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Un pack de démarrage pour les films étrangers – The Atlantic

by Antoine Girard

Publié le 12 octobre 2025 15h35. Cinq films étrangers, soigneusement sélectionnés par les rédacteurs de The Atlantic, offrent une porte d’entrée captivante vers des histoires universelles, prouvant que le cinéma transcende les barrières linguistiques.

  • Argentine, 1985, un drame judiciaire poignant basé sur les procès des dirigeants de la junte militaire argentine.
  • Les Parapluies de Cherbourg, une comédie musicale française emblématique, symbole de la Nouvelle Vague.
  • Brûlé par le soleil, un film russe qui explore les thèmes de l’amour et de la trahison à l’ombre des purges staliniennes.
  • Ombre, un chef-d’œuvre du wuxia chinois, visuellement époustouflant et riche en symbolisme.
  • Le Goût des choses, une ode à la gastronomie et à l’amour, qui offre une alternative rafraîchissante aux émissions culinaires modernes.

Pour ceux qui hésitent à s’aventurer au-delà des productions américaines, The Atlantic propose une sélection de films étrangers qui promettent de captiver et d’enrichir l’expérience cinématographique. Ces choix, issus des recommandations des scénaristes et moniteurs de la publication, démontrent que les frontières linguistiques ne sont pas un obstacle à l’appréciation d’une bonne histoire.

Argentine, 1985 (diffusion sur Prime Video) est un drame judiciaire basé sur l’histoire vraie des procès des dirigeants de la junte militaire qui ont gouverné l’Argentine pendant plus de sept ans. Sous leur régime, des milliers d’opposants politiques (et de présumés tels) ont disparu. De nombreuses femmes enceintes, enlevées et détenues dans des centres secrets, ont été assassinées après avoir donné naissance, leurs enfants étant ensuite adoptés par des couples liés à l’armée. Le film se déroule près de deux ans après la fin de la dictature, en 1983, et suit Julio César Strassera, un avocat de Buenos Aires, chargé de poursuivre en justice les responsables de ces crimes afin de permettre à la nation argentine de faire face à son passé et de panser ses blessures. Une tâche à la fois honorante et intimidante, que Strassera hésite à accepter.

Heureusement pour l’histoire et pour le suspense du film, il finit par donner son accord. Mais prouver les atrocités commises par le régime militaire devant les tribunaux s’avère être un défi de taille. Strassera assemble une équipe jeune et hétéroclite qui parcourt le pays à la recherche de preuves et de témoignages. Il s’agit du premier grand procès pour crimes de guerre depuis Nuremberg. Au-delà de son importance historique, le film se distingue par sa narration exceptionnelle et la profondeur de ses personnages.

— Gisela Salim-Peyer, rédactrice adjointe

Les Parapluies de Cherbourg (diffusion sur HBO Max), comme l’a souligné le cinéaste sud-coréen Bong Joon Ho lors de la cérémonie des Oscars en 2020, est une invitation à dépasser les barrières linguistiques.

« Une fois que vous aurez surmonté la barrière d’un pouce des sous-titres, vous découvrirez de nombreux autres films étonnants. »

Bong Joon Ho, cinéaste

Ce film, le premier en langue étrangère à remporter l’Oscar du meilleur film, constitue un excellent point de départ pour les amateurs de cinéma désireux d’explorer des œuvres au-delà du monde anglophone. Si ce choix vous semble trop ambitieux, vous pouvez remonter dans le temps et découvrir le film de Jacques Démy, une comédie musicale française de 1964 qui suit le destin tragique de deux jeunes amoureux dans une ville balnéaire. La beauté visuelle du film contraste avec la mélancolie de son récit. Les amateurs pourront ensuite explorer d’autres œuvres françaises de cette époque, telles que Les 400 coups de François Truffaut ou Hiroshima mon amour d’Alain Resnais.

— David Sims, rédacteur

Brûlé par le soleil (disponible à la location sur Prime Video et YouTube) est une œuvre qui résonne particulièrement pour ceux qui s’intéressent à l’histoire de l’Union soviétique et de la Russie. En 1994, le réalisateur russe Nikita Mikhalkov a présenté Brûlé par le soleil, une étude subtile et obsédante sur l’amour et la trahison, se déroulant lors d’une journée d’été en 1936, alors que les purges staliniennes se rapprochaient. Le film suit un général soviétique, Kotov, dont la vie bascule avec l’arrivée d’un homme de son passé. La beauté de l’été est éclipsée par la peur, qui laisse rapidement place au désespoir.

Mikhalkov a capturé à la fois l’atmosphère des années 1930 et la nouvelle liberté de la Russie des années 1990 dans un seul film. Ironiquement, il semble n’avoir tiré aucune leçon de son propre travail, devenant par la suite un nationaliste russe, un fervent partisan du président Vladimir Poutine et un défenseur de l’invasion de l’Ukraine. En regardant Brûlé par le soleil, il est essentiel de séparer l’artiste de son œuvre, même si l’on peut regretter l’évolution idéologique de Mikhalkov.

— Tom Nichols, rédacteur

Ombre (影) (diffusion sur Hulu, Tubi et Prime Video) est un chef-d’œuvre du wuxia, réalisé par Zhang Yimou. Ce film, qui se déroule pendant la période des Trois Royaumes en Chine, prend le temps d’établir ses personnages et ses enjeux. Les non-sinophones ne doivent pas s’inquiéter : le film est conçu pour être vécu comme un poème symphonique, et ses thèmes centraux – le caractère changeant de l’identité, le dialogue entre le yin et le yang – transparaissent dans sa grammaire visuelle. Zhang s’est inspiré de la peinture traditionnelle chinoise à l’encre, et le film joue avec les nuances de noir, de blanc et de gris, avec l’eau et, bien sûr, avec l’ombre. Il s’agit d’un contraste frappant avec les coupes rapides, le rythme effréné et la caméra tremblante des superproductions hollywoodiennes : Ombre se déploie avec l’élégance et la délibération d’un trait de calligraphie.

— Rina Li, rédactrice en chef

Le Goût des choses (en streaming sur Hulu et Disney+) offre une alternative bienvenue aux émissions culinaires modernes, souvent stressantes et anxiogènes. (Pensez à la frénésie de The Bear ou aux hurlements de Gordon Ramsay dans Hell’s Kitchen). Ce film français, réalisé par Tran Anh Hung, se déroule dans la campagne française en 1889 et se concentre sur une cuisinière, Eugénie, et son patron, Dodin, qui partagent une passion commune pour la nourriture. Les scènes de cuisine, lentes et contemplatives, sont baignées d’une lumière dorée. Des années après avoir vu ce film, je me souviens encore d’un plan d’une poire sur une assiette, qui est suivi d’une image parallèle du dos nu et moite d’Eugénie sur un lit. À travers l’objectif de Hung, la chair et la nourriture sont présentées comme la générosité décadente et éphémère de la Terre. En sortant du cinéma, je me souviens d’être entré dans mon épicerie locale, hébété, soudainement conscient de l’apparence miraculeuse de chaque radis et de chaque poire.

— Valérie Trapp, rédactrice adjointe

Voici trois lectures du dimanche de The Atlantic:

La semaine à venir

  1. Les monstres que nous créons, un nouveau livre de la journaliste Rachel Corbett sur l’essor et l’histoire du profilage criminel (sortie le 24 mars 2025).
  2. Chance, une comédie réalisée par Aziz Ansari sur un ange qui échange la vie d’un ouvrier du bâtiment et d’un investisseur en capital-risque (sortie le 28 mars 2025 en salles).
  3. Saison 3 de Le diplomate : Une ambassadrice britannique de haut niveau continue d’équilibrer sa carrière et son mariage avec une star politique controversée (sortie le 16 octobre 2025 sur Netflix).

Essai

Une photographie couleur de Benny Safdie assis devant un fond rouge
Sela Shiloni pour The Atlantic

Le réalisateur tombé amoureux des perdants

Par David Sims

L’épicerie de l’Upper West Side où je rencontre Benny Safdie est fréquentée par un type particulier de New-Yorkais grincheux. Ce sont le genre de personnages qui ont souvent peuplé les films du cinéaste : des individus névrosés, plus préoccupés par la recherche d’un moyen d’atteindre leurs propres objectifs que par le bien-être de ceux qui les entourent. Avec son frère Josh, Benny a bâti sa carrière sur sa fascination pour ces personnages parfois hargneux, souvent des hommes en déclin. Pour son premier effort de réalisation solo, La machine fracassante, Safdie se concentre sur un personnage quelque peu inattendu : un champion sportif, mais qui apprend ce que signifie l’échec. « Je veux savoir ce que ça fait de vivre ça », m’a-t-il dit, autour d’une assiette d’œufs, en discutant du film. C’est un portrait inconfortable de celui que devient le gagnant lorsqu’il commence à perdre.

Lire l’article complet.

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