ultra-transformé ont perdu en moyenne 1,05 % de leur poids initial durant la même période.
- L’étude a également révélé des améliorations plus importantes de la composition corporelle et des marqueurs sanguins chez les participants consommant des aliments peu transformés.
Des chercheurs de l’University College London (UCL) ont mené une étude rigoureuse comparant les effets de deux régimes alimentaires sur un groupe de 55 adultes en surpoids ou obèses. L’objectif était de déterminer si le niveau de transformation des aliments avait un impact significatif sur la perte de poids et la santé métabolique, indépendamment du respect des recommandations nutritionnelles générales.
L’essai contrôlé randomisé a réparti les participants en deux groupes. Le premier a suivi un régime composé principalement d’aliments peu transformés – yaourts nature, flocons d’avoine, œufs, légumes frais, viandes non transformées – tandis que le second a consommé des aliments ultra-transformés, caractérisés par l’ajout de substances artificielles, d’émulsifiants, de colorants et d’édulcorants non utilisés dans la cuisine domestique. Les participants pouvaient manger à leur guise, sans restriction calorique.
Les résultats ont démontré une différence notable en faveur du régime à faible transformation. Les participants de ce groupe ont perdu en moyenne 2,06 % de leur poids initial après huit semaines, contre 1,05 % pour ceux qui ont consommé des aliments ultra-transformés. Cette différence de 1,01 point de pourcentage s’est avérée statistiquement significative.
« Les résultats indiquent une perte de poids plus importante avec un régime à faible transformation qu’avec un régime ultra-transformé, et suggèrent la nécessité de conseils alimentaires axés sur le degré de transformation des aliments, en complément des recommandations nutritionnelles existantes. »
Samuel J. Dicken, Centre pour la recherche sur l’obésité de l’UCL
Au-delà de la perte de poids, l’étude a révélé des améliorations plus importantes de la composition corporelle chez les participants suivant le régime à faible transformation, avec une réduction plus marquée de la masse grasse. Les niveaux de triglycérides ont également diminué de manière plus significative dans ce groupe, et les participants ont rapporté un meilleur contrôle de leurs envies alimentaires.
Les chercheurs soulignent que ces résultats s’inscrivent dans la continuité d’études antérieures qui ont montré que les aliments ultra-transformés peuvent entraîner une surconsommation calorique, même lorsque leur teneur en nutriments est similaire à celle des aliments non transformés. La texture, la densité énergétique et la vitesse de consommation pourraient jouer un rôle dans ce phénomène.
L’étude a également pris en compte le Guide Eatwell du Royaume-Uni, qui établit des recommandations pour une alimentation équilibrée en termes de fruits, de légumes, de fibres et de graisses. Le fait que les deux régimes aient respecté ces directives souligne l’importance du degré de transformation des aliments, même lorsque les objectifs nutritionnels sont atteints.
Les auteurs de l’étude reconnaissent certaines limites, notamment le fait que l’échantillon était composé principalement de femmes et que la durée de l’étude était limitée à huit semaines. Ils soulignent également que la nourriture a été fournie aux participants, ce qui pourrait ne pas refléter les habitudes alimentaires de la population générale. Néanmoins, ils estiment que les résultats sont suffisamment encourageants pour inciter à une réflexion sur l’importance de privilégier les aliments peu transformés dans le cadre d’une alimentation saine.
Les résultats de cette recherche, publiés dans la revue Nature Medicine, confirment les liens observés dans de vastes études épidémiologiques entre une consommation élevée d’aliments ultra-transformés et un risque accru de problèmes de santé à long terme. Une étude française a notamment montré qu’une augmentation de 10 % de la consommation d’aliments ultra-transformés était associée à une augmentation de 14 % du risque de mortalité toutes causes.
En conclusion, cette étude renforce l’idée que le choix d’aliments moins transformés pourrait être un levier efficace pour la gestion du poids et la préservation de la santé à long terme. Privilégier les aliments proches de leur état naturel, riches en protéines et en fibres, et lire attentivement les étiquettes pour éviter les additifs et les ingrédients artificiels pourrait être une stratégie simple et efficace pour améliorer son alimentation.
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