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Les écarts de crédit d’entreprise continuent de s’améliorer

by Amélie Bernard

Les investisseurs particuliers et même certains conseillers financiers manquent cruellement d’informations sur le marché des obligations d’entreprises, un secteur dominé par les grandes institutions et pourtant crucial pour diversifier un portefeuille. Malgré un intérêt croissant pour le crédit d’entreprise, l’accès à une analyse de qualité reste limité.

Traditionnellement, le marché obligataire des sociétés a été le terrain de jeu des géants de la gestion d’actifs comme Goldman Sachs et Morgan Stanley. Cependant, ces dernières semaines, on observe une amélioration notable des rendements, notamment grâce à l’intervention des banques centrales et à une perception du risque plus favorable.

L’analyse de la « valeur relative » des obligations d’entreprises est devenue un outil précieux pour évaluer la santé financière des sociétés, au-delà de la simple possibilité d’acheter des titres individuels pour les clients. Il s’agit surtout d’affiner sa compréhension du risque de crédit et d’enrichir les discussions avec les investisseurs.

Des ressources comme la Fed de Saint-Louis (FRED) et la plateforme ICE Data Services (Intercontinental Exchange) se sont développées pour fournir des données sur les écarts de taux et les obligations d’entreprises, structurées et municipales. ICE, en particulier, s’engage à enrichir son offre avec des analyses plus approfondies.

Les notations de crédit de S&P Global constituent également une source d’information essentielle. Leur étude de début juin 2020 met en évidence les tendances en matière de défauts d’entreprises.

Depuis fin mars, une analyse hebdomadaire des rendements des différents fonds d’obligations d’entreprises suivis pour les clients révèle une amélioration spectaculaire. Les fonds d’opportunités de revenu stratégique de BlackRock, gérés par Rick Rieder, directeur des investissements à revenu fixe de BlackRock, ont notamment enregistré des performances positives malgré les défis posés par la crise du Covid-19.

Une lettre d’analyse publiée le 19 juin 2020 soulignait l’amélioration des écarts de crédit, en les replaçant dans un contexte historique. L’étude des variations à 50 jours de ces écarts montre qu’il est crucial de ne pas attendre l’amélioration des données économiques pour saisir les opportunités offertes par le marché obligataire.

En conclusion, bien que le taux de défaut des obligations d’entreprises pour 2020 ne soit connu qu’a posteriori, les signaux actuels suggèrent qu’il ne faut pas tarder à investir. L’utilisation de fonds obligataires, même pour la dette à haut rendement, peut être une stratégie judicieuse, car les gestionnaires de fonds disposent d’une expertise pour gérer les clauses restrictives des prêts et les risques de dégradation de la notation.

Jay Powell, président de la Réserve fédérale américaine, a indiqué que les taux d’intérêt devraient rester bas jusqu’en 2022. Cependant, l’évolution de la situation dépendra en grande partie de l’issue de l’élection présidentielle américaine de 2020 et de la composition du Congrès.

Les perspectives à court terme (3 à 6 mois) pour le risque de crédit d’entreprise et les obligations municipales à haut rendement restent favorables, mais une surveillance attentive sera nécessaire à l’approche de l’élection présidentielle.

En ce qui concerne les bons du Trésor, l’opportunité d’investissement semble limitée, compte tenu des rendements négatifs ajustés à l’inflation. Leur corrélation négative avec les actions peut néanmoins offrir une protection en période de correction boursière.

Il est important de prendre en compte ces opinions avec prudence et de les évaluer à l’aune de sa propre situation financière.

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