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Analyse : Trump est parvenu à un cessez-le-feu révolutionnaire à Gaza, mais un chemin difficile reste à parcourir

Un accord historique a été conclu entre Israël et le Hamas, ouvrant la voie au retour de tous les otages israéliens encore détenus à Gaza en échange de la libération de prisonniers palestiniens et au début d'un retrait…

Analyse : Trump est parvenu à un cessez-le-feu révolutionnaire à Gaza, mais un chemin difficile reste à parcourir

Un accord historique a été conclu entre Israël et le Hamas, ouvrant la voie au retour de tous les otages israéliens encore détenus à Gaza en échange de la libération de prisonniers palestiniens et au début d’un retrait partiel des forces israéliennes du territoire. Cette première phase de l’accord prévoit également une augmentation significative de l’aide humanitaire pour la population gazaouie, confrontée à une crise humanitaire majeure.

Selon les termes de l’accord, une vingtaine d’otages israéliens présumés vivants devraient être rapatriés dès le week-end prochain, suivis par les corps des 28 otages décédés restants en début de semaine suivante. En contrepartie, Israël s’engage à libérer près de 2 000 prisonniers palestiniens détenus dans ses prisons, ainsi que les dépouilles d’environ 400 membres du Hamas et autres combattants récupérées sur le champ de bataille. Ces échanges sont conditionnés au retrait des troupes israéliennes vers des lignes convenues à l’intérieur de Gaza.

La question de savoir si cet accord marquera la fin du conflit reste ouverte. Si les deux parties expriment l’espoir d’en finir avec les hostilités, la mise en œuvre complète du plan en 20 points, présenté par le président américain Donald Trump, représente un défi majeur. Ce plan exige notamment le désarmement du Hamas, la création d’une force de sécurité internationale à Gaza et l’établissement de nouvelles structures de gouvernance palestiniennes excluant le Hamas, ainsi que la perspective d’un État palestinien.

À ce stade, la mise en place de la force de sécurité internationale souhaitée par le président Trump demeure incertaine. Bien que des pays comme l’Égypte, la Jordanie, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Indonésie aient été évoqués comme contributeurs potentiels, aucun ne s’est officiellement engagé à déployer des troupes à Gaza. Des questions cruciales concernant le commandement, le contrôle et la coordination avec les Forces de défense israéliennes restent également à résoudre.

L’accord prévoit une augmentation substantielle de l’aide humanitaire à Gaza, avec un flux initial de 400 camions par jour après le cessez-le-feu, un nombre qui devrait ensuite augmenter. La distribution de cette aide sera supervisée par les agences des Nations Unies déjà présentes sur le terrain. Par ailleurs, des centaines de milliers de Palestiniens déplacés pourraient être autorisés à regagner leurs foyers, bien que l’ampleur des destructions à Gaza signifie que beaucoup d’entre eux se retrouveront sans logement.

Plusieurs facteurs semblent avoir contribué à la conclusion de cet accord. L’échec de la tentative israélienne d’éliminer des dirigeants du Hamas à Doha, au Qatar, le 9 septembre, et les critiques internationales qui ont suivi, notamment de la part de partenaires arabes d’Israël, auraient mis le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sur la défensive. Le président Trump aurait également obtenu des garanties de sécurité pour le Qatar en échange de pressions sur le Hamas pour qu’il libère les otages. Il semblerait également qu’il ait exercé des pressions sur Al Jazeera, la chaîne de télévision financée par le Qatar, pour modifier sa couverture de la situation à Gaza et qu’il ait exigé le départ des dirigeants du Hamas de Doha.

Le président américain s’est ainsi aligné sur l’opinion de 65 % des Israéliens qui privilégient le retour des otages à la défaite du Hamas, exerçant une pression supplémentaire sur Netanyahu. La Maison Blanche aurait également obtenu le soutien de plusieurs États arabes et musulmans pour encourager le Hamas à accepter l’accord.

Cependant, l’espoir d’un processus de paix durable entre Israéliens et Palestiniens semble fragile. L’attaque du 7 octobre a renforcé le sentiment chez de nombreux Israéliens que les Palestiniens ne souhaitent pas vivre en paix à leurs côtés, réduisant l’appétit pour une solution à deux États. De plus, le leadership politique palestinien est affaibli : l’Autorité palestinienne est perçue comme corrompue et illégitime, tandis que le Hamas a été considérablement affaibli par les combats. Il faudra du temps aux Palestiniens pour se reconstruire politiquement et surmonter les conséquences de la guerre.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.