Publié le 4 octobre 2024 17:06:00. Un Canadien, Courtney Hollihan de l’Alberta, a décroché une médaille de bronze lors des récents championnats du monde de Mas-Wrestling, un sport de force ancestral pratiqué notamment en Russie et en Mongolie.
- Cinq Canadiens ont participé aux championnats du monde de Mas-Wrestling en Mongolie.
- Courtney Hollihan a remporté une médaille de bronze dans la catégorie des moins de 55 kg.
- Le Mas-Wrestling, bien que peu connu au Canada, gagne en popularité, notamment à Calgary et Edmonton.
Bien que son nom ne vous dise probablement rien, le Mas-Wrestling commence à faire parler de lui. Cinq athlètes canadiens ont récemment représenté le pays aux championnats du monde de cette discipline, qui se sont déroulés du 30 juillet au 3 août à Arkhangai Aimag, en Mongolie. Parmi eux, Courtney Hollihan, originaire de l’Alberta, est revenue avec une médaille de bronze, lors de sa deuxième participation à cette compétition internationale.
Outre Hollihan (catégorie des moins de 55 kg), l’équipe canadienne était composée de Mark Barley (moins de 80 kg), Liam Innis (moins de 90 kg), Andrew Bolinger (moins de 125 kg) et Jeff Martins (plus de 125 kg). Justin Lindquist (100 kg) a malheureusement dû se retirer à la dernière minute en raison d’une maladie.
« Je pense que notre équipe a très bien performé », a déclaré Hollihan. Elle souligne qu’il existe des « poches » d’intérêt pour ce sport au Canada, notamment dans une salle de sport de Calgary où le Mas-Wrestling est pratiqué et même présenté lors d’événements comme le Calgary Stampede. Cependant, le nombre de participants reste limité à l’échelle nationale.
« Une belle communauté s’est formée ici à Calgary. Nous nous entraînons beaucoup ensemble et nous nous amusons énormément. Nous avons également des amis internationaux et le privilège de voyager dans des pays intéressants, souvent grâce à des commanditaires. C’est formidable de voir des personnes d’horizons différents unies par le sport. »
Courtney Hollihan, athlète canadienne de Mas-Wrestling
Hollihan précise que la pratique du Mas-Wrestling s’étend également à d’autres régions de l’Alberta, avec un centre important à Edmonton et quelques pratiquants dans les petites villes. Plusieurs athlètes de la Colombie-Britannique participent également à des compétitions.
Sur la scène internationale, les Canadiens se mesurent à des concurrents de Russie et d’autres pays d’Europe de l’Est, où le Mas-Wrestling est bien plus populaire, voire considéré comme un sport national, enseigné dans les écoles dès le plus jeune âge. « Nous nous débrouillons très bien », insiste Hollihan, reconnaissant l’apport de son entraîneur, Andrew Bolinger, qui apporte constamment des améliorations techniques à ses athlètes. « Il a aidé tout le monde. »
Mais qu’est-ce que le Mas-Wrestling ? Ce sport, aux racines anciennes, trouve son origine en Russie. Le terme « Mas-Wrestling » est la désignation internationale de l’ethnosport yakoute dérivé du jeu traditionnel du bâton de la République Sakha.
Hollihan nuance cependant l’histoire du sport, soulignant que des compétitions similaires se sont développées indépendamment dans diverses cultures. Le Mas-Wrestling rappelle ainsi la traction sur bâton esquimaude présentée aux Jeux olympiques indiens d’Esquimau, le Kjevletrekk norvégien, le Kartunveto ou Väkikapulan Veto finlandais, datant probablement de l’époque viking, ainsi que les épreuves de force des Highlands écossais.
Pour les Inuits, ce sport imitait la force et les compétences nécessaires pour tirer les phoques de la glace, tandis que pour les Vikings, il reproduisait le mouvement de la rame sur leurs grands navires. Une version du jeu sans la planche de séparation – la « traction sur bâton » – est pratiquée lors des jeux d’hiver en Arctique.
Lors d’une compétition de Mas-Wrestling, les participants sont assis face à face, les pieds appuyés contre une planche qui divise l’aire de jeu, et tirent sur un bâton en bois – le « mas » – en veillant à le maintenir parallèle à la planche. L’objectif est de tirer le bâton de l’adversaire ou de le faire basculer au-delà de la planche, un peu comme une épreuve de tir à la corde individuelle.
Bien que le Mas-Wrestling soit indéniablement un sport de force – un aspect qui a attiré Hollihan –, la force seule ne suffit pas à la victoire. « C’est un sport facile à apprendre, mais très difficile à maîtriser », explique-t-elle. « Il ne s’agit pas seulement de puissance. Il y a beaucoup de stratégie et de technique impliquées. » La pratique exige une force musculaire importante des mains, des jambes, du dos et des abdominaux.
Le prochain grand rendez-vous pour les meilleurs athlètes canadiens de Mas-Wrestling seront les Jeux mondiaux nomades, qui se tiendront en septembre 2026 au Kirghizistan. Plus d’informations sont disponibles sur worldnomadgames.com.
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