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Quand on chante Turrini, les jeux de mots sont amusants – DiePresse.com

Publié le 11 octobre 2025 15:07:00. Le Gärtnerplatztheater de Munich présente une nouvelle interprétation audacieuse des Noces de Figaro, avec une musique de Johanna Doderer et un livret de Peter Turrini qui prend une tournure sombre et inattendue,…

Quand on chante Turrini, les jeux de mots sont amusants – DiePresse.com

Publié le 11 octobre 2025 15:07:00. Le Gärtnerplatztheater de Munich présente une nouvelle interprétation audacieuse des Noces de Figaro, avec une musique de Johanna Doderer et un livret de Peter Turrini qui prend une tournure sombre et inattendue, loin de la légèreté de Mozart.

  • L’opéra de Johanna Doderer se distingue par une fin radicalement différente de celle de Mozart : Almaviva agresse Susanne, ce qui conduit Figaro à l’étrangler.
  • La mise en scène de Josef E. Köpplinger, avec des décors tournants et des costumes anachroniques, vise à moderniser l’œuvre tout en conservant une esthétique rococo décalée.
  • La compositrice Johanna Doderer, nièce de l’écrivain Heimito von Doderer, utilise un langage musical accessible, enrichi d’instruments variés comme le marimba et les castagnettes.

Figaro, ce coiffeur devenu valet de chambre, personnage emblématique créé par Beaumarchais quelques années avant la Révolution française, continue de fasciner les compositeurs et les metteurs en scène. Après Mozart, c’est au tour de Johanna Doderer de revisiter son histoire, cette fois sur les planches du Gärtnerplatztheater de Munich.

L’intrigue, bien connue du public, suit le parcours de Figaro et de sa future épouse, Susanne, dans leurs tentatives pour déjouer les manigances du Comte Almaviva. Cependant, cette nouvelle version s’écarte considérablement de l’œuvre originale. Alors que Mozart se termine sur une note de réconciliation, le livret de Peter Turrini imagine une fin tragique : Almaviva, loin de demander pardon, s’en prend violemment à Susanne, poussant Figaro à un acte désespéré.

Cette radicalité n’est pas sans rappeler une précédente adaptation de Turrini, « Le Plus Grand Jour », qui avait déjà marqué les esprits par sa tension et son humour mordant. Josef E. Köpplinger, qui avait mis en scène la pièce de Turrini au Volkstheater de Vienne en 2003, souhaitait que cette version opératique devienne la troisième collaboration entre le metteur en scène et la compositrice.

La mise en scène, signée Heiko Pfützner, se caractérise par des lits empilés sur une scène tournante qui crée un rythme effréné, bien plus rapide que dans l’opéra de Mozart. Les costumes de Birte Wallbaum, tout en restant ancrés dans le style rococo, y ajoutent une touche de provocation avec des accessoires contemporains tels que des lunettes de soleil, des perruques extravagantes et des éléments sado-maso dans la tenue du Comte.

Johanna Doderer, dont le travail est reconnu en Autriche, compose dans un style accessible, privilégiant une tonalité claire et des harmonies simples. Elle enrichit son orchestration d’instruments variés, notamment la harpe, le marimba et, en clin d’œil à l’Espagne, les castagnettes. Contrairement à son précédent opéra pour le Gärtnerplatztheater, « Le voyage de Schubert à Atzenbrugg », qui intégrait des extraits de Schubert, cette nouvelle œuvre ne cite pas directement Mozart.

La musique de Doderer s’appuie sur des motifs rythmiques et mélodiques répétés et variés, créant une atmosphère souvent dansante, mais parfois peu expressive. Un défi majeur réside dans la mise en musique du texte de Turrini, dont les jeux de mots complexes sont difficiles à rendre sur scène. Le tempo rapide et l’instrumentation dense entravent souvent la clarté de l’articulation, obligeant le chef d’orchestre Eduardo Brown à prescrire des microports aux chanteurs pour assurer leur audibilité.

Daniel Gutmann, dans le rôle de Figaro, confirme son statut de favori du public, tandis qu’Anna-Katharina Tonauer met en valeur sa voix de mezzo-soprano. Daniel Schliewa, en tant que Comte, apporte une présence vocale puissante et affirmée. L’ensemble des interprètes, influencé par la forte tradition autrichienne de la maison, offre une prestation solide et convaincante.

La scène la plus réussie de l’opéra revient à Chérubin, interprété par Paul Clementi, qui incarne un personnage moins ambigu que celui de Mozart, mais tout aussi érotomane. Doderer lui a composé un air parlé, où la langue s’exprime librement sur un fond d’interjections orchestrales accentuées, libérant ainsi l’énergie révolutionnaire et érotique du matériau dramatique.

Le succès de cette nouvelle production pourrait contribuer à attirer un public plus large au Gärtnerplatztheater, en particulier parmi les jeunes générations, souvent plus sensibles aux œuvres contemporaines et aux mises en scène audacieuses. Les efforts de Josef E. Köpplinger pour enrichir le répertoire du théâtre musical avec des pièces légères et accessibles semblent donc porter leurs fruits. Opéra d’État bavarois

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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.