Home AffairesLe dollar Bessent est mis à l’épreuve cette semaine | Comment les marchés s’ouvriront après l’achat extraordinaire de pesos

Le dollar Bessent est mis à l’épreuve cette semaine | Comment les marchés s’ouvriront après l’achat extraordinaire de pesos

by Amélie Bernard

Publié le 13 octobre 2025 à 01h08. Le gouvernement argentin, porté par un soutien américain exceptionnel, a connu une accalmie financière fragile la semaine dernière, mais l’avenir reste incertain face à des défis économiques persistants et à une influence géopolitique croissante.

  • Le soutien de Donald Trump a entraîné une baisse du risque pays à 900 points et une hausse des obligations et actions argentines.
  • L’administration américaine semble vouloir stabiliser l’Argentine à court terme pour contrer l’influence chinoise dans la région.
  • La situation de l’économie réelle argentine reste préoccupante, avec des retards de salaires et des menaces de licenciements.

L’intervention américaine, saluée par Washington comme une nécessité stratégique, a permis un répit temporaire sur les marchés financiers argentins. Le risque pays, indicateur clé de la perception du risque lié à la dette argentine, a chuté à 900 points jeudi dernier, tandis que les obligations et les actions ont progressé. Cette stabilisation, bien que bienvenue, est perçue par de nombreux observateurs comme artificielle et dépendante du maintien d’un soutien continu de la part des États-Unis.

La décision du président américain concernant l’Argentine est désormais au cœur des préoccupations. Les attentes sont fortes, et la capacité de l’administration Biden à maintenir la confiance des investisseurs face aux pressions déflationnistes sera déterminante. Le gouvernement de Javier Milei, issu du parti Libertad Avanza, a délégué une part importante de sa politique financière aux États-Unis, ce qui soulève des questions sur sa souveraineté économique.

Dès ce lundi, les marchés boursiers et le taux de change devraient refléter l’impact de cette intervention. Cependant, l’évaluation réelle de cette stratégie ne pourra être faite qu’après les élections du 26 octobre. Certains analystes craignent que cette politique ne soit qu’un report de problèmes, masquant une réalité économique fragile et propice à la spéculation.

L’Argentine se retrouve ainsi au centre d’une rivalité géopolitique entre les États-Unis et la Chine, certains analystes parlant même d’une « seconde guerre froide ». L’administration américaine, consciente de l’importance stratégique de la région, semble déterminée à empêcher un nouvel État en faillite ou aligné sur la Chine en Amérique latine.

Le Trésor américain a tardé à mettre en œuvre ce « sauvetage » en raison de l’absence de mécanismes juridiques appropriés. Pendant ce temps, il a tenté d’apaiser les tensions sur le marché des changes argentin, tout en constatant la poursuite de la dévaluation du peso par la Banque centrale, qui épuise ses réserves de change.

Des sources proches du ministre des Finances, Luis Caputo, évoquent l’influence de grands financiers, bien informés et capables d’anticiper les interventions de l’État. En cas de besoin, un « mécanisme de secours » serait activé pour protéger leurs intérêts.

Cette intervention américaine vise donc un double objectif : protéger les spéculateurs et, surtout, établir une présence durable en Argentine, afin de limiter l’influence chinoise dans la région. Elle s’accompagne également d’une volonté de promouvoir les investissements dans les secteurs des ressources naturelles, peu gourmands en main-d’œuvre mais très rentables.

Pour les entreprises argentines, la situation reste incertaine. Elles doivent jongler avec les fluctuations du taux de change pour maintenir leur rentabilité, tout en craignant une baisse de la consommation. Les retards de salaires et les menaces de licenciements témoignent de la dégradation de la situation dans le secteur productif.

Ce jeu complexe entre dette, dévaluation et chômage n’est pas nouveau en Argentine, et ses conséquences sont bien connues. L’ajout d’un « dollar Bessent » – ou dollar de distraction – à la multitude de taux de change existants, permet à certains d’acheter du temps et de maximiser leurs profits, tout en poursuivant la stratégie de limitation de l’influence chinoise.

« Milei essaie de briser 100 ans de cycles négatifs en Argentine. Il est un grand allié des Etats-Unis et nous attendons avec impatience sa visite au Bureau ovale la semaine prochaine. Nous ne voulons pas d’un autre État en faillite ou dirigé par la Chine en Amérique latine. La stabilisation de l’Argentine est une priorité pour les Etats-Unis. »

Scott Bessent, secrétaire américain au Trésor

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