L’armée israélienne a intercepté mercredi neuf navires participant à une nouvelle flottille tentant de briser le blocus naval de Gaza, arrêtant de nombreux militants à bord. Cette action intervient une semaine après une précédente interception impliquant près de 450 personnes, dont des personnalités politiques européennes et l’activiste climatique Greta Thunberg.
Selon le ministère israélien des Affaires étrangères, les 145 militants à bord des navires interceptés ce mercredi sont en bonne santé et ont été acheminés vers le territoire israélien pour y être interrogés avant d’être expulsés. Le gouvernement canadien a confirmé que six de ses citoyens figuraient parmi les personnes détenues, et assure offrir un soutien consulaire. « Le Canada exhorte Israël à assurer la sécurité de nos citoyens et à faciliter leur libération rapide », a déclaré la ministre des Affaires étrangères Anita Anand sur les réseaux sociaux.
Les organisateurs de la flottille ont dénoncé ces détentions comme étant « arbitraires et illégales ». Parmi les passagers se trouvaient des médecins, un député européen et plusieurs parlementaires nationaux de Turquie, du Danemark, de France et de Belgique. La flottille transportait de la nourriture et des fournitures médicales destinées aux hôpitaux de Gaza. Un grand navire de passagers et huit voiliers plus petits ont été approchés par des navires rapides israéliens, puis arraisonnés, les transmissions à bord étant interrompues par les forces israéliennes.
La Turquie a fermement condamné l’opération, la qualifiant d’« acte de piraterie » et d’une grave violation du droit international. Ankara a annoncé avoir lancé des démarches diplomatiques pour obtenir la libération de ses citoyens et se coordonne avec d’autres pays pour le sort des autres militants.
Cette nouvelle interception fait suite à celle de la semaine dernière, où six militants – originaires de Norvège, du Maroc et d’Espagne – restent détenus en Israël, selon leurs avocats. Les manifestations et condamnations se multiplient à l’échelle internationale, notamment en Italie où une grève d’une journée a eu lieu.
Israël maintient un blocus sur la bande de Gaza depuis 2007, date de la prise de pouvoir du Hamas, justifiant cette mesure par la nécessité de contenir le groupe militant. Cette politique est régulièrement critiquée comme une forme de punition collective. Les militants de la flottille affirment vouloir briser ce blocus et établir un couloir humanitaire maritime, compte tenu des difficultés d’acheminement de l’aide par voie terrestre.
Par ailleurs, des négociations indirectes entre Israël et le Hamas, en présence de représentants des États-Unis, de l’Égypte, du Qatar et de la Turquie, ont repris mercredi à Charm el-Cheikh, en Égypte, dans le but de parvenir à un cessez-le-feu.
La guerre actuelle a été déclenchée par l’attaque du Hamas contre le sud d’Israël le 7 octobre 2023, qui a fait environ 1 200 morts et 251 otages. Les bombardements israéliens suivants ont causé la mort de plus de 67 000 Palestiniens à Gaza, selon le ministère de la Santé de Gaza, qui ne distingue pas entre civils et combattants.
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