Home SantéÉtude : La mortalité diminue à l’échelle mondiale, mais augmente chez les jeunes

Étude : La mortalité diminue à l’échelle mondiale, mais augmente chez les jeunes

by Sophie Martin

L’espérance de vie mondiale continue de progresser, mais une étude alarmante révèle une augmentation de la mortalité chez les jeunes, notamment en Amérique du Nord et en Afrique subsaharienne. Ces tendances contrastées, présentées lors d’un sommet mondial à Berlin, soulignent l’urgence d’adapter les stratégies de santé publique.

L’étude, publiée par le Lancet et basée sur des données de 204 pays, indique que l’espérance de vie a retrouvé son niveau pré-pandémique, atteignant un peu plus de 76 ans pour les femmes et plus de 71 ans pour les hommes. Ce résultat positif est le fruit d’une baisse globale de la mortalité, analysée par 16 000 experts à partir de plus de 310 000 sources de données, dont 30 % étaient inédites. L’étude couvre la période allant de 1990 à 2023 et est réalisée chaque année par l’Institute for Health Metrics and Evaluation de l’Université de Washington à Seattle.

La diminution de la mortalité infantile est particulièrement notable, avec une baisse d’environ 68 % en Asie de l’Est entre 2011 et 2023. Les chercheurs attribuent cette amélioration aux progrès en matière de vaccination, de nutrition et de qualité des soins de santé.

Cependant, l’étude met en lumière des disparités régionales préoccupantes. En Afrique subsaharienne, la mortalité reste plus élevée qu’auparavant, en particulier chez les enfants de 5 à 14 ans, en raison d’infections respiratoires, de la tuberculose et des blessures. La mortalité maternelle, liée aux complications de la grossesse et de l’accouchement, ainsi que les accidents de la route et la méningite, contribuent également à une espérance de vie significativement inférieure à la moyenne mondiale : 37 ans pour les femmes et près de 35 ans pour les hommes.

Une augmentation inquiétante des décès est également observée chez les adolescents et les jeunes adultes. En Amérique du Nord, entre 2011 et 2023, les causes principales sont le suicide, les surdoses de drogues et la consommation excessive d’alcool. En Europe de l’Est et dans les Caraïbes, le nombre de décès dans la tranche d’âge des 5 à 19 ans a également augmenté au cours de la même période.

L’étude souligne un changement dans les causes de décès, qui évoluent des maladies infectieuses vers les maladies non transmissibles, telles que les maladies cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux et le diabète. Ces affections représentent désormais près des deux tiers des décès dans le monde. Les auteurs de l’étude appellent les gouvernements à agir rapidement face à ces « tendances inquiétantes ».

Un mode de vie malsain, caractérisé par la consommation de tabac et d’alcool, le manque d’exercice physique et une alimentation déséquilibrée, est identifié comme l’une des principales causes des maladies non transmissibles. Les chercheurs estiment que la moitié des décès pourraient être évités en contrôlant le taux de sucre dans le sang et l’indice de masse corporelle.

L’étude identifie 88 facteurs de risque modifiables contribuant à la morbidité et à la mortalité, notamment l’hypertension artérielle, le faible poids à la naissance, l’hypercholestérolémie et le dysfonctionnement rénal.

Enfin, l’étude met en évidence l’impact de la pollution atmosphérique et des températures élevées sur la perte d’années de vie. Les particules fines, en particulier, constituent un risque majeur pour la santé en Asie du Sud, au Moyen-Orient, en Afrique subsaharienne et en Afrique du Nord. Le réchauffement climatique, avec l’augmentation des températures, aggrave également le fardeau des maladies et réduit l’espérance de vie.

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