Publié le 10 octobre 2024 08h30. La santé mentale est souvent associée aux grandes catastrophes, mais les crises du quotidien, silencieuses et pourtant déstabilisantes, nécessitent également une préparation adéquate. Les professionnels de santé, en première ligne, alertent sur un manque criant de ressources et de soutien.
- La Journée mondiale de la santé mentale souligne l’importance d’une préparation renforcée face aux crises, qu’elles soient exceptionnelles ou quotidiennes.
- Les troubles mentaux représentent une cause majeure de morbidité en Norvège, avec des conséquences sur la santé publique, l’absentéisme et l’espérance de vie.
- Les infirmières, confrontées quotidiennement à la détresse psychologique, demandent à être mieux soutenues et formées pour faire face à ces défis.
Les crises de la vie prennent souvent des formes discrètes, mais peuvent être profondément destructrices. La perte d’un être cher, les difficultés rencontrées par les jeunes, l’isolement des personnes âgées… autant de situations qui mettent à rude épreuve l’équilibre psychologique. Pourtant, ces crises sont rarement mises en lumière, alors qu’elles touchent un nombre considérable de personnes et peuvent avoir des répercussions importantes sur la société.
En 2019, les troubles mentaux représentaient déjà la quatrième cause principale de morbidité en Norvège. Leur impact se traduit par une augmentation des arrêts maladie, des inégalités sociales accrues, une détérioration de la santé publique et, de manière alarmante, une diminution de l’espérance de vie – de cinq à quinze ans plus courte pour les personnes atteintes de troubles mentaux par rapport à la population générale.
La préparation à la santé mentale est souvent envisagée dans le cadre de situations d’urgence, telles que les catastrophes naturelles, les guerres ou les attentats. Mais il est essentiel d’élargir cette notion pour inclure les crises plus intimes et quotidiennes. Comme le soulignent les auteurs, il est crucial de renforcer notre capacité à répondre à ces besoins, tant au niveau individuel que collectif.
« Quand il y a des tempêtes et qu’on a l’impression que la vie tombe dans le gravier. Ensuite, nous y sommes infirmières. Nous les rencontrons tous dans les couloirs, dans les salles de garde, dans les maisons et dans des conversations qui ne parviennent jamais à être assez longues. »
Rolland et Larsen
Les infirmières se retrouvent en première ligne face à la souffrance psychologique, offrant une présence rassurante, un soutien et des mots d’écoute. Elles sont souvent les premières à percevoir les signes de détresse, mais elles manquent cruellement de ressources et de formation pour y faire face efficacement. Nombre de leurs collègues se sentent isolées, sans formation adéquate, sans interlocuteurs pour partager leurs préoccupations, et sans que leurs besoins soient pris en compte.
Il est donc impératif de renforcer les services de santé mentale et de mieux soutenir les professionnels qui y travaillent. Cela passe par :
- Une formation continue et approfondie des compétences en santé mentale.
- Du temps et de l’espace dédiés à l’écoute des patients souffrant de troubles psychologiques, dans tous les contextes de soins (hôpitaux, maisons de retraite, domicile, etc.).
- La création de lieux d’échange et de partage d’expériences pour renforcer la sécurité et le soutien entre pairs.
- Un soutien spécifique pour les infirmières elles-mêmes, car elles ne sont pas seulement des professionnelles, mais aussi des êtres humains vulnérables.
Il est également essentiel de ne pas oublier les proches des personnes en souffrance, ces soutiens invisibles qui attendent, espèrent et appellent, mais qui sont souvent laissés de côté. Ils ont besoin d’informations, de soutien et de reconnaissance. Leur inclusion dans les conseils et les décisions est primordiale, car ils constituent une ressource précieuse, à condition d’être eux-mêmes pris en charge.
La préparation en matière de santé mentale est une responsabilité collective. Elle doit être construite sur la confiance, le temps et la sécurité. Ensemble, nous pouvons mieux résister aux crises, qu’elles soient silencieuses ou fracassantes.

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