L’inflation au Royaume-Uni a connu une accélération inattendue en avril, compromettant les espoirs d’une baisse rapide des taux d’intérêt par la Banque d’Angleterre. Cette hausse, tirée par les prix du logement, des services domestiques, des loisirs et de la culture, pourrait obliger la banque centrale à maintenir une politique monétaire restrictive plus longtemps que prévu.
L’indice des prix à la consommation a progressé de 1,2 % en avril, marquant la plus forte augmentation mensuelle depuis avril 2022. Sur un an, l’inflation a atteint 3,5 %, dépassant les prévisions et s’établissant à son plus haut niveau depuis janvier 2024. Elle a même accéléré à un taux annuel de 3,8 %, un pic observé pour la première fois en 13 mois.
Cette persistance de l’inflation est particulièrement préoccupante, d’autant plus qu’elle contraste avec le ralentissement observé à l’automne dernier, lorsque l’indice avait atteint un minimum de 1,7 % en septembre 2024. Ce recul avait alors justifié le début d’un cycle d’assouplissement monétaire.
Les experts soulignent que les facteurs à l’origine de cette nouvelle flambée sont moins sensibles aux interventions de la politique monétaire que les prix de l’énergie ou des matières premières. « Contrairement aux prix des produits de base et de l’énergie, nous ne devons pas nous attendre à ce que les marchés se refroidissent fortement », expliquent les analystes de FXPRO.
Cette situation pourrait avoir des conséquences positives pour la livre sterling, qui a déjà atteint ses plus hauts niveaux depuis trois ans. Cependant, la livre reste fragile, après une hausse de 11 % depuis le début de l’année. Les analystes estiment que la reprise du rallyer de la livre dépendra désormais des signaux émis par la Banque d’Angleterre quant à sa volonté de faire une pause dans sa politique de resserrement monétaire.