L’Ozempic et les traitements similaires à base de GLP-1 échouent à faire perdre du poids chez 10 à 15 % des patients, selon des données publiées dans une étude. Les chercheurs examinent désormais l’influence du sexe biologique, de la ménopause et de la génétique pour expliquer cette hétérogénéité d’efficacité.
Les traitements injectables comme l’Ozempic, le Wegovy ou le Mounjaro sont largement popularisés pour leurs résultats dans la perte de poids. À l’origine prescrits aux patients diabétiques ou obèses, ces médicaments contiennent une molécule qui imite les effets du GLP-1, une hormone intestinale qui stimule la sécrétion d’insuline et régule l’appétit. Au Maroc, où le produit a été lancé en 2025 au prix d’environ 1.000 dirhams la dose mensuelle sans remboursement par la CNOPS, l’AMO ou la CNSS selon les observations de La Quotidienne, l’usage esthétique du sémaglutide se développe en marge des indications pour le diabète de type 2.
Le mystère des non-répondeurs face aux molécules GLP-1
Malgré le succès de ces thérapies, une frange significative des patients ne constate aucun effet amaigrissant notable. Une étude parue dans la revue Nature met en lumière un taux de 10 à 15 % de patients dits non-répondeurs.
Face à cette variabilité, la Société d’endocrinologie, basée à Washington, a déclaré le 9 septembre que la recherche sur ces traitements constituait un axe prioritaire, soulignant dans son communiqué les bienfaits globaux de la prise en charge de l’obésité tout en rappelant les zones d’ombre sur la sécurité à long terme.
L’influence des hormones, de la ménopause et de la génétique
Pour percer le secret de ces disparités, les équipes scientifiques analysent plusieurs pistes physiologiques. Les essais cliniques confirment que les femmes affichent généralement une perte de poids supérieure à celle des hommes sous GLP-1. Une étude publiée en 2024 a notamment démontré que les femmes ménopausées sous traitement hormonal de substitution éliminaient davantage de kilos sous sémaglutide que celles n’en bénéficiant pas, d’après les informations de Courrier international.
Le profil génétique pèse également dans la balance. L’analyse détaillée parue dans Nature montre que les personnes porteuses d’une copie d’un variant particulier du gène codant le récepteur de GLP-1 ont perdu 0,76 kilo de plus que ceux dépourvus de copie de ce variant
. Pour les individus porteurs des deux copies, cet écart atteint environ 1,5 kilo en moins sur la balance
. De surcroît, des travaux relayés par ScienceAlert en avril ont souligné le rôle d’une enzyme nommée PAM, dont les mutations génétiques touchent environ une personne sur dix et pourraient perturber l’activation hormonale.
Les dérives d’un usage esthétique et la réalité de l’arrêt des traitements
Sur le plan pratique, l’utilisation de ces antidiabétiques hors prescription médicale stricte suscite des inquiétudes croissantes chez les professionnels de santé. Le Dr Tayeb Hamdi rappelle que l’Ozempic est indiqué dans le diabète de type 2
et met en garde contre les circuits parallèles d’approvisionnement et les risques de contrefaçons liés à une demande portée par la recherche rapide de minceur. Par ailleurs, la question de l’après-traitement reste centrale : une étude parue en 2022 dans Diabetes, Obesity and Metabolism indique qu’un an après l’arrêt des injections, les patients avaient recouvré environ les deux tiers des kilos perdus. Pour compléter ces options, de nouvelles pistes thérapeutiques à l’essai, telles que l’orforglipron testé sur près de 400 patients, visent à pérenniser la perte de poids sous forme de comprimé quotidien, bien que le recul clinique demeure insuffisant.