Publié le 6 octobre 2025. Suite au séisme de magnitude 6,9 qui a frappé Cebu fin septembre, les autorités philippines enquêtent sur l’apparition de gouffres et d’affaissements de terrain, particulièrement préoccupants dans les zones karstiques de la province.
- Le Bureau des mines et des géosciences (MGB) a déployé une équipe de huit géologues pour évaluer les risques post-séisme.
- Des restrictions d’accès et des avertissements publics ont été émis dans plusieurs barangays classés à haut risque de subsidence.
- Les experts mettent en garde contre le remblayage non autorisé des gouffres et recommandent une surveillance étroite des fissures dans le sol.
Une équipe technique du Département de l’environnement et des ressources naturelles (DENR), via son Bureau des mines et des géosciences (MGB), est sur le terrain à Cebu pour analyser les conséquences du tremblement de terre du 30 septembre. L’objectif est de cartographier les zones les plus vulnérables et de fournir des recommandations aux autorités locales.
Selon Michael Cabalda, directeur adjoint du MGB, l’étude en cours comprend une analyse approfondie des sols et des données géologiques.
« Cette étude nous permettra de localiser des zones susceptibles d’inondation, de glissements de terrain induits par la pluie et des zones à forte potentiel de subsidence au sol et de fournir des recommandations techniques aux LGU pour le zonage approprié, la réglementation des bâtiments et la préparation aux urgences. »
Michael Cabalda, directeur adjoint du DENR-MGB
Le séisme a révélé la fragilité des formations karstiques, des paysages typiques où la dissolution de roches calcaires, de marbre ou de gypse par l’eau crée des grottes, des gouffres et des rivières souterraines. Des phénomènes similaires peuvent également se produire dans des terrains volcaniques ou sédimentaires, appelés pseudokarst, en raison de l’érosion des roches faibles ou fissurées.
Les gouffres se forment lorsque le sol s’effondre en raison d’un manque de support en dessous, tandis que la subsidence karstique se manifeste par un affaissement progressif du sol, souvent déclenché par l’effondrement d’un gouffre ou un tremblement de terre. Le MGB souligne la difficulté de prédire avec précision l’apparition de ces phénomènes, ce qui les rend particulièrement dangereux.
L’évaluation se concentre particulièrement sur les terrains karstiques de Cebu, naturellement sujets à la formation de cavités souterraines, d’autant plus après un fort séisme. Des investigations préliminaires ont déjà été menées à Barangay Cogon, dans la ville de Bogo, où plusieurs zones à risque ont été identifiées. Les conclusions initiales ont été présentées lors d’une réunion au Camp Aguinaldo.
Les géologues du MGB collaborent étroitement avec le Conseil national de gestion des catastrophes (NIACC), le Département des colonies humaines et du développement urbain (DHSUD) et le Bureau de la défense civile (TOC). Le 5 octobre, le MGB a publié un « avis de menace de subsidence » à l’attention des maires de Medellin, San Remigio, Tabogon, Daanbantayan et Bogo City, confirmant la présence de nouveaux trous et l’élargissement de fissures dans le sol.
Les barangays concernés ont été classés comme zones à haut risque de subsidence, et les autorités locales ont été invitées à appliquer immédiatement des restrictions d’accès, à installer des cordons de sécurité et à informer le public. Le MGB met en garde contre le remblayage des gouffres sans l’avis d’experts, afin d’éviter un effondrement, et recommande une surveillance attentive des fissures dans le sol, en particulier après de fortes pluies.
Il est également conseillé de suspendre les projets de construction dans les zones à risque et de réaliser des études géotechniques détaillées pour cartographier les systèmes de grottes souterraines. Les autorités locales sont encouragées à prendre des mesures de préparation, car l’évolution des gouffres peut s’accélérer avec l’augmentation des précipitations, la baisse du niveau de la nappe phréatique ou de nouveaux tremblements de terre.
(PNA)