Publié le 24 septembre 2025. L’élection présidentielle irlandaise a été chamboulée par le retrait surprise de Jim Gavin, candidat du Fianna Fáil, après la révélation d’une dette impayée. Cette situation relance la course entre une ancienne ministre et une députée indépendante aux positions tranchées.
- Jim Gavin, candidat du Fianna Fáil, s’est retiré de la course à la présidence suite à des accusations de non-remboursement d’une somme de 3 300 € (2 865 £) à un ancien locataire.
- L’élection se déroule désormais entre Heather Humphreys, du parti Fine Gael, et Catherine Connolly, députée indépendante soutenue par Sinn Féin et d’autres partis de gauche.
- Ce retrait soudain provoque une crise au sein du Fianna Fáil et remet en question le leadership de Micheál Martin.
Le paysage politique irlandais a été secoué dimanche soir par l’annonce du retrait de Jim Gavin de la course à la présidence. L’ancien entraîneur de l’équipe de football gaélique de Dublin, novice en politique, avait été choisi par le Fianna Fáil pour représenter le parti, malgré certaines réticences internes. Sa candidature a pris fin brutalement après la révélation qu’il n’avait pas réglé une dette de 3 300 € (2 865 £) envers un ancien locataire, contractée alors qu’il rencontrait des difficultés financières il y a environ 16 ans.
Gavin a reconnu son erreur et a justifié sa décision par la volonté de préserver le bien-être de sa famille.
« J’ai commis une erreur qui n’est pas conforme à mes valeurs et aux normes que je me suis fixées. Je prends des mesures pour y remédier. J’ai également réfléchi à l’impact potentiel de la campagne sur ma famille et mes amis. »
Jim Gavin, ancien candidat à la présidence
Il a annoncé son retrait immédiat, laissant le champ libre à deux autres candidats.
L’élection présidentielle irlandaise, qui prendra fin avec la fin du mandat de 14 ans de Michael D Higgins le 24 octobre, se jouera désormais entre Heather Humphreys, ancienne ministre du Cabinet représentant le parti Fine Gael, et Catherine Connolly, une députée indépendante aux convictions marquées. Connolly, soutenue par Sinn Féin et d’autres partis d’opposition de gauche, est connue pour ses positions pro-palestiniennes et ses critiques virulentes envers le néolibéralisme. Elle a notamment affirmé que le Hamas faisait « partie du tissu » du peuple palestinien et a comparé l’augmentation des dépenses militaires allemandes aux années 1930, lors du réarmement d’Adolf Hitler.
Le retrait de Gavin a également déclenché une crise au sein du Fianna Fáil et met en lumière les choix de son chef, Micheál Martin. Ce dernier avait insisté pour présenter un candidat non triplé, malgré les doutes exprimés par certains membres du parti. Martin a déclaré que Gavin avait pris la bonne décision en se retirant, estimant qu’il ne souhaitait pas « apporter de la controverse » à la présidence.
« Jim a admis qu’il avait commis une erreur concernant un problème survenu ces derniers jours. »
Micheál Martin, chef du Fianna Fáil
Bien que réputé pour ses compétences et ses succès dans le sport et les affaires – Gavin a mené l’équipe de football gaélique de Dublin à cinq victoires consécutives au championnat – sa campagne avait été marquée par des erreurs qui le laissaient en retrait dans les sondages d’opinion, avant même la révélation de la dette impayée. Des figures du Fianna Fáil qui s’étaient opposées à sa sélection estiment que cette affaire est une « erreur de calcul grave » qui aura des « conséquences ».
Selon les règles électorales irlandaises, les électeurs classent les candidats par ordre de préférence. Si aucun candidat n’obtient plus de 50 % des voix au premier tour, le candidat ayant le moins de voix est éliminé et ses voix sont redistribuées en fonction des préférences exprimées par les électeurs. Un sondage réalisé avant le retrait de Gavin donnait à Connolly 32 % des intentions de vote et à Humphreys 23 %, Gavin obtenant 15 %.
Il est probable que, si Gavin était éliminé, la majorité de ses voix se reporteraient sur Humphreys, renforçant ainsi les chances d’un candidat soutenu par la coalition gouvernementale Fianna Fáil / Fine Gael. La présidence irlandaise est un poste largement symbolique, mais les précédents présidents, tels que Mary McAleese et Mary Robinson, ont su en faire une plateforme pour aborder des enjeux mondiaux.
Humphreys, 62 ans, a également été critiquée pour son bilan en tant que ministre, notamment en ce qui concerne la crise du logement. Elle a également été pointée du doigt pour son incapacité à parler irlandais, mais a souligné que son héritage protestant pourrait être un atout pour l’Irlande.
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