Publié le 5 octobre 2023 02:29:00. La paralysie politique à Washington pèse sur l’économie américaine, affaiblissant le dollar et semant l’incertitude quant à la politique monétaire de la Réserve fédérale, alors que la fermeture du gouvernement s’éternise.
- L’indice du dollar américain (DXY) a reculé de 0,5% cette semaine, sous pression des inquiétudes concernant la croissance économique.
- La fermeture du gouvernement américain pourrait réduire le produit intérieur brut (PIB) du pays de 0,1% par semaine.
- Les données économiques clés, dont le rapport mensuel sur l’emploi, sont retardées, compliquant la prise de décision de la Réserve fédérale.
La fermeture partielle de l’administration américaine, due à l’incapacité du Congrès à adopter un budget, continue de peser sur les marchés financiers et l’activité économique. L’indice du dollar américain (DXY), qui mesure la valeur du dollar par rapport à un panier d’autres devises majeures, a subi une baisse cette semaine, atteignant 97,7, ce qui représente un recul de 0,5%. Cette faiblesse est attribuée aux signes d’un ralentissement de la croissance économique et à un marché du travail qui montre des signes de fragilité.
La fermeture empêche la publication de données économiques cruciales, notamment le rapport mensuel sur l’emploi du Bureau of Labor Statistics (BLS). Les marchés se tournent donc vers des indicateurs privés, qui sont généralement moins fiables. L’activité dans le secteur des services, mesurée par l’indice ISM, est restée stable de manière inattendue, tandis que les indicateurs du marché du travail montrent une contraction. L’entreprise ADP a enregistré une baisse des créations d’emplois, le nombre d’offres d’emploi a diminué et le rythme des embauches a ralenti, selon les données de Challenger.
Ces tendances renforcent les anticipations d’un ralentissement économique plus marqué, ce qui a incité le Comité fédéral de marché ouvert (FOMC) de la Réserve fédérale à mettre en pause son cycle de hausse des taux d’intérêt le mois dernier. Malgré une inflation persistante, les marchés anticipent désormais deux baisses de taux supplémentaires d’ici la fin de l’année.
La situation politique à Washington reste bloquée, sans signe d’accord imminent entre les démocrates et les républicains. La fermeture du gouvernement, qui a débuté le 1er octobre, pourrait avoir un impact significatif sur l’économie américaine. Selon les estimations, chaque semaine de fermeture réduit le PIB du pays d’environ 0,1%.
Outre l’impact direct sur l’activité gouvernementale, la fermeture retarde également la publication de données économiques importantes, telles que la balance commerciale, les demandes d’allocations chômage et les rapports budgétaires. Cela complique la tâche de la Réserve fédérale, qui doit prendre des décisions de politique monétaire en l’absence d’informations complètes et à jour.
JP Morgan a souligné que la suspension des activités des agences fédérales, y compris le Bureau of Labor Statistics, retarde la publication des données économiques officielles, y compris le rapport sur l’emploi américain et le rapport sur l’indice des prix à la consommation (IPC).
Selon Michael Feroli, économiste en chef américain chez JP Morgan :
« Tant que la fermeture du gouvernement continue, nous opérerons un peu aveugles. Mais nous pensons que dans cet environnement économique actuel, il est toujours logique pour la Fed de couper en octobre. »
Cependant, les perspectives à plus long terme sont plus incertaines, en particulier en l’absence de données économiques clés. Jay Barry, responsable de la stratégie des taux mondiaux chez JP Morgan, a ajouté :
« Il sera difficile de discerner ce que cela signifie pour la direction de la politique de la Fed. Si la fermeture est plus longue, elle pourrait brouiller les eaux sur la façon dont les marchés évaluent la probabilité de toute baisse de taux en décembre. »
Parallèlement aux États-Unis, la Banque centrale européenne (BCE) publiera le compte rendu de sa dernière réunion et la Banque de réserve de Nouvelle-Zélande (RBNZ) fixera son taux directeur. En Europe, les données clés incluent la production industrielle de l’Allemagne et de l’Italie, ainsi que les ventes au détail de la zone euro. L’inflation sera également surveillée au Brésil, au Mexique, en Russie et dans les principaux pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE).