Le rugby à XIII ne cesse de se réinventer, mais cette quête perpétuelle d’innovation agace certains. Des modifications de règles aux accords commerciaux pour le moins originaux, la discipline semble incapable de se contenter de ce qui fonctionne.
L’introduction du « Captain’s Challenge » cette saison illustre parfaitement cette tendance. Visant à réduire les erreurs d’arbitrage, le système a reçu un accueil mitigé, certains estimant qu’il perturbe le rythme du jeu. Liam Farrell, joueur de Wigan, a été le premier à tenter sa chance en Super League, mais sans succès.
Les changements ne datent pas d’aujourd’hui. Dès 1996, le passage au rugby d’été et la création de la Super League ont marqué un tournant. Avec eux, l’arrivée de l’arbitre vidéo, aujourd’hui largement adopté dans d’autres sports. Deux ans plus tard, le simple fait de gagner le championnat ne suffisait plus : les play-offs et la « Grand Final » ont été instaurés pour offrir aux diffuseurs l’événement majeur qu’ils attendaient.
Les règles elles-mêmes ont souvent été modifiées pour améliorer le jeu. En 1993, la ligne de référence pour mesurer la défense au moment de la remise en jeu a été étendue à 10 mètres. Cette nouvelle règle a favorisé les passes latérales, mais, fidèle à l’esprit du rugby à XIII, elle a été introduite en cours de saison, laissant les joueurs s’adapter comme ils le pouvaient.
En dehors du terrain, le rugby à XIII a également fait preuve de créativité dans ses collaborations avec des sponsors. Un accord avec une entreprise de transport a ainsi été présenté comme une solution novatrice : au lieu de payer, l’entreprise s’engageait à afficher des joueurs de la Super League sur ses camions pour accroître la visibilité. En réalité, ces camions étaient rarement aperçus.
Un autre partenariat, conclu en 2020 pendant la pandémie de Covid-19 avec une chaîne de pizzerias, était tout aussi singulier. L’entreprise fournissait des pizzas d’après-match aux équipes en échange de publicité sur les panneaux publicitaires. Une solution astucieuse pour nourrir les joueurs en toute sécurité, même si Sam Tomkins n’était pas entièrement convaincu. Il avait tweeté après un match : « J’espère que nous pourrons négocier de meilleures garnitures pour le prochain accord pizza. On peut accepter de ne pas être payés, mais la pizza à la thon, c’est vraiment le pompon ! »