Édition française
En continu
---Advertisement---

Nouvelles

L’UE veut des coutumes de 50%

Bruxelles se prépare à durcir les règles pour protéger son industrie sidérurgique, menacée par une concurrence déloyale et une surcapacité mondiale. La Commission européenne envisage l'instauration de droits de douane de 50 % sur les importations d'acier, une…

L’UE veut des coutumes de 50%

Bruxelles se prépare à durcir les règles pour protéger son industrie sidérurgique, menacée par une concurrence déloyale et une surcapacité mondiale. La Commission européenne envisage l’instauration de droits de douane de 50 % sur les importations d’acier, une mesure qui pourrait pénaliser la Suisse, qui n’appartient pas à l’Espace économique européen (EEE).

L’industrie sidérurgique européenne, en détresse depuis des années, a vu ses plaintes enfin entendues par la Commission. La production mondiale d’acier dépasse largement la demande, entraînant une chute des prix et fragilisant les entreprises locales. Cette situation est aggravée par les subventions accordées par de nombreux pays à leurs producteurs nationaux.

Actuellement, l’UE applique des droits de douane de 25 % lorsque le quota d’importation de 34,5 millions de tonnes est atteint. Le nouveau dispositif envisagé est beaucoup plus restrictif. Les pays de l’EEE – la Norvège, le Liechtenstein et l’Islande – seront exemptés de ces mesures, en raison de leur étroite intégration au marché intérieur européen.

La Suisse, en revanche, ne bénéficiera pas de cette exception, malgré ses accords de libre-échange et ses accords bilatéraux avec l’UE. L’impact sur les exportations suisses d’acier, qui s’élevaient à 700 millions de francs suisses (CHF) l’année dernière, contre 1 milliard de CHF en 2021, pourrait être significatif.

« Il est crucial de savoir si la Suisse recevra des quotas spécifiques et à quel niveau ils seront fixés », explique Jean-Philippe Kohl, responsable de la politique économique à Swissmem. « Des droits de douane de 50 % sont peu pertinents, car les exportateurs suisses ont déjà du mal à s’imposer sur le marché européen avec les 25 % actuels. »

La surcapacité de production est un problème mondial. L’OCDE estime que les capacités d’acier augmenteront de 7 % au cours des trois prochaines années, notamment en Asie, où de nouvelles aciéries sont en construction. La Chine est pointée du doigt pour ses subventions massives à ses producteurs.

Selon un membre de la Commission européenne, l’objectif est de ramener le taux d’utilisation des aciéries européennes de 67 % à 80 %. L’acier est considéré comme un secteur stratégique pour de nombreux pays, essentiel à la production d’armements et à de nombreuses industries.

« L’industrie sidérurgique est l’épine dorsale de l’industrie », a déclaré Maros Sefcovic, commissaire européen au commerce. La Commission est également soumise à la pression des syndicats, qui craignent les conséquences sociales de la fermeture d’aciéries.

Parallèlement, l’UE cherche à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, ce qui nécessitera des investissements massifs dans des technologies de production plus propres, comme l’utilisation d’hydrogène vert. La rentabilité actuelle des aciéries européennes est donc essentielle pour financer cette transition.

L’UE souhaite également engager des discussions avec ses partenaires commerciaux pour établir un système de quotas d’importation d’acier, afin de rétablir un équilibre sur le marché. Ces négociations pourraient aboutir à un accord d’ici le 1er juillet 2026. Le niveau des droits de douane de 50 % a été choisi pour correspondre à celui appliqué par les États-Unis, dans l’espoir de faire pression sur la Chine pour qu’elle mette fin à ses pratiques de subvention.

« Il s’agit enfin d’un instrument de protection solide qui a des dents », a salué Bernd Lange, président du comité du commerce au Parlement européen.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.