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Tom Hollander on AI actor Tilly Norwood : ‘Perhaps I’m not scared enough’ | Ents & Arts News

L’essor fulgurant de l’intelligence artificielle suscite des inquiétudes dans le monde du spectacle, mais certains acteurs ne craignent pas d’être remplacés par des interprètes synthétiques. Pour Tom Hollander, cette nouvelle technologie pourrait même revaloriser la performance humaine en…

Tom Hollander on AI actor Tilly Norwood : ‘Perhaps I’m not scared enough’ | Ents & Arts News

L’essor fulgurant de l’intelligence artificielle suscite des inquiétudes dans le monde du spectacle, mais certains acteurs ne craignent pas d’être remplacés par des interprètes synthétiques. Pour Tom Hollander, cette nouvelle technologie pourrait même revaloriser la performance humaine en direct.

L’acteur britannique, actuellement à l’affiche de la série The Iris Affair où il incarne l’entrepreneur Cameron Beck, a réagi aux premières apparitions d’actrices virtuelles comme Tilly Norwood, présentée comme la première star hollywoodienne créée par IA. Norwood, une jeune femme brune d’une vingtaine d’années, est le fruit du travail de l’actrice et humoriste néerlandaise Eline Van der Velden et de son studio de production Particle6, qui prévoit de lancer prochainement Xicoia, un studio dédié aux talents artificiels.

Hollander se montre sceptique quant à l’engouement suscité par Norwood. Il juge « beaucoup de bêtises » les rumeurs la concernant et ses potentielles négociations avec des agences. Il s’interroge également sur les aspects pratiques d’une collaboration avec un acteur virtuel : « Est-ce qu’il s’agirait d’un écran bleu ? »

Plusieurs personnalités du cinéma, dont Emily Blunt, Natasha Lyonne et Whoopi Goldberg, ont déjà exprimé leur désaccord face à la création de Norwood, tout comme le syndicat américain des acteurs SAG-AFTRA.

Hollander compare l’expérience de regarder un acteur créé par IA à celle d’un tour de magie : « On sait avec son cerveau qu’on regarde quelque chose de faux… Si on n’a pas besoin qu’on nous le dise, ce serait difficile. Mais s’il nous est précisé qu’il s’agit d’une IA, on regardera avec une autre partie de notre cerveau. » Il a d’ailleurs estimé que le court métrage réalisé avec Norwood, intitulé AI Commissioner, n’était « pas particulièrement intéressant ».

Sa partenaire dans The Iris Affair, Niamh Algar, qui y interprète la géniale codeuse Iris Nixon, ne se sent pas menacée par cette nouvelle venue. Avec humour, elle la décrit comme « un cauchemar à travailler, toujours en retard, et qui passe des heures dans sa loge ». Elle ajoute cependant : « Je ne veux pas travailler avec une IA. Non. Je ne pense pas qu’on puisse reproduire l’essence d’un acteur. Elle est un personnage, pas un acteur. »

Algar souligne que le principal défaut de la performance d’une IA – basée sur l’analyse de multiples performances réelles – réside dans son manque d’imprévisibilité. « Nous sommes attirés par l’inattendu », explique-t-elle. « L’IA est trop parfaite, nous aimons les imperfections. »

Hollander partage cet avis : « Il y aura une lutte pour l’authenticité. Les gens diront : ‘Je refuse le maquillage. Donnez-moi moins de maquillage, car l’IA ne peut pas reproduire les imperfections de mon visage.’ » Il voit même un avantage dans cette révolution technologique : « Cela signifie que la performance en direct sera plus excitante que jamais… Le spectacle vivant est un antidote, et c’est particulièrement vrai en musique. Les artistes doivent partir en tournée pour gagner leur vie, mais il n’y a tout simplement rien de comparable. » Algar renchérit : « Le théâtre va exploser. Ce sera incroyable. »

Concernant l’utilisation de l’IA à titre personnel, Hollander admet l’avoir employée « pour résoudre quelques problèmes », tandis qu’Algar préfère l’éviter, craignant que « certaines parties de son cerveau ne s’atrophient ». L’impact de la technologie sur le cerveau humain est une source d’inspiration – et de tourment – pour Neil Cross, le scénariste de The Iris Affair, également créateur de la série policière psychologique Luther.

« Nous sommes à un point de bascule dans l’histoire », affirme Cross. « Je m’intéresse à l’impact de la révolution technologique sur les individus. Je me pose des questions à 3 heures du matin sur le sort de l’homme qui a inventé le bouton ‘j’aime’. Il a créé une invention simple, destinée à augmenter le bonheur humain. Comment une si petite chose a-t-elle pu tourner au désastre ? Elle a causé tant de misère et d’anxiété. Si un simple bouton ‘j’aime’ peut avoir des conséquences aussi graves et imprévisibles, que va-t-il se passer avec cette révolution ? » Cross avoue vivre dans « un état de terreur perpétuel ».

« Je serai toujours terrifié par quelque chose », poursuit-il. « Le monde sera très différent dans 50 ou 60 ans… Probablement dans 15 ans. »

Avec les thèmes centraux de The Iris Affair qui passent de la science-fiction à la réalité, l’exploration par Cross de notre peur instinctive de l’inconnu, combinée à notre désir de connaissance, même si elle peut nous détruire, est particulièrement pertinente. Il conclut : « Nous sommes en train de créer Dieu. Et je pense que c’est le danger ultime de l’IA. Dieu n’existe pas… pas encore. »

The Iris Affair est disponible à partir du jeudi 16 octobre sur Sky Atlantic et la plateforme de streaming NOW.

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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.