Bruxelles, le 5 octobre 2025. La Commission européenne est sur le point d’adopter une réglementation controversée qui pourrait interdire l’utilisation de termes traditionnellement associés à la viande, comme « steak » ou « saucisse », pour les produits alimentaires d’origine végétale, suscitant l’inquiétude des associations de consommateurs et des acteurs du secteur.
- La Commission européenne propose d’interdire 29 termes liés à la viande sur les emballages des produits végétaux.
- Cette mesure pourrait s’étendre à des appellations comme « hamburger » et « saucisse » si un amendement parlementaire est adopté.
- L’Association Stéphane Lamart dénonce une initiative qui freinerait la transition vers une alimentation plus durable et demande son retrait.
La proposition de règlement, qui doit être soumise au vote début octobre, redéfinit la « viande » comme les « parties comestibles d’un animal ». Selon cette nouvelle définition, les alternatives végétales ne pourraient plus utiliser de termes familiers aux consommateurs, même si l’étiquetage indique clairement leur origine végétale. Cette initiative suscite une vive opposition, notamment de la part de l’Association Stéphane Lamart, qui la juge préjudiciable à l’innovation et à la transparence pour le consommateur.
L’objectif affiché par la Commission européenne est de « renforcer la transparence pour le consommateur » et de « préserver la valeur culturelle et historique des terminologies liées à la viande ». Cependant, les détracteurs de cette mesure estiment qu’elle est injustifiée et qu’elle risque de créer davantage de confusion qu’elle n’en résout. Selon de nombreux sondages, dont celui réalisé par l’Organisation européenne des consommateurs (BEUC), 80 % des Européens n’ont aucune objection à l’utilisation de termes alimentaires connus pour des produits végétaux, à condition que l’étiquetage soit clair.
Au-delà de l’interdiction des termes liés à la viande, des discussions sont également en cours concernant d’éventuelles restrictions sur les alternatives au poisson et un durcissement de la réglementation concernant les appellations déjà interdites pour les alternatives aux produits laitiers, comme « lait » ou « yaourt ». Cette approche plus large inquiète les acteurs du secteur, qui craignent un frein à l’innovation et au développement de produits plus durables.
L’Europe est aujourd’hui un leader sur le marché mondial des alternatives végétales à la viande, un secteur en plein essor évalué à 2,7 milliards d’euros en 2024. Ce marché crée des opportunités pour les agriculteurs, qui produisent les matières premières, et offre un plus grand choix aux consommateurs. La mise en œuvre de cette réglementation entraînerait des coûts de rebranding importants pour les entreprises et ralentirait l’adoption de ces produits.
Cette initiative intervient alors que le Parlement européen avait déjà rejeté, en 2020, des propositions similaires, estimant qu’il n’existait pas de risque de confusion pour le consommateur et que la réglementation en vigueur était suffisante. De plus, un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne a confirmé que la législation actuelle protège déjà suffisamment les consommateurs.
L’Association Stéphane Lamart appelle les institutions européennes à retirer immédiatement cette proposition et à stopper toute nouvelle restriction concernant les alternatives d’origine végétale, afin de ne pas compromettre les avancées nécessaires à la transition alimentaire et de préserver la place de l’Europe dans ce domaine en pleine évolution.
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