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Cancer transmissible inédit découvert chez des poissons au Québec et aux États-Unis

by Sophie Martin
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Un cancer transmissible, le premier jamais observé chez un poisson d’eau douce, a été identifié dans les lacs du Québec et des États-Unis. Découvert dans le lac Memphrémagog en 2012, il affecte jusqu’à une proportion importante des barbottes brunes, selon une étude publiée dans la revue Nature.

Le cancer, détecté pour la première fois en 2012 dans le lac Memphrémagog, qui borde le Vermont et le Québec, est un mélanome qui se propage entre les barbottes brunes (Ameiurus nebulosus) comme un parasite. Selon une étude publiée dans la revue Nature, cette maladie représente le quatrième cas connu de cancer transmissible dans le règne animal, et le premier observé chez un poisson d’eau douce.

Une découverte inédite

Les premiers signes de cette pathologie ont été signalés en 2012 par des pêcheurs et des biologistes, qui ont observé des taches noires et luisantes sur la peau des barbottes brunes. « Cela ressemble à du goudron sur la peau, ce n’est pas très joli », a déclaré Peter Emerson, biologiste du Vermont Fish and Wildlife Department. À l’époque, ces lésions étaient rares, mais elles ont rapidement envahi le lac, touchant jusqu’à une proportion importante des poissons d’ici 2015.

Première mondiale : un cancer transmissible découvert dans un lac du Québec
Photo: meteomedia.com

Les chercheurs ont initialement soupçonné une contamination environnementale ou un virus, mais les analyses génétiques ont révélé une réalité inédite. « Ces tumeurs ne ressemblent pas aux cancers ordinaires », a expliqué Julie Dragon, scientifique à l’Université du Vermont. « Les cellules cancéreuses de poissons différents sont plus proches génétiquement que les poissons qui les portent. » Cette observation suggère que le cancer se transmet directement d’un poisson à l’autre, comme un agent infectieux.

Le rôle des cellules cancéreuses

Les chercheurs ont découvert que les cellules cancéreuses, qui se manifestent par des lésions noires sur la peau ou les barbillons, ne proviennent pas du poisson hôte, mais d’une lignée clonale. « Ces cellules peuvent quitter l’hôte, survivre dans l’environnement aquatique, puis infecter un nouveau poisson », a précisé Dragon. Cette capacité à se propager sans dépendre d’un hôte vivant explique pourquoi le cancer reste présent même dans des lacs éloignés des sources de pollution.

Photo: Forbes

Une hypothèse avancée par les scientifiques est que les cellules cancéreuses pourraient être transportées par l’eau, en particulier lors des contacts physiques entre poissons. « Les poissons s’effleurent souvent, ce qui pourrait permettre aux cellules de s’infiltrer », a suggéré Emerson. Cependant, cette théorie reste à confirmer, et les chercheurs continuent d’étudier les mécanismes de transmission.

Aucun risque pour les humains

Malgré l’originalité de cette découverte, les chercheurs soulignent qu’aucun risque n’est associé à la consommation de ces poissons. « Les cellules cancéreuses ne peuvent pas infecter une autre espèce », a affirmé un communiqué de l’Université du Vermont. « Le lac Memphrémagog fournit de l’eau potable à plus de 175 000 personnes, et rien ne suggère que ce cancer représente une menace pour la santé humaine. »

Rare, transmissible cancer found in catfish in Quebec, U.S. lakes

Une avancée pour la recherche

Cette découverte offre une nouvelle perspective sur la biologie des cancers. « En étudiant comment ces cellules survivent et se propagent en dehors de leur hôte, nous pouvons mieux comprendre les mécanismes qui les maintiennent confinés ou qui permettent leur expansion », a expliqué Julie Dragon.

Les cas précédents de cancers transmissibles incluent les tumeurs faciales des dingos de Tasmanie, la maladie vénérienne des chiens et les cancers des mollusques. « Ce nouveau cas révèle que ces phénomènes, bien que rares, sont plus répandus que l’on ne le pensait », a conclu Dragon. Les chercheurs continuent d’observer le lac Memphrémagog et d’autres bassins, afin de comprendre l’étendue de cette maladie.

Les résultats de l’étude, publiés dans Nature, ont été validés par des analyses génomiques approfondies. « L’origine de ce cancer reste mystérieuse, mais son mode de transmission est une avancée majeure », a résumé Peter Emerson. Cette découverte, fruit de plusieurs années de recherche, ouvre des pistes inédites pour l’étude des cancers et leur propagation.

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