Le Gabon a levé 920 millions de dollars (environ 524 à 540 milliards de FCFA) le 30 juillet 2026 via une émission d’Eurobonds. Ce retour sur les marchés internationaux, marqué par un coupon de 9,375 %, vise à financer des investissements publics et à apurer des arriérés de l’État conformément à la loi de finances rectificative pour 2026.
C’est un retour attendu et largement sursouscrit. Le ministère de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations a annoncé avoir finalisé l’émission d’obligations internationales pour un montant final de 920 millions de dollars. L’opération a suscité un intérêt bien supérieur aux attentes initiales : alors que le Gabon visait initialement 750 millions de dollars, les ordres des investisseurs ont dépassé le milliard de dollars.
Conditions financières et échéance 2033
Le montage financier de cet emprunt repose sur des conditions précises. Les Eurobonds portent un coupon de 9,375 % avec une maturité finale fixée à sept ans, soit une échéance en 2033. Pour alléger la charge immédiate, le gouvernement a négocié un différé d’amortissement de trois ans.
Ce succès financier intervient malgré un contexte de notation complexe. Pourtant, les autorités attribuent cette réussite à des négociations soutenues
menées par le ministre chargé de l’Économie et des Finances auprès d’investisseurs institutionnels mondiaux de premier plan.
L’affectation des fonds et le PNCD 2026-2030
L’argent mobilisé n’est pas destiné au simple refinancement de dettes existantes. Le gouvernement a défini une stratégie claire d’utilisation des ressources.
“le produit net de cette émission sera affecté au financement des projets d’investissement de l’État ainsi qu’au remboursement d’arriérés, conformément à la stratégie définie dans la loi de finances rectificative pour 2026”
Ministère de l’Économie et des Finances, via L’Union Sonapresse
Cette opération s’inscrit dans une vision plus large : le Plan National de Croissance et de Développement PNCD 2026-2030. Selon le gouvernement, la forte demande des marchés traduit la confiance des investisseurs dans la trajectoire de réformes engagée pour transformer l’économie et améliorer les conditions de vie des populations.
Comparaison avec le Cameroun et le Congo (CEMAC)
Le Gabon n’est pas le seul État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) à solliciter les marchés internationaux cette année. L’opération gabonaise se distingue par son coût et sa finalité par rapport à ses voisins.

| Pays | Montant levé | Coupon initial | Maturité | Objectif principal |
|---|---|---|---|---|
| Gabon | 920 millions USD | 9,375 % | 7 ans (2033) | Investissements et arriérés |
| Cameroun | 750 millions USD | 10,125 % | 7 ans | Apurement des restes à payer |
| Congo | 850 millions USD | 9,5 % | 11 ans | Refinancement d’eurobond 2032 |
L’analyse de Sika Finance souligne que le Gabon a obtenu un coût de financement initial inférieur à celui du Congo et du Cameroun. De plus, le différé d’amortissement gabonais est de trois ans, contre deux ans pour le Cameroun. Un point technique notable : le Cameroun a réussi à ramener son coût effectif à 7,79 % grâce à un swap de devises après son émission de janvier.
Le calendrier avec le Fonds Monétaire International
Ce retour sur les marchés financiers ne constitue pas une action isolée, mais une étape d’un calendrier économique plus vaste. Le gouvernement lie cette dynamique aux discussions techniques en cours avec le Fonds Monétaire International (FMI).

Une mission de revue du FMI est attendue à Libreville courant septembre 2026. L’objectif affiché par les autorités est de conclure un programme économique et financier complet avant la fin de l’année 2026 pour consolider la stratégie de financement de l’État.
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