Publié le 2024-02-29 14:35:00. En matière de prêts immobiliers collectifs, la responsabilité ne repose pas uniquement sur les propriétaires individuels, mais également, et parfois principalement, sur la communauté des propriétaires. Comprendre les implications de ce cadre juridique est crucial pour les copropriétaires.
- La communauté des propriétaires agit comme le partenaire contractuel de l’établissement de crédit, et non les propriétaires individuels.
- L’établissement de crédit a accès aux fonds de la communauté, notamment les créances sur les copropriétaires, les provisions pour travaux et la réserve de conservation.
- Chaque copropriétaire est responsable à hauteur de sa quote-part dans la copropriété.
Lors de la conclusion d’un prêt concernant un immeuble en copropriété, c’est l’ensemble de la communauté des propriétaires qui se trouve face à l’établissement prêteur, et non chaque copropriétaire pris individuellement. Cette particularité a des conséquences importantes en termes de responsabilités et de recouvrement des sommes dues.
En effet, l’association syndicale de copropriétaires (ASC), en tant que partenaire contractuel de l’établissement de crédit, est la première sollicitée en cas de litige ou de difficultés de remboursement. Cela signifie que l’établissement de crédit se retournera en priorité vers les fonds de la copropriété pour se faire rembourser.
Concrètement, l’établissement de crédit peut puiser dans différents actifs de la communauté : les créances que l’ASC détient sur les copropriétaires pour les charges de copropriété impayées (les charges de copropriété), les sommes versées au titre de prélèvements spéciaux, et bien sûr, la réserve de conservation, destinée à financer les travaux importants sur l’immeuble.
Toutefois, la responsabilité des copropriétaires individuels n’est pas totalement absente. L’article 9A (4) alinéa 1 du Code de la copropriété prévoit qu’ils sont également directement responsables envers l’établissement de crédit. Cette responsabilité est cependant limitée au montant de leur quote-part dans la copropriété.
Exemple concret
Si la communauté ne peut pas rembourser un prêt de 10 000 EUR, et qu’un copropriétaire détient une quote-part de 80/1 000, l’établissement de crédit pourra se retourner directement contre lui pour une somme de 800 EUR.
Il est important de noter que tous les copropriétaires ne souhaitent pas s’engager dans des emprunts à long terme. Certains, disposant de solides finances personnelles, préfèrent ne pas participer à l’emprunt. La question de savoir s’ils peuvent être contraints de supporter une proportion de l’emprunt reste complexe et dépend des statuts de la copropriété et des accords pris lors de l’assemblée générale.
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